Mauvais MACRON

L’univers entier conspire à faire foirer les projets de notre petit Prince. Il se saigne aux quatre veines mais ne parvient pas à séduire. Il a suffi qu’un simple petit Macron pointe le minois pour que le cœur de quelques observatrices et observateurs s’emballe : où est le Macron mauricien ? Les nostalgiques ont argué que ce messie est descendu parmi nous depuis cinquante ans mais que ceux qui aujourd’hui se plaisent à jouer aux vierges indignées n’ont pas su le reconnaître. Il est passé à côté du destin dû…

Pour éviter pareille destinée au petit chéri, le vieux sage s’est évertué à tracer un chemin de traverse vers le pouvoir (ce n’est pas une pratique très macronienne). Est-ce bien légitime, se demandent les jaloux, qui n’ont pas la chance d’avoir un sage pour papa qui les tire vers le haut. Après deux bonnes décennies, le but fut enfin atteint. Le spermatozoïde rencontra l’ovule du succès et les observateurs pouvaient zieuter la gestation et la naissance du petit (déjà un spermatozoïde leader). Cela coule de source !

Arriva un temps où le sage se sentit vieux, usé et fatigué. Le brave homme refusa de se retirer définitivement, préférant garder un œil sur le petit. Histoire de le protéger contre ce monde de brutes et de sauvages malpolis qui vous pissent dessus pour marquer leur autorité, comme les clébards marquent leur territoire. Le sage a accolé des petits copains au petit Prince afin que sa “Petitesse” ne se fasse pas trop chier dans sa tour d’ivoire.

Il s’est senti le devoir (presque l’obligation) de faire mieux que le sage qui lui montrait la lune. Il a bien observé ce doigt et la bague dorée, dont on dit qu’elle donne un pouvoir à qui la porte. Ce sera son héritage un jour. Combien de pères peuvent se targuer d’offrir le pouvoir en héritage à leur fiston ? Hormis Chacha et peut-être Joe, je ne vois pas d’autres figures publiques !

Un père Premier ministre est un faire-valoir. Bagage obligatoire pour accéder au poste ou à l’imposte. L’électorat mauricien est à cheval sur le pedigree de ceux postulant au pouvoir. Il a besoin de se rassurer, genre “mo ti konn so papa bien, sa garson-la. Enn bon fami. Garson-la avoka. Papa-la ti mazistra. Bonom-la ti pe dir li pa rant ladan, me garson-la ti kontan pou vinn minis, sipa Premie minis enn zour”. Aster ou krwar dimounn ti pou aksepte vot pou enn zenn boug ki marye ek enn madam ki ena sipa 20 an plis ki li ?

On ne devrait pas se demander où sont le Macron ni le Trudeau mauricien, mais s’interroger si le Mauricien est prêt à faire confiance à un politicien qui ne prône aucun sectarisme. Un changement d’état d’esprit est impératif pour que naisse un renouveau… Nous flottons dans une sorte de vide. Un entre-deux. Entre le passé et l’avenir.