ME ANTOINE DOMINGUE : Il faut des solutions radicales contre les trafiquants de drogue

Notre invité est le Senior Counsel Antoine Domingue. Dans l’interview réalisée hier matin, il passe en revue les travaux de la commission d’enquête sur la drogue et livre sa lecture de la situation politique et sociale du pays. Comme à son habitude, Me Antoine Domingue tient des propos sans langue de bois, qui devraient susciter des réactions.

Si on prend au premier degré ce qui se dit devant la commission d’enquête sur la drogue, on pourrait penser que les avocats ne sont plus les défenseurs des trafiquants mais carrément leurs complices !
L’impression n’est pas fausse mais, sans vouloir défendre le barreau à tout prix, je tiens tout de suite à souligner que ces avocats-là ne représentent qu’une petite minorité, une vingtaine sur plus de 800. Soit à peine 2% de la profession, mais c’est beaucoup.

Dans une interview à Week-End l’an dernier, vous disiez que Maurice s’acheminait vers une dérive. Cette dérive n’est pas que politique, on dirait …
Vous avez raison. La mafia de la drogue, la pègre, a depuis de nombreuses années infiltré la police et l’administration de la justice, dont font partie les avocats. Elle contrôle aujourd’hui également les prisons, et elle a pu, à de nombreuses reprises, infiltrer le Passeport and Immigration Office. Souvenez-vous que le passeport de Sabapathee, qui se trouvait entre les mains de la police, avait été altéré avec de faux tampons. Ceux qui sont dans le giron et ont vu certains dossiers savent que nous sommes gangrénés par la mafia depuis des années. Mais depuis la maladie s’est étendue avec la détention à Maurice de trafiquants africains, dont des Ougandais qui ont, si je puis dire, donné un nouveau souffle au trafic de drogue à Maurice. Ils ont introduit de nouvelles méthodes, de nouveaux circuits et des produits plus sophistiqués qui rapportent plus.

C’est effarant de vous entendre dire que ceux qui devaient savoir étaient au courant de l’étendue du trafic de la drogue à Maurice. Qu’est-ce qu’ils ont fait contre ?
Rien de concret, rien d’efficace n’a été fait, ce qui nous mène à la situation d’aujourd’hui. Pour moi, ce qu’on a entendu ces jours-ci sur le trafic de la drogue à Maurice n’est que le pic de l’iceberg, sa partie non immergée est beaucoup plus importante qu’on ne l’imagine.

Est-ce que cela signifie que Maurice est sous l’emprise de la mafia de la drogue ?
J’en suis persuadé. Je vous donne un exemple : il y a des allégations sérieuses selon lesquelles un employé du bureau du DPP est étroitement mêlé au trafic et s’occuperait de faire réduire les condamnations des trafiquants. C’est une affaire qui va bientôt sortir, comme d’autres au niveau du financement des partis politiques. Ce qu’a dit Peroumal Veeren sur le financement des partis politiques n’est que du pipeau.

