MARIE PRICIE ANJELA SPÉVILLE, candidate de l’OPR dans la région No 1 : « Je veux offrir mon élection à mon leader »

Marie Pricie Anjela Spéville, jeune professionnelle, se jette dans la bataille électorale pour les régionales à Rodrigues sous la bannière de l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR). Elle est convaincue de la cause politique défendue par son parti et se donne comme objectif, pour le scrutin du dimanche 12 février, de réaliser une première, soit se faire élire à La Ferme, région considérée comme le fief de l’opposition, notamment du Mouvement Rodriguais. Depuis le début de la campagne, elle est sur le terrain pour se battre.

Vous allez faire vos premiers pas sur le terrain électoral. Néanmoins, vous n’êtes pas une inconnue dans le monde politique. Quel a été jusqu’ici votre parcours ?
Bientôt, je passerai le cap de la trentaine et je suis mariée et mère d’un fils. J’ai fréquenté l’école primaire Saint-Esprit RCA, à La Ferme, et le Grande Montagne College. J’ai fait des études menant à un BSC Hons en économie à l’Université de Maurice.
Après mes études tertiaires en 2009, je suis retournée à Rodrigues. J’ai pris de l’emploi à la National Empowerment Foundation (NEF) en tant que Field Officer. Ce contact avec le quotidien des Rodriguais a constitué un “eye opener”. En janvier 2010 j’ai commencé à travailler comme enseignante d’économie dans le secondaire, où j’ai été en contact avec une autre facette de la vie à Rodrigues.
Deux ans plus tard, j’ai fait partie du conseil d’administration de la Rodrigues Trading and Marketing Company Ltd (RTMC) pour accéder en 2014 au poste de directeur exécutif de la RTMC, parce qu’il n’y avait pas de directeur. Je suis également titulaire d’un Post Graduate Certificate in Education (PGCE) en Business Education/Ca sur le plan civil.

Comment expliquez-vous votre engagement politique au point de bénéficier de l’investiture de l’OPR pour les prochaines élections régionales ?
J’ai commencé à m’intéresser à la politique depuis que je travaillais à la NEF. Comme je l’ai déjà indiqué, en exerçant sur le terrain, j’ai été témoin de comment la pauvreté affecte les gens. C’est ce qui m’a poussée à aider les pauvres, car je suis consciente des conséquences de leur condition de vie sur le tissu familial et social dans l’île. J’ai commencé par l’éducation des enfants à l’école parce que je crois que l’éducation, qui demeure la clé pour libérer les gens des affres de la pauvreté, doit commencer dès la petite enfance. Je viens moi-même d’une famille pauvre et je peux comprendre ce que c’est que d’être pauvre.
Ainsi, j’ai adhéré à l’OPR en 2012 et j’ai commencé par aider Buisson Léopold pour la campagne électorale. J’ai choisi l’OPR parce que je crois que c’est la seule formation politique qui a su faire preuve de stabilité, et ce, peu importe les circonstances. L’OPR est bien structurée et observe la démocratie et des principes. Le parti dispose d’un bon leadership qui peut guider l’équipe et dispose de la valeur requise.
J’ai aussi travaillé avec l’OPR à RTMC où j’ai remarqué que ceux qui en font partie sont fabuleux car ils travaillent pour le peuple. Il y a la méritocratie et des chances égales pour tous sans discrimination, d’autant qu’ils respectent tous les partis politiques.

Bientôt, Rodrigues marquera les 15 premières années de son autonomie. Quelle est votre évaluation de la situation dans l’île ?
Rodrigues aujourd’hui doit affronter de nombreux défis et nous avons un retard à rattraper dans différents domaines comme l’académie du tourisme, le secteur médical, la fibre optique, les problèmes de chômage, et au niveau de l’infrastructure, des projets tel l’extension des facilités aéroportuaires à Plaine-Corail. Les ressources humaines devraient être mieux exploitées et nous devrions nous concentrer sur la formation des jeunes. Telles sont les priorités de l’OPR au vu du prochain mandat à la tête de l’Assemblée régionale. Rodrigues a le potentiel de réussir son développement et surtout de faire de son autonomie un succès. Nous ne devons pas manquer cette occasion de créer plus d’emplois afin d’attirer les investisseurs.

Une campagne électorale exige un engagement quasi total sur le terrain, au contact des électeurs de sa région et également de tous les Rodriguais. Comment cela se passe-t-il pour vous en tant que jeune mère de famille ?
J’ai le soutien de toute ma famille, de mes parents et de mon mari. Avant de me joindre à la politique, j’étais consciente que ce ne serait pas une tâche facile en tant que femme et c’est pourquoi je me suis préparée physiquement et moralement. Mon Campaign Manager, Buisson Léopold, me soutient et me guide, je lui en suis reconnaissante. Je dois être sur le terrain tôt le matin et dans la soirée, j’ai des réunions avec différentes personnes, parfois avec le chef et les amis afin de planifier pour le lendemain. Ce n’est pas de tout repos, mais si on veut faire les choses comme il le faut, on doit accepter de s’engager à fond et sans compromis.

L’enjeu de ces prochaines élections régionales est de taille. Votre parti réclame un vote pour un nouveau mandat successif pour cette quatrième joute afin de passer à trois victoires. Par contre, vous êtes candidate à La Ferme, région No 1, présentée comme le bastion de l’opposition. Même le leader de l’OPR s’est fait battre dans cette région lors des premières élections régionales de 2002. Êtes-vous prête pour le scrutin du 12 février ?
Cette élection a une grande importance. Je n’ai jamais connu l’échec jusqu’à présent. Je ne pense pas du tout à l’échec pendant cette élection, même si l’adversaire est difficile.
C’est un grand défi à relever parce que l’OPR n’a jamais fait élire de candidat dans la région 1. Mon leader est né et a grandi là-bas, et je veux lui offrir mon élection dans cette région. Je veux représenter ma région à l’Assemblée régionale. Je me bats donc pour réaliser cet objectif politique pour moi et mon parti.