MAURICE/SINGAPOUR: plaidoyer pour un partenariat plus poussé

Le président de la CCI Cédric de Spéville (à droite) et le président de la SBF Tony Chew signant le MoU en présence du président singapourien Sellatan Rama Nathan et du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth

Maurice et Singapour ont tout intérêt à coopérer étroitement pour pouvoir prendre avantage de la nouvelle donne au niveau de l’économie mondiale et surtout des opportunités offertes par l’Afrique, ont soutenu ce matin, à l’hôtel Le Méridien, Balaclava, les différents intervenants à l’ouverture d’une session de travail entre les secteurs privés mauricien et singapourien. Cette session a été marquée par la signature de deux protocoles de coopération (Memorandum of Understanding) entre, d’une part, la Singapore Business Federation (SBF) et le Board of Investment (BoI) et, d’autre part, la SBF et la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Elle s’est déroulée en présence du président singapourien, Sellatan Rama Nathan, et du vice Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth.
Très bref dans son intervention, le président singapourien, en visite officielle chez nous depuis samedi, a indiqué que la signature des deux MoUs n’est qu’une première étape dans l’approfondissement des liens entre les institutions concernées et a souligné que le succès de ces deux protocoles dépendra dans une bonne mesure de la façon dont les hommes d’affaires des deux pays vont entretenir leurs rapports et tisser des partenariats étroits. « Les gouvernements des deux pays ne seront là que comme facilitateurs de ces contacts», a déclaré Sellatan Rama Nathan qui a réclamé des actions concrètes pour que les deux protocoles puissent déboucher sur une amélioration des échanges commerciaux et des investissements bilatéraux. Auparavant, abondant dans le même sens, Pravind Jugnauth avait invité les différentes parties à s’assurer que les protocoles signés « do not remain symbolic » et qu’on veille à ce qu’ils débouchent sur des « meaningful exchanges and deepening of business relations between our two countries ».
Pour le vice-Premier ministre et ministre des Finances, face à une conjoncture économique mondiale difficile marquée par une reprise plutôt fragile, aux incertitudes dans la pays d’Afrique du nord et les caprices de la nature, les petits Etats insulaires en développement comme Maurice et Singapour n’ont d’autre choix que de s’unir et de voir au-délà de leurs limitations physiques pour pouvoir intégrer le courant principal de l’économie globale. Singapour, a-t-il poursuivi, a déjà réalisé avec succès son intégration alors que Maurice est en train de le faire mais est confiant de pouvoir réussir. « The quasi-hostile global environment calls for countries like ours to stand united and to use all our creative intelligence, diplomatic and economic endeavours to stay ahead of competition », a ajouté Pravind Jugnauth.
Le Grand argentier s’est appesanti sur le positionnement stratégique de Maurice et de Singapour, affirmant que les deux pays forment un pont entre une Asie vibrante et une Afrique en émergence avec de multiples opportunités. Pravind Jugnauth a fait état des oppportunités offertes par l’Afrique dans les domaines de l’agriculture, de l’exploitation des mines, le développement des infrastructures, des services publics, des services financiers et autres et la production industrielle. « Mauritius can be the partner of Singapore in taking advantage of these opportunities », a dit le ministre qui a rappelé l’appartenance de Maurice à des blocs régionaux tels le COMESA et la SADC, soit un total de 26 pays. Il a de plus fait référence aux accords de non-double imposition signés avec 14 Etats africains, tout en soulignant que Maurice a aussi signé un DTA avec Singapour.
L’intérêt des entreprises mauriciennes à développer des activités économiques dans la région et le rôle du BoI pour la promotion des investissements tant à Maurice que dans la région ont été précisés par Pravind Jugnauth. « Nous voulons promouvoir des industries qui sont globalement compétitives et comme Singapour, nous nous focalisons sur des industries à valeur ajoutée, basées sur de hautes compétences et orientées vers l’exportation », a indiqué le vice Premier ministre.
Ce dernier a annoncé qu’il dirigera une délégation de haut niveau en Asie et en Extrème Orient dans quelques mois; Singapour sera inclu dans la liste des pays où s’arrêtera la mission de promotion des investissements. Pour sa part, le président de la SBF a indiqué que la signature des deux MoUs sera suivie du déplacement d’une nouvelle mission d’hommes singapouriens qui se rendra également à Madagascar. « Les hommes d’affaires singapouriens sont de plus ouverts sur l’extérieur et explorent de nouveaux marchés», a-t-il déclaré.
Maurice, fera ressortir le président du Joint Economic Council (JEC), Louis Rivalland, a toujours considéré Singapour comme un modèle économique avec lequel il faut coopérer, cela malgré les bonnes notes obtenues de la Banque Mondiale dans son rapport «Doing Business». Pour Louis Rivalland, avec l’Asie qui se positionne comme un moteur de l’économie mondiale et l’Afrique qui se transforme en un continent d’opportunités, Maurice et Singapour, de part leurs situations géographiques, ont tout intérêt à travailler ensemble.