MARCEL VEERAPEN (ALIAS AH-KONG) : Sous la houlette des boulettes

Le nom vous est sûrement familier si vous aimez les boulettes. Cet entrepreneur qui a commencé son business en vendant des boulettes à Albion est aujourd’hui à la tête de l’entreprise la plus florissante dans le domaine. Avec sa quarantaine d’employés et sa fidèle clientèle, Ah-Kong s’est bâti un petit empire. 

Si vous fréquentez la plage publique d’Albion, vous ne pouvez pas manquer le stand de boulettes en bordure de route. Très souvent, vous y apercevrez une longue file d’attente. C’est le stand Ah-Kong, sobriquet du propriétaire, Marcel Veerapen. “Depuis que je suis petit, on me surnomme Ah-Kong. Car mon papa est originaire de Chine”, explique l’entrepreneur qui a grandi à Petite Rivière.

Cet emplacement à Albion est le seul et unique stand officiel du nom, tient à préciser Ah-Kong. Car pour se rendre populaire auprès des clients, d’autres marchands se plaisent aussi à emprunter ce sobriquet. “Ce sont des marchands qui achètent leurs boulettes dans ma manufacture. Ils font savoir que les boulettes viennent de chez nous.”

Florissant.

À 47 ans, Marcel Veerapen est à la tête d’un business florissant, avec une quarantaine d’employés à son service. L’entreprise s’appelle Shan-Kong Company Ltd, contraction de Shanon (prénom de la fille de Marcel) et du sobriquet Ah-Kong.

Depuis 2009, la fabrique a été déplacée à quelques mètres de l’ancienne manufacture à Petite Rivière. “Avant, on fabriquait les boulettes dans le snack de mon frère. Nous avons désormais notre propre emplacement.” Une manufacture qui roule à plein régime, sauf le dimanche et les jours fériés. Le propriétaire laisse même entendre qu’une implantation en Afrique est envisagée. 

Fabrication.

La machinerie se met en marche dès 7h du matin. Les produits sont décongelés dans une machine passant à 6°C. “Il est important que les produits restent froids tout au long de la chaîne de production pour demeurer sains”, souligne Ah-Kong. Des produits qui seront écrasés, mélangés, précuits et rapidement réfrigérés pour conserver leur saveur. Sur la chaîne de production, les règles sanitaires sont respectées à la lettre : combinaisons, toques et gants de rigueur. Aux alentours de 11h (dépendant de la quantité de boulettes commandées), la production est terminée. 

Le chef d’entreprise garde jalousement ses secrets de fabrication. Nous apprendrons simplement que “la poudre cange” est présente dans presque toutes les variétés de boulettes : sao-mai, ah-kien, bouchons, teo-kon, nuk-yen, wantan ou encore sue-kiow. Le client a le choix entre le poulet, le bœuf, l’agneau et peut même consommer végétarien (pour certaines boulettes comme le sao-mai ou le nuk-yen).    

Premiers pas.

Le stand de Ah-Kong à Albion existe depuis 1979. À l’époque, Marcel Veerapen y vendait déjà ses boulettes, qu’il produisait lui-même dans sa petite fabrique à Petite Rivière. “Nous produisions nos boulettes dans une toute petite pièce. Nous n’avions pas de machine; nous devions tout faire à la main en utilisant des petits outils, dont une fameuse râpe à chouchou qui a laissé pas mal de traces. À chaque fois que quelqu’un voulait nous aider à râper le chouchou, il se blessait et atterrissait à l’hôpital. Nous avons fini par ne plus accepter de l’aide pour cette tâche.”

Mais avant Albion et alors qu’il n’avait que seize ans et était toujours à l’école, Ah-Kong aidait ses parents à vendre des boulettes à La Louise. C’est auprès de son père qu’il a appris à confectionner des boulettes, en compagnie de ses quatre frères et de sa sœur.   

Tournant décisif.

En l’an 2000, l’entreprise d’Ah-Kong commence réellement à prendre de l’ampleur avec la mise en place du Food Act. “Les inspecteurs voulaient visiter l’endroit où je produisais mes boulettes et m’ont encouragé à demander un permis de manufacture. C’est ainsi que tout a commencé.”

De marchand de boulettes, Ah-Kong devient producteur. Un tournant décisif dans sa carrière. Avec sa réputation déjà établie grâce à son stand à Albion, les clients commencent à affluer chez lui pour acheter des boulettes précuites. Hôtels, restaurants, entreprises de catering et particuliers se jettent littéralement sur les sachets de boulettes d’Ah-Kong.   

Conseils

Ah-Kong souligne que le meilleur moyen de préparer les boulettes est de les cuire dans un steamer, sauf pour les boulettes de poisson, le “long” et le ah-kien. Les deux premiers doivent être préparés en bouillon alors que le ah-kien doit être frit. Il conseille de toujours consommer les boulettes en salade, arrosées d’une préparation comprenant de la sauce de soja et du piment, pour ceux qui le souhaitent. Il souligne qu’une sauce spéciale est offerte aux clients à l’achat de boulettes dans sa boutique.

Ah-Kong conseille également à ses clients de conserver les boulettes au réfrigérateur, mais pas au congélateur. Il ne faut pas dépasser cinq jours, car le goût des boulettes pourrait changer après ce laps de temps.