Lors d’une marche pacifique samedi dernier dans les rues de Rose-Hill, les animateurs de l’Intersyndical des secteurs libérés ont dénoncé les licenciements politiques et économiques sous le gouvernement de l’Alliance Lepep. Cette nouvelle plateforme, qui regroupe des employés de pas moins d’une trentaine de secteurs des corps parapublics, a pour principal objectif de combattre, entre autres, les licenciements, l’ingérence politique et la privatisation.
« Bizin aret lisansima politik ek ekonomik dan pei ! », s’est écrié le principal négociateur de la Federation of Progressive Unions (FPU) et membre de l’Intersyndical des secteurs libérés, Ivor Tan Yan. Le syndicaliste a dénoncé « la vague » de licenciements qui s’est abattue sur le pays depuis l’avènement du gouvernement Lepep. « Zot pa finn fer narien pou amelior sitiasyon dan bann kor parapiblik. Pir : zot finn fer tou pou fer sitiasyon-la deteriore ! » a-t-il déploré.
Le syndicaliste a rappelé la circulaire gouvernementale émise en avril/mai dernier et qui recommandait de mettre à la porte ceux qui avaient été embauchés à partir de septembre 2014. Il a cité le chiffre de 10 000 licenciements sous le gouvernement de l’Alliance Lepep.
Durant le week-end, le ministère des Finances a vite fait de démentir le chiffre avancé par Ivor Tan Yan. « Selon les derniers chiffres officiels de Statistics Mauritius sur l’emploi (le Labour Force, Employment and Unemployment (based on the results of the Continuous Multi-Purpose Household Survey – 2nd Quarter 2015) publiés le 28 septembre 2015, il y a eu 14 700 emplois créés entre le second trimestre de 2014 et le second trimestre de 2015. Il y a eu durant cette période 1 500 pertes d’emploi », a précisé un communiqué du service de communication du ministère des Finances.
« Mais le gouvernement prend le soin de ne pas mentionner les licenciements qui découlent de ces licenciements officiels, comme ceux qui ont été obligés de se passer du service de leur jardinier, par exemple », a rétorqué le syndicaliste dans une récente déclaration au Mauricien.
Par ailleurs, Ivor Tan Yan a également dénoncé l’augmentation des cas de harcèlement moral et de violence dont sont victimes de plus en plus de travailleurs sur leur lieu de travail. « Lor-la, zot pa respekte lakor kolektif me zot fer travayer vinn responsab de zot inkonpetans ! » s’est-il indigné.?Dans ce contexte, le syndicaliste a fustigé « le silence assourdissant » de nos députés et ministres. « Nou bizin rapel bann depite gouvernma ek depite lopozisyon ainsi ki bann minis ki travayer dan pei finn elir zot pou ki zot protez lemploi travayer ek kalite lavi bann Morisien », a-t-il lancé.
Maheswar Ram, de l’Intersyndical d’Air Mauritius, a pour sa part dénoncé l’ingérence politique, les abus et autres gaspillages dans les corps para-publics. « Il s’agit de réunir, en une seule et unique plateforme, les employés des départements et agences du gouvernement ainsi que ceux des différents corps para-étatiques. Cela parce que nous avons à faire face aux mêmes types de menaces », a-t-il expliqué. L’Intersyndical d’Air Mauritius et la Casino Employees Union ont été les premiers à adhérer à cette nouvelle plateforme, une initiative de l’activiste social Jack Bizlall et de la syndicaliste Rehana Ameer. « Nous plaidons pour l’unité syndicale parce que nous avons à mener la même lutte », a martelé Ivor Tan Yan.
Reeaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), a pour sa part plaidé pour une mobilisation accrue des travailleurs du pays. « Bann patron finn donn nou enn leson kan zot finn fer zot linite sous Business Mauritius. Malerezma, travay kontigne res divize, zot pa ankor pran konsians ki li neseser ki zot regroup zot pou defann zot drwa ! Patron pa pou defann ou drwa », a-t-il avancé.
La manifestation, qui a débuté à côté du bureau de poste de Rose-Hill, s’est ensuite mise en branle pour s’orienter vers le Plaza.