Vous avez été président de la Financial Services Commission entre mars 2012 et mai 2014. Quelle est la procédure pour l’octroi des permis de Global Business quand un demandeur soumet son application à la FSC ?
Une demande doit être faite exactement dans la forme et le contenu prévus par les règlements de la FSC. Cette demande est vérifiée et, après avoir respecté toutes les procédures, est dirigée vers l’Applications Committee. Le comité est présidé par le Chief Executive, qui siège avec tous les chefs de départements. Ce comité décide alors, en toute bonne foi, si la demande est recevable, et si oui, le permis sera agréé et émis par la FSC.

Le président de la FSC peut-il intervenir auprès de ce comité qui traite les demandes ou s’ingérer dans cette procédure ?
Non. La Chairperson ne peut aucunement intervenir car il est un président non-exécutif et ne participe pas à ces comités. D’après la loi, le board se réunit une fois par mois au minimum. C’est alors que le président, le vice-président et les membres du board prennent connaissance des licences attribuées. Il est donc impossible pour le président d’interférer dans ce fonctionnement et il est clair que ce rôle d’attribution de licences est réservé à des professionnels qui travaillent chez le régulateur.

Le groupe Quantum Global a obtenu des licences à la FSC sous votre présidence. En quoi consistent ces licences ?
Le groupe Quantum Global est un gestionnaire de fonds qui a comme client le fonds souverain de l’Angola. L’objectif, comme tout fonds souverain, est une diversification des investissements au bénéfice de l’Angola. Ces investissements sont faits selon des règles internationales. Pour le répéter une fois de plus, je n’ai jamais profité de ma qualité de président de la FSC pour intervenir sur l’obtention de ces permis au bénéfice de Quantum ou du fonds souverain angolais. D’autant plus qu’en ma qualité de président non-exécutif, j’étais tenu informé des licences accordées uniquement après leur attribution.

Quantum Global doit se battre en cour contre les actions prises par la FIU et contre la FSC pour les décisions prises contre elle. Dans quelle mesure êtes-vous impliqué ?
La réponse est très simple : cela ne me concerne pas et je ne suis pas du tout mêlé à ces batailles juridiques et réglementaires ! Je comprends que le groupe Quantum ait retenu les services de ses avoués et avocats pour s’occuper de ces affaires.

Ces problèmes concernant Quantum Global sont-ils d’ordre financiers et légaux ou plutôt d’ordre politique avec des rivalités entre partis ?
Il me semble de plus en plus clair que ces questions surgissent sur un fond politique en Angola mais aussi à Maurice. Ceci dit, je ne voudrais pas être une victime collatérale de tractations politiques locales. J’ai mené ma présidence à la FSC professionnellement, honnêtement et éthiquement sans jamais sombrer dans le favoritisme ou le parti pris. Je me suis dévoué pour la FSC pendant deux ans afin d’améliorer et promouvoir le secteur financier et corporatif mauricien. Je suis fier d’avoir ainsi contribué au développement de mon pays. Plus de 14 000 personnes travaillent dans ce secteur, qui rapporte énormément à l’économie aujourd’hui. C’est cependant un secteur très fragile et il faut faire très attention à ce qui est inutilement dit et écrit de nuisible. Les spéculations sur le centre financier mauricien sont dangereuses pour l’économie.