Belle, rayonnante avec du peps à revendre, cette jeune mamie de 62 ans est une vraie force de la nature. Au terme d’une vie laborieuse, cette Mauricienne établie en France s’est octroyé une retraite bien méritée récemment. Issue d’une fratrie de neuf enfants, elle raconte que “nous n’étions pas une famille aisée. J’ai commencé à travailler dans les usines et la kour Madam dès l’âge de douze ans car il fallait faire bouillir la marmite”. Quand elle s’envole pour la France en 1984, ayant la culture du travail dans le sang, Marie-Claude Hansen ne se repose guère sur ses lauriers. Pour contribuer aux charges, elle trouve du travail en tant que femme de chambre. Avec son époux qu’elle surnomme affectueusement “Dédé” et ses deux enfants Stéphanie et Kevin, Marie-Claude vivra de nombreuses années du côté de Montbéliard. “Quand nous avons déménagé sur Cannes, j’ai pris tout de suite de l’emploi dans les palaces de la ville”. Le cœur sur la main, elle a travaillé non seulement pour sa famille mais aussi pour pouvoir aider ses proches sur l’île Maurice autant qu’elle le pouvait.

Bien qu’elle ait quitté le pays depuis plus d’une trentaine d’années, Scope représente pour elle un souvenir inébranlable de son île natale car à chacun de ses retours au bercail, la lecture de ce magazine rythmait son séjour afin de rattraper un peu l’actualité culturelle.

Elle a aussi d’autres passions comme voyager pour découvrir le monde mais aussi collectionner des chapelets. “Mon époux a une impressionnante collection de douilles datant de la Première Guerre mondiale, alors que moi je collectionne les chapelets”. Depuis qu’elle a visité le Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes en 2008, elle a été captivée et émerveillée par les chapelets qui s’y trouvaient. Depuis peu, elle est la mamie épanouie du petit Gullian et attend avec impatience la venue de deux nouveaux membres de la famille pour la fin de l’année.

La boîte à questions

Notre invitée a plongé sa main dans notre boîte à questions. Et le hasard lui a imposé ce qui suit.

Pensez-vous que nous sommes seuls dans l’univers ?

C’est impossible que nous soyons les seuls êtres vivant de l’univers. Vu son immensité, c’est improbable. Les Martiens, ça existe… Nous voyons souvent dans les films des petits bonshommes verts qui viennent envahir la planète terre à bord de leur navette spatiale. Même si c’est au petit écran, entre fiction et réalité, la ligne est mince. Personne ne peut garantir que demain ou dans un futur proche nous ne rencontrerons pas ces extraterrestres, qui sont sans aucun doute beaucoup plus intelligents que nous.

Qu’auriez-vous fait si vous aviez les pouvoirs de Superman ?

Mon époux aurait neutralisé tous les méchants du monde moderne, dont un grand Schtroumpf qui dirige les États-Unis. Pour ma part, j’aurais fait le tour du monde pour pouvoir assouvir ma passion du voyage mais aussi aider ceux dans le besoin. J’ai toujours eu une personnalité très altruiste, j’aurais aidé les pays du tiers-monde où la famine fait rage. J’aurais aussi aidé davantage ma famille…

Au réveil, vous êtes du genre à dire “Ayo Mama” où “Allez hop allons-y” ?

Définitivement, allez hop allons-y… Certes, depuis un an j’ai pris ma retraite, mais je n’ai jamais chômé de ma vie. Depuis l’âge de douze, je travaille pour subvenir aux besoins de ma famille. J’ai connu les usines ou encore “la kour Madam”. J’ai travaillé pendant quinze ans en tant que femme de chambre à l’Hôtel Martinez et l’hôtel Gray d’Albion. Pour être une femme de chambres dans les palaces de Cannes, il faut être dynamique et toujours prête. Je n’ai jamais traîné des pieds de ma vie.

Quel est l’état de santé de votre porte-monnaie en ce moment ?

Il est très bas… Limite au bord des larmes. Nous sommes en vacances et les dépenses sont nombreuses. Il faut dépenser tous les jours pour des imprévus. En même temps, ça nous rend heureux de faire plaisir à la famille. Comme nous ne croulons pas sous l’or, il faut cependant faire attention.

Aimeriez-vous être membre du Parlement ?

Oh que oui ! J’aurais une voix pour dire haut et fort ce que je pense concernant toutes les inégalités présentes sur mon île. J’aurais mis au pied du mur les dirigeants pour apporter plus de transparence sur les fonds publics. Où va l’argent des contribuables ? Qu’est-ce qui se passe avec le Métro Express ? Autant de questions qui mériteraient qu’on s’y attarde.

Comment définiriez-vous votre pays ?

Depuis que je suis rentrée au bercail après presque dix ans, je ne reconnais plus mon pays. Il est méconnaissable en termes de développement… Encore plus magnifique que dans mes souvenirs avec de beaux bâtiments, toujours ses belles plages, sa verdure et ses gens magnifiques toujours aussi sympathiques.

Après votre passage sur terre, que souhaiteriez-vous que l’on dise de vous ?

Que j’étais une femme très brave qui a travaillé toute sa vie. 50 ans de dur labeur. Mes parents étaient très pauvres et c’est nous qui faisions bouillir la marmite pour manger, étant dans une fratrie de neuf sœurs et frères.

Si on vous donnait la possibilité de vivre une journée dans la peau d’une autre personne, qui choisiriez-vous et pourquoi ?

Ce serait Brigitte Macron, l’épouse du président de la République française. Pour connaître un peu le monde et savoir ce que ça fait d’être une première dame le temps d’une journée. J’aimerais aussi être dans la peau d’une autre Brigitte, notamment la star du cinéma Brigitte Bardot. C’est pour vivre la belle vie… (Rires)

Si vous deviez changer un trait de votre personnalité, quel serait-il ?

Mon époux et moi sommes de nature très franche. Quoique lui un peu trop (Rires). Même si on gagnerait à changer cet aspect de notre personnalité, je pense qu’on ne peut pas nous en vouloir de dire la vérité. Nous disons les choses telles quelles et assumons nos paroles.

Quels sont vos plus beaux et vos plus mauvais souvenirs ?

Mes plus beaux souvenirs, c’est la naissance de mes deux enfants, Stéphanie et Kevin. C’est aussi la naissance de mon petit-fils Gullian et bientôt la naissance des jumeaux de mon fils, nous fera encore de beaux souvenirs. Les mauvais souvenirs, peut-être les déceptions amoureuses…