Le manque de solidarité est une entorse à la vertu

Les répercussions de la scission au sein de l’alliance par le départ du PMSD ont évidemment fait suffoquer la population, et, comme un mal ne vient jamais seul, la quasi-stupeur du monde politique s’est aggravée par la célérité d’un autre ministre qui eut recours à la même tactique revêche en invoquant une certaine liberté retrouvée par le biais d’une démission de l’alliance gouvernementale. Le prétexte invoqué pour ces surprenantes ruptures découle, paraît-il, de leurs prétendus désirs ardents d’œuvrer en politique d’une manière différente.  
Avec un tout petit bout d’imagination, le commun des mortels pourrait tout bêtement se demander si leur affectation ministérielle ne fut-elle donc pas une superbe occasion pour travailler mieux à l’avancement du pays, et aussi pourquoi ne refusèrent-ils pas certains avantages pendant de si longs mois tout en suivant avec un semblant de dévouement et de fidélité la ligne politique de l’alliance gouvernementale pour après rechigner hargneusement.
Pourtant, leur adhésion à cette alliance fut volontairement, librement et fièrement consentie publiquement par eux, et pour laquelle ils furent officiellement mandatés par l’électorat. Aussi, leurs déclarations pour soutenir leur rupture inattendue seraient-elles suggestives de raisons secrètes ou d’une énigme à caractère envieux et ombrageux pour embarrasser le nouveau Premier ministre et son gouvernement dans la gestion des affaires du pays ? S’appropriant d’un nouvel oripeau politique ils semblent maintenant fignoler scrupuleusement un nouveau parti en s’entourant d’un bon nombre de lionceaux dévoués, pour être lâchés apparemment dans toutes les périphéries du pays et, se soumettant aux nouvelles directives des dissidents pour propager leur récente doctrine et neutraliser la popularité de la vieille garde à la culture politique qu’ils prétendent archaïque. Tout en leur souhaitant bonne chance, attendons voir si leur nouvelle conception des affaires démocratiques du pays en s’appuyant sur ces jeunes lions aux dents de lait avec pour consigne tout un blabla de méfiance contre leurs aînés, fera progresser le pays.
On laisse entendre que, d’ici peu, ils viendraient tout bousculer par d’inquiétantes stratégies politiques. Soit. Mais la politique, d’ici et d’ailleurs, ne doit-elle pas rester une institution souveraine comme un sacerdoce et non sournoise en se servant de prétendues fausses notes d’autrui pour claquer la porte et vouloir tout recommencer séparément avec des jeunots inexpérimentés. Comme va le dicton : « C’est gros Jean qui remontre à son curé. »
D’accord que la politique doive parfois se requinquer, mais pourvu que ce ne soit pas au gré des humeurs malveillantes de certains propagandistes entachant le gouvernement de prétendus cas de népotisme, de gaspillage, de copinage en faveur de nominés politiques non méritants ou d’autres méchantes inepties qu’on fait refléter dans des miroirs glauques ?
Tout compte fait, la péroraison de toute l’affaire de ces ruptures semble mettre en exergue un fricotage pour essayer de gripper les décisions gouvernementales et jeter une froideur d’insolence sur le succès du rythme administratif du pays. Rendons hommage à la vérité, car toute obstruction à la sérénité de la vie sociale est révélatrice d’un manque de solidarité de quoi dépend la réussite sous-jacente du progrès. Dans des situations escarpées de doutes et de dissensions, une solidarité infaillible invite le dialogue et interactions constructifs au lieu d’une agitation rocambolesque de controverses et de ruptures lourdes de sous-entendus.