Maurice créée à l’image du Paradis, une boutade de Mark Twain à laquelle est articulé un de nos slogans touristiques. Il s’agit d’une phrase tronquée de l’écrivain, essayiste et humoriste. Mark Twain, de son vrai nom Samuel Langhorne Clemens, est mort le 21 avril 1910 à Redding aux États-Unis. Il était le père de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn.
Lorsque l’on flatte la beauté de Maurice, on a tendance à citer l’écrivain américain Mark Twain qui aurait dit, lors d’une visite à la fin du 19e siècle, que Dieu créa d’abord l’île, puis le paradis… Ce n’est pas tout à fait exact. Remontons à la source et donc à l’écrivain Mark Twain.
Contrairement à ce que dit la légende, l’écrivain américain n’avait probablement pas une si haute opinion de Maurice. Ni des Mauriciens. Mark Twain a publié en 1897 Following The Equator. Il y parle assez rapidement de notre île le temps d’une escale en provenance des Indes et en route pour Madagascar et l’Afrique. Following The Equator est un formidable récit de son voyage autour du monde, dans lequel le père de Tom Sawyer livre observations et commentaires sur tous les lieux qu’il a visités et les rencontres qu’il y a faites.
Mark Twain donne une description sobre de Maurice. On y décèle une pointe de dérision, loin des dithyrambes qu’on lui prête à tort. Ainsi, il fait escale sur l’île en avril 1896, et y séjourne quelques jours. Il visite entre autres lieux, Port-Louis et Curepipe.
Voici l’extrait où Maurice est évoqué. Nous privilégions la version originale afin d’éviter toute nouvelle ambiguïté : “This is the only country in the world where the stranger is not asked “How do you like this place ?” This is indeed a large distinction. Here the citizen does the talking about the country himself ; the stranger is not asked to help. You get all sorts of information. From one citizen you gather the idea that Mauritius was made first, and then heaven ; and that heaven was copied after Mauritius. Another one tells you that this is an exaggeration ; that the two chief villages, Port Louis and Curepipe, fall short of heavenly perfection ; that nobody lives in Port Louis except upon compulsion, and that Curepipe is the wettest and rainiest place in the world.”
Pour ceux qui préfèrent le français, nous avons essayé de faire une traduction la plus fidèle possible : “C’est le seul pays au monde où on ne demande pas aux visiteurs : Aimez-vous cet endroit ? Ici, les citoyens prennent la parole et s’expriment sur le pays eux-mêmes ; Vous obtiendrez toutes sortes de réponses. D’un citoyen, vous aurez l’idée que Maurice a été faite en premier, puis le ciel ; et que le ciel a été copié sur l’île Maurice. Un autre vous dira que c’est une exagération ; que les deux villes principales, Port-Louis et Curepipe, sont loin de la perfection céleste ; que personne ne vit à Port Louis, sauf par contrainte, et que Curepipe est l’endroit le plus humide et pluvieux dans le monde.” Fonder toute sa communication touristique sur une telle boutade n’a pourtant pas réellement desservi le tourisme mauricien. Mais les habitants du “paradis” se devaient de le savoir.
Twain avait un sens de l’humour propre… Il était un écrivain, essayiste mais aussi un humoriste.
Orphelin de père à l’âge de 12 ans, il exerce diverses activités : apprenti typographe, rédacteur d’articles dans le journal de son frère, pilote de bateau à vapeur sur le Mississippi. Il s’embarque ensuite sur le Mississippi en direction de La Nouvelle Orléans, avec l’intention probable de gagner l’Amazonie. Au cours du voyage, la rencontre avec le pilote de bateau à vapeur Horace E. Bixby le persuade d’épouser la carrière de son nouveau mentor. C’est de cette époque que vient son pseudonyme : alors qu’il tire la corde de sondage pour vérifier la profondeur du fleuve, son capitaine lui criait : Mark Twain ! , Mark Twain ! , c’est-à-dire : “Marque deux sondes !”. Cela signifie profondeur suffisante, dans le jargon anglais dit du safe water. Il travaille sur le Mississippi jusqu’au déclenchement de la guerre de Sécession en 1861 qui interrompt le trafic sur le fleuve.
Ne voulant pas se battre au côté des Sudistes pour le maintien de l’esclavage, il s’enfuit vers les montagnes du Nevada et devient chercheur d’or. À partir de 1864, il exerce l’activité de reporter à San Francisco et se déplace en Europe en tant que correspondant de presse. Il entame sa carrière littéraire et dès sa première publication, La Célèbre Grenouille sauteuse de Calavéras (1867), il rencontre le succès. De ses voyages en Europe et en Polynésie, il ramène Le voyage des innocents (1869).
Après son mariage avec Olivia Langdon en 1870, il s’installe à Hartford, Connecticut. Il eut quatre enfants. C’est grâce à ses deux romans Les Aventures de Tom Sawyer (1876) et Les Aventures de Huckleberry Finn (1885) qu’il acquiert la célébrité. Décrivant avec réalisme et sévérité la société américaine, Mark Twain est l’un des premiers auteurs à utiliser la langue parlée authentique des États du Sud et de l’Ouest.
La fin de sa vie est assombrie par des ennuis financiers, ainsi que par la mort d’une de ses filles à 24 ans causée par une méningite, puis la mort de sa femme. Il perd une deuxième fille, âgée de 29 ans, noyée dans sa baignoire à la suite d’une crise d’épilepsie.