L’affaire des marchands ambulants prend une nouvelle tournure. Hyder Raman, président du Front commun des marchands ambulants, et ainsi que deux autres membres du comité exécutif, en l’occurrence Rehaad Bahadoor et Feroz Wahedally, ont en effet été arrêtés à la mi-journée après avoir été convoqués par la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Sud aux Casernes centrales. Une charge de rassemblement illégal pèse contre eux. Accompagné de son homme de loi, Me Assad Peeroo, Hyder Raman a été interrogé pendant plus de deux heures concernant les rassemblements successifs devant la mairie de Port-Louis et le Renganaden Seeneevassen Building depuis le lundi 18 avril.
C’est vers 9h30 que Hyder Raman et les deux autres membres exécutifs se sont rendus aux Casernes centrales. La police voulait les questionner concernant les rassemblements organisés par les marchands ambulants depuis le 18 avril à Port-Louis, manifestations qui faisaient suite à la décision des autorités de reloger les colporteurs sur deux sites, soit à Decaen et place de l’Immigration, et à laquelle s’opposent fermement les marchands ambulants. Depuis le 18 avril, ces derniers ont ainsi décidé de faire un “sit-in” devant la municipalité de Port-Louis et le Renganaden Seeneevassen Building (bâtiment NPF) pour tenter de négocier avec les autorités au sujet d’une période moratoire et d’autres conditions de relogement.
L’interrogatoire du président du front commun a débuté peu après 10 h en présence de son avocat, Me Assad Peeroo. Avant d’être interrogé, Hyder Raman, s’adressant à la presse, devait déclarer que le front commun a « toujours prôné la justice », avant de lancer : « J’assume ma responsabilité ! » Hyder Raman, Rehaad Bahadoor et Feroz Wahedally devaient comparaître devant la Cour de District de Port-Louis en début d’après-midi.
La police a également tenu à interroger la députée Danielle Selvon concernant ses propos tenus lors des rassemblements des marchands ambulants. Cette dernière a été admise à l’hôpital Jeetoo après avoir été prise d’un malaise en rendant visite ce matin à un marchand ambulant, qui allègue avoir été victime de « brutalité policière ». Son époux, Sydney Selvon, explique que cette dernière est disposée à coopérer avec la police et que deux officiers sont venus à l’hôpital aux alentours de midi. « Mme Selvon a déjà rédigé une déclaration écrite et est prête à donner sa version des faits sur son lit d’hôpital. Mais les policiers veulent l’interroger dans un meilleur état », explique Sydney Selvon. L’interrogatoire de Danielle Selvon a du coup été reporté.
Il nous revient également que la position du ministère des Collectivités locales reste inchangée en dépit de toute menace de grève de la faim. Une source affirme qu’il est toujours « hors de question » pour les autorités de faire machine arrière. « Nous avons débuté un travail depuis l’année dernière. Nous allons de l’avant avec le relogement, mais nous souhaitons que les colporteurs coopèrent », affirme cette source. Quelques marchands ambulants ont en effet déjà commencé à s’installer sur les places Decaen et Immigration.