Dans une lettre au collectif Aret Kokin Nu Laplaz, le Chief of Section, Earth Sciences and Geohazard Risk Reduction du Secrétariat des géoparcs mondiaux-UNESCO, le Prof Patrick Mc Keever, les informe que le site paléontologique de Mare-aux-Songes et des dunes du Chaland — La Cambuse, répond aux critères d’inscription aux Géoparcs mondiaux-UNESCO. Un géoparc mondial-UNESCO est un espace territorial présentant un héritage géologique d’importance internationale.
Dans son souci de protéger le site paléontologique unifié de Mare-aux-Songes et des dunes du Chaland-La Cambuse de la menace potentielle que pourrait poser le projet de construction du Chaland Resort Hotel du groupe Currimjee, la coalition civile  Aret Kokin Nu Laplaz avait écrit à l’Unesco pour voir si ce site peut être inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de cette institution onusienne. En réponse à cette demande, le Dr Mechtild Rössler, directrice de la Division Patrimoine Mondial à l’Unesco, les informe avoir référé le cas au Prof Patrick Mc Keever, et leur explique que le processus de l’inscription d’un site aux Géoparcs mondiaux-UNESCO est beaucoup moins compliqué. Un géoparc mondial Unesco est un espace territorial présentant un héritage géologique d’importance internationale (voir encadré).
Dans un mail au collectif, le Prof Patrick Mc Keever confirme à son tour que les procédures pour l’inscription d’un site géologique sur la liste des Géoparcs mondiaux-UNESCO peuvent être plus rapide que la recherche d’un statut de Patrimoine mondiale de l’Unesco pour le protéger. « Vous devriez attirer l’attention des autorités mauriciennes sur cela », précise le spécialiste.
Le collectif Aret Kokin Nu Laplaz (voir encadré) et la Platform Pu Sov Nu Laplaz de Georges Ah-Yan militent contre le projet de construction du Chaland Resort Hotel du groupe Currimjee. Les écologistes estiment d’une part que Le Cambuse est une des dernières plages « sauvage » de l’île et que d’autre part ce projet hôtelier causera des « dommages irréversibles » aux systèmes hydrologiques de Mare-aux-Songes et aux systèmes voisins des dunes. Ils s’élèvent également contre le rétrécissement des plages publiques à Maurice, arguant que ce projet hôtelier empiète le domaine public.
« De mon point de vue personnel en tant que géologue, il me paraît que ce site est d’une importance internationale indéniable et qu’il répond donc aux critères fondamentaux pour son inscription aux Géoparcs mondiaux-UNESCO. Je vous recommande de rechercher des études scientifiques qui démontreraient cette valeur internationale », poursuit le Prof Patrick Mc Keever dans son mail à AKNL.
On se rappellera, dans ce contexte, que dans une récente lettre au National Heritage Fund (HNF), les membres du Dodo Research Programme – mené par le Dr Kenneth F. Rijsdijk, Earth Scientist et président du Dodo Alive (Pays-Bas) – préconisent une zone tampon de 100 mètres autour du système hydrologique de Mare-aux-Songes (MAS) et du système des dunes du Chaland-La Cambuse. Ils bénéficient, depuis 2006, du soutien du gouvernement mauricien, du ministère des Arts et de la Culture mauricien, du HNF et du Mauritius Museum Council, pour collecter des données et mener des recherches sur Mare-aux-Songes (ou Mare aux Dodos) et le système de dunes voisin du Chaland-La Cambuse et estiment que le site revêt une importance scientifique, culturelle et économique indéniable. Ces experts ont prévenu que les fossiles du Dodo à MAS seront menacés de dégradation par tout projet de construction.
Le Prof Patrick Mc Keever a annoncé pour sa part qu’en attendant, il a alerté le Secrétariat de la Convention de Ramsar, l’IUCN, la Palaeontological Association, l’International Union of Geological Sciences et la European Association for the Conservation of Geological Heritage de cette menace qui pèse sur le site paléontologique de MAS et des dunes du Chaland-La Cambuse. « Je suis certain que ces organisations peuvent vous aider à court terme », conclut-il dans son mail.