Face à une imposante présence policière depuis très tôt ce matin dans la capitale – de la Gare Victoria à la Gare du Nord – pour faire respecter la loi, les marchands ambulants n’ont pu vendre leurs articles. Quelques-uns ont tenté de résister face à ce contrôle, mais la police a eu le dernier mot. En tout cas à la mi-journée, les piétons pouvaient circuler librement sur les trottoirs et dans les autres espaces publics, habituellement envahis par ces marchands de rue. Issoop Soobadar, président de la Market Traders Association, fidèle à son poste au marché central, avait le visage souriant aujourd’hui. « Se ke finn pass azordi montre ki lapolis kapav azir si li le. » Les représentants des commerçants souhaitent que ce contrôle se poursuive.
Suite à une menace lancée par les maraîchers travaillant au marché central et les propriétaires de commerces alentours qu’ils exposeraient, eux aussi, leurs produits dans la rue en cette période de fêtes si les autorités policières et municipales ne réagissaient pas contre les activités illégales des marchands ambulants, une opération policière a été menée pour y mettre bon ordre. Ainsi, dès 6 h ce matin, des membres de différentes unités de la force policière patrouillaient dans les places stratégiques qu’occupent habituellement ces marchands, tels la Gare Victoria et la Gare du Nord, ainsi que leurs alentours, et les rues John Kennedy, Farquhar, La reine, La Corderie, Rémy Ollier, Celicourt Antelme, pour ne citer que celles-là.
Les policiers sont restés dans ces zones pendant toute la matinée et renforçaient leur contrôle à la mi-journée, soit à l’heure où il y a davantage de foule dans les rues en raison de la pause déjeuner des employés du gouvernement et des entreprises privées. Mais ce contrôle accru n’aura pas pour autant découragé ces marchands, lesquels attendaient patiemment que les policiers aient le dos tourné pour reprendre leurs activités, certains allant même jusqu’à contacter d’autres marchands, postés plus loin, afin de s’enquérir de la situation.  
Raj Appadu, président du Front Commun des Commerçants de l’Île Maurice, et Issoop Soobadar, président de la Market Traders Association, ont suivi avec intérêt l’opération policière. « Nous sommes contents que nos voix aient finalement été entendues. Pouvu que cela dure. Nous attendons le week-end pour voir si ce contrôle sera de longue durée », préviennent-ils.