MAURICE, le désenchantement écologique

Je rebondis sur plusieurs cas rapportés ces dernières semaines concernant les déchets à l’île Maurice. La dernière en date s’interroge sur les incivilités des villageois à Trou d’Eau Douce, le ramassage des ordures à Triolet, au Morne, ou encore, à la cave de Roches-Noires transformée en poubelle.
En vacances il y a quelques mois à Maurice, une petite balade s’impose à la cave de Roches-Noires, un lieu aménagé et de surcroît charmant. Le début de cette balade très agréable se passe sans encombre mais au bout de la quatrième grotte, l’effroi me submerge à la vue de cette scène de désolation ! Des déchets à foison ! Une odeur nauséabonde me fait quitter les lieux littéralement : un chien en complète putréfaction.
Malgré l’écriteau « Keep clean »  sur le site de Roches-Noires, ce havre de paix s’est transformé en nécropole pour animaux.
Faute d’infrastructures adéquates ou par simple incivilité, quelques trublions s’amusent aussi à déverser leurs déchets sur les terrains en friche, sur des propriétés privées et dans les bois sans aucun scrupule. Le parc national de Bras-d’Eau en a fait les frais. Paresse oblige, certains flemmards préfèrent subrepticement semer leurs détritus tout au long des routes. D’autres encore souillent nos plages en délaissant les restes de leurs agapes sur le sable fin, de quoi ternir l’image de la carte postale. Les sanctions restent très timides à l’encontre des coupables. Il ne faut plus que l’État permette à quelques trouble-fêtes, de s’adonner à ce genre de ravages écologiques. Rien n’a été entrepris  jusqu’alors par l’État pour sanctionner réellement ces délinquants environnementaux.  
Autre fait désolant, bien que quelques citoyens exemplaires s’appliquent assidûment à faire le tri sélectif, leurs efforts s’évaporent, tel un tour de passe-passe dans ces camions d’un temps révolu. Les déchets se mélangent pêle-mêle dans une cohue exécrable sous les yeux de ces écologistes résignés.  Il n’est pas exclu de se voir refouler les déchets si ça excède le volume habituel... cause de ce refus… la taille lilliputienne du bolide. L’acquisition de vrais camions-poubelles tout à fait conformes aux normes serait salutaire pour le pays.
Comment voulez-vous que les campagnes de sensibilisation soient mises au diapason avec un tel dysfonctionnement ?!
Il suffit de faire un tour d’horizon; les poubelles publiques dans les rues des villes et des campagnes sont insignifiantes. Les ménages sont dépourvus de bacs à différents usages (tri des papiers, bouteilles en verre, plastiques, conserves …). Et c’est le parcours du combattant car il faut faire trois fois le tour de l’île pour aller déposer les déchets (verre) au sein des sociétés de recyclage, de quoi décourager les bonnes âmes.
Il est fort déplorable de constater que les infrastructures concernant la gestion des déchets ne sont pas à la hauteur. Avec son nombre croissant d’habitants et de visiteurs, L’Île Maurice génère plus de 400 000 tonnes de déchets par an. Une mauvaise politique sur la gestion des déchets rend encore plus vulnérables les maigres campagnes de sensibilisation.
Petite parenthèse glorieuse, saluons les ONG qui font un travail remarquable à travers l’île. Ils ont su mettre en place des structures viables et restent très actifs dans la lutte écologique.
L’oisiveté du gouvernement sur la question de l’environnement provoquera un déclin certain de l’écosystème de l’île. Aux grands maux, les grands remèdes, Messieurs les Ministres, il faut donner les moyens nécessaires et pérennes afin que chaque Mauricien puisse devenir citoyen éco-responsable.