• Le ministre préconise l’ouverture du ciel mauricien, n’en déplaise à Air Mauritius, et une nouvelle vision de Maurice axée sur l’État océan et non sur son caractère insulaire
  • Le ministre Gungah: « Le Petroleum Hub est crucial pour le développement économique futur du pays »

L’importance de l’ouverture de l’économie mauricienne a été au centre de l’intervention du ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Vishnu Lutchmeenaraidoo, jeudi lors de l’Assemblée générale de la MCCI. Il s’est réjoui des prévisions de croissance économique de 3,9% pour Maurice. Toutefois, il a fait remarquer que, contrairement à ce que pensent beaucoup de Mauriciens, « la croissance économique n’est pas acquise ». Il constate que le pays est actuellement « à la croisée des chemins » et qu’il « faut faire plus d’efforts si nous ne voulons pas que le pays soit piégé au niveau des pays à revenus moyens ». Pour lui, il ne suffit plus de faire de grandes promesses à la veille des élections afin de mobiliser l’électorat, « surtout si ces promesses ne peuvent être tenues ».

Vishnu Lutchmeenaraidoo a poursuivi en avançant que le rôle du gouvernement consiste à créer un environnement « propice » pour permettre aux entrepreneurs et aux entreprises d’évoluer dans les meilleures conditions. « Il faut sortir d’une vision insulaire étroite, qui caractérise la population, pour se placer dans la perspective d’un État océan », dit-il, reconnaissant que l’océan héberge « un potentiel de développement immense » qui sera une source de revenus majeure à l’avenir. Il estime aussi que le pays a déjà accusé « un retard » dans ce domaine. Ainsi, le projet de création d’un port de pêche n’a pas encore été réalisé alors que le port « aurait pu accueillir en permanence une vingtaine de navires de pêche ». Et de poursuivre : « Il nous faut apprendre des autres, dont les Seychelles, dont le revenu par tête d’habitant est plus élevé que Maurice et qui devrait atteindre 25 000 dollars dans les prochaines années. »

Pour lui, le pays doit pouvoir accepter de s’ouvrir sur le monde. Dans ce contexte, il a souligné l’importance de l’ouverture du ciel mauricien, n’en déplaise à Air Mauritius, qui devrait s’adapter à la situation. Il observe que l’ouverture du ciel aux Seychelles a permis de développer une industrie touristique « prospère ». « Il faudrait également que les accords commerciaux internationaux soient pleinement utilisés », dit-il. À ce propos, il a fait mention de quatre accords commerciaux internationaux auxquels s’est associée Maurice.

Il a aussi annoncé qu’un accord de libre-échange sera signé avec la Chine. De plus, le CECPA devrait être conclu avec l’Inde dès cette année et Maurice a adhéré au marché continental de libre-échange qui a été signé par de nombreux pays à Kigali la semaine dernière. L’accord sera ratifié par Maurice prochainement. Il a finalement invité les politiciens de tous bords politiques à faire une introspection et à « se réajuster » en tenant en compte l’intérêt de la population.