Me Domingue, vous êtes en train de dire que les allégations de Peroumal Veeren ne sont que du pipeau ! Il a pourtant mis en cause l’actuel Premier ministre du pays !
Si c’était une allégation sérieuse, elle aurait été corroborée par les preuves circonstancielles : le lieu, le temps, le montant, celui qui a reçu et pourquoi. Ce que l’ancien DPP appelait « les détaillements » dans l’affaire Hurnam/Bholah. Il n’y en a aucun dans les allégations de Veeren. Mais par contre, je sais qu’il existe des informations précises sur des montants, des lieux, des noms de récipiendaires et des protagonistes de financement de partis politiques qui sont devant la commission et qui devraient bientôt sortir. C’est autrement plus sérieux que les déclarations de Veeren, qui dit qu’il n’a pas d’argent pour acheter de la drogue, mais finance en même temps un parti politique ! Il doit être en train de penser que nous sommes tous des cons puisqu’on lui a donné un traitement de star. Je trouve que la commission d’enquête l’a mis sur un piédestal en lui demandant qu’est-ce qu’il faut faire. M. Veeren, que préconisez-vous pour mettre fin au trafic de la drogue ? Comme si c’était un conseiller ou un consultant. ! Je crois que la commission d’enquête aurait pu éviter tout ce cirque en écoutant Peroumal Veeren à huis clos. Il ne pouvait que dire des sornettes, c’était couru d’avance. Le spectacle auquel nous venons d’assister n’est pas nouveau. Nous y avons eu droit devant la commission Rault avec son témoin vedette de l’époque venant accuser tout le monde. Par ailleurs, l’infiltration de l’appareil d’État par la mafia de la drogue remonte à loin dans le temps. Souvenez-vous des Amsterdam Boys et de la fameuse garden-party du Réduit où étaient invités des trafiquants qui disaient « gouvernement dans nous la main ! » Il existe des photos de cette activité qu’il serait intéressant de publier aujourd’hui. Mais je dois dire que, depuis quelque temps, à la mi-parcours des auditions de la commission, il y a eu un sursaut pour lutter contre le trafic de drogue.

Un sursaut venant de la commission ou des autorités du pays ?
Des autorités du pays. Je ne sais pas si cela est lié aux travaux de la commission, mais à un moment donné, il y a six, neuf mois, il y a eu un sursaut des autorités. Mais pour combattre efficacement le trafic, il faut un witness protection scheme pour encourager les trafiquants à dénoncer. Il faut pour cela leur donner les garanties qu’après leur témoignage ils bénéficieront d’un programme pour leur permettre de quitter le pays. Sinon aucun trafiquant ne prendra le risque de dénoncer ses complices de la mafia et donner des informations sur le réseau.

Les travaux de cette commission d’enquête vont-ils servir à quelque chose de concret ?
Je pense que oui. Mais à condition que son rapport, qui sera soumis à la présidente de la République et au conseil des ministres, soit publié le plus rapidement possible pour que tout le monde puisse en prendre connaissance et veiller que ses recommandations soient suivies.

Vous avez des craintes que ce ne soit pas le cas ?
On ne sait jamais si le rapport égratigne certaines politiques, il y aura la tentation de certains qui gravitent dans le giron du pouvoir de bloquer sa publication. C’est ça le problème. Il faut se souvenir que le rapport intérimaire sur le Mauritius Turf Club n’a pas été rendu public, en dépit du fait qu’une copie officielle a été déposée en mains propres au Bureau du Premier ministre, où il a disparu !

Revenons aux membres du barreau. Est-ce que le petit nombre d’avocats cités lors des auditions de la commission a franchi la ligne rouge ?
La réponse à cette question est ou i si ce que l’on dit d’eux est vrai. Je ne sais pas si c’est vrai pour tous ceux qu’on a nommés, mais il y a suffisamment d’éléments dans ce que l’on dit pour se faire du souci. Je ne suis pas en train de prononcer une condamnation contre mes confrères, qui qu’ils soient. Cela dit, il ne faut pas prendre pour argent comptant tout ce qui se dit devant la commission, il faut savoir discerner le vrai du faux

Et comment on fait pour séparer le bon grain de l’ivraie parmi les membres du barreau ?
Il faut enquêter sur les faits avancés, les sommes d’argent payées par qui, à qui et pour quoi, sur les communications, les visites. C’est ce que fait la commission d’enquête qui fonctionne comme un juge d’instruction qui a des pouvoirs d’inquisition. Elle peut convoquer les témoins et les obliger à répondre à ses questions pour les besoins de son enquête. Un témoin qui refuse de répondre est passible d’une amende d’un million de roupies

Mais cette amende n’a aucune importance pour quelqu’un qui, comme Peroumal Veeren, a encore de longues années à passer en prison
Dans notre jargon, Peroomal Veeren est un “lifer”, un type qui passera le reste de sa vie en prison. C’est pour cette raison qu’il peut se permettre de dire ce qu’il veut. Comment va-t-on le faire payer l’amende puisqu’on ne sait pas où il cache son magot, estimé à Rs 650 millions. À moins qu’on ne saisisse sa chaîne en or, qu’il prétend valoir un million !

Qui va enquêter sur les allégations faites devant la commission ?
La commission elle-même et après, quand elle aura soumis son rapport, il faut que l’État prenne le relais.

Abordons un autre sujet d’actualité. Que pensez-vous du jugement rendu cette semaine contre l’ICTA et Mauritius Telecom en faveur d’Emtel pour non-respect des lois sur la concurrence ?
C’est une affaire consternante, qui donne une idée de la dérive dans laquelle a sombré le pays. Cela commence par une discussion pour les honoraires de l’avocat de l’ICTA dans le bureau de l’ancien Premier ministre, en présence d’un ministre qui a été obligé de démissionner puisqu’il avait été condamné par la cour et d’un autre ministre. Je vous donne les noms : l’avocat Trilochun, sir Anerood Jugnauth, Pravind Jugnauth et Roshi Badhain. Il faut se demander pourquoi ces politiques discutent des salaires de l’avocat d’une institution paraétatique qui n’est pas représenté à cette réunion. Malgré ses nombreux millions d’honoraires, l’avocat va perdre l’affaire puisqu’il n’était pas souvent en cour. Savez-vous que l’ICTA a été pensé par le gouvernement PTr-MMM d’alors et le ministre de la Technologie Pradeep Jeeha pour permettre la libéralisation des ondes téléphoniques ? Il est consternant de constater que l’organisme créé pour veiller que la libération des ondes se fasse aujourd’hui condamné pour non-respect de la loi sur la concurrence ! Il est renversant de constater que cet organisme de l’État n’était pas représenté par le State Law Office mais part un avocat qui, par ailleurs, était le représentant du commissaire de police dans l’affaire de la tentative d’arrestation du DPP. J’ai été le seul membre du barreau à avoir dénoncé publiquement ce qui était un signe de la dérive dans laquelle plongeait le pays. Il y a eu sur cette affaire un silence assourdissant de mes confrères. Il y a eu ensuite, dans la foulée, l’agression du responsable de l’ICTA dont on n’a jamais retrouvé les coupables et le ou les instigateurs. L’affaire de l’ICTA est un exemple parmi tant d’autres affaires que j’ai dénoncées à l’époque où j’étais président du Bar Council. J’ai dénoncé ces affaires en envoyant des lettres au chef juge, au ministre de la Justice et au commissaire de police, et rien n’a été fait.

Mais quel est le sursaut que vous avez noté depuis quelques mois ?
Il se situe au niveau du combat contre le trafic de drogue. On fait des efforts pour détecter les trafiquants et pour les arrêter, et on saisit même les chevaux. Il y a des actions prises contre les trafiquants, des saisies record de drogue. Mais il n’y a pas de sursaut pour mettre de l’ordre de manière générale dans les institutions du pays. Je siège sur le comité de discipline du barreau, où on étudie les doléances contre les avocats. Je vois les dossiers en temps réel et je constate qu’il y a pas mal de cas d’avocats liés à la politique qui se croient tout permis. Dans les cas bénins, on peut faire une réprimande, mais c’est aux autorités de réagir et de prendre les décisions qui s’imposent pour des cas plus sérieux. Nous en avons référé au moins deux à la Cour suprême et il n’y a pas eu de suites. Il y a aussi le cas d’un avocat qui a déclaré banqueroute devant la Cour commerciale et qui est recherché pour avoir escroqué plusieurs de ses clients. Il n’a pas encore été arrêté par la police et aucune mesure disciplinaire n’a été prise contre lui.

Vous savez, la police n’a toujours pas trouvé un témoin qui a entendu les menaces du ministre Soodhun contre Xavier Duval qui ont été pourtant diffusés sur les réseaux sociaux…
Cela ne m’étonne pas. J’ai vu le commissaire de police faisant piètre figure devant la juge Cheong quand elle lui a demandé pourquoi la police avait donné l’ordre d’arrêter le DPP. Vous savez ce qu’il a répondu à la juge ? « Je ne sais pas ! ». C’est minable!

Avec ce genre d’exemple, serait-il logique de dire que nous sommes au fond du trou ?
Nous avons déjà touché le fond depuis longtemps, peut-être que le public ne le sait pas ou ne veut pas le savoir, mais c’est fait. Je n’ai pas grand espoir pour l’avenir, à moins qu’il n’y ait un sursaut des Mauriciens aux prochaines élections générales. Si le Mauricien arrive à se sortir de la logique des supposés grands partis politiques et vote pour les candidats valables. Vous allez dire que je suis cynique, mais c’est la situation du pays qui me force à l’être. Essayez de dresser une liste de 60 personnes crédibles sous tous rapports pour être candidates aux élections. Si par miracle vous y parvenez, vous allez découvrir que la majorité ne veut pas faire de la politique, se mouiller, quitter sa zone de confort et je les comprends. Qui voudrait être précipité dans un bassin où des piranhas attendent pour les dévorer ? Par ailleurs, les Mauriciens ne veulent pas se mouiller, prendre position, car ils se disent que cela ne mène nulle part. Alors, quand quelque chose se passe, on s’arrange pour regarder de l’autre côté, pour ne pas voir. Il y a, par exemple, un silence assourdissant dans la profession autour de ce qui se dit devant la commission d’enquête. Les avocats n’arrivent même pas à se défendre et je me demande comment ils vont faire pour défendre les autres.

Qu’est-ce qui vous permet de vous exprimer plus librement que les autres ?
Je le fais parce que je suis libre. Je n’ai pas de dettes. Je n’ai pas d’ardoise à la Mauritius Revenue Authority. Je ne suis redevable à aucun parti politique et je ne vais jamais au-delà de ce que la loi me permet de faire et de dire. Vivre en respectant la loi me permet de m’exprimer librement mais, malheureusement, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Si on résume vos propos, il n’y aurait donc pas de futur pour Maurice ?
Je suis peut-être un des rares à le dire publiquement, mais je ne suis pas le seul à faire ce constat. Tous les éditoriaux, toutes les analyses de la presse vont dans ce sens : à Maurice les choses vont aller en s’empirant. Je suis aux affaires depuis 1977 et je suis la situation du pays de très près, au jour le jour et le constat est simple : nous sommes en train de dégringoler et ça va de mal en pis.

On dit que la seule chose qui puisse arriver quand on a touché le fond c’est de remonter
J’espère en un sursaut, celui des Mauriciens. Parce que la seule solution à notre problème passe par des élections. Il faut que les Mauriciens s’assurent, en votant bien, qu’il y a au Parlement une majorité d’hommes et de femmes valables. Si nous n’avons pas un Parlement majoritairement propre, on ne peut pas avoir un gouvernement majoritairement propre, avec à sa tête un Premier ministre propre et à la présidence quelqu’un de la même trempe, qu’est-ce qu’on peut attendre ? Si on met à la tête de la propriété un magouilleur, peut-on s’attendre que le gardien du bâtiment ait un comportement exemplaire ? C’est le mal dont le pays souffre et j’ai eu l’occasion de le dire directement à Pravind Jugnauth ici même, dans mon bureau.

Que lui avez-vous dit ?
Je lui ai dit le fond de ma pensée. C’était au moment de son affaire en cour, avant le jugement. Je lui ai dit : tu es avocat et tu veux devenir Premier ministre. C’est tout à fait légitime si tu es le Leader of the House, si tu peux faire régner l’ordre, la justice et la loi. C’est le problème auquel il a à faire face aujourd’hui. À chaque fois qu’il veut mettre de l’ordre, on lui rappelle qu’il a un cas devant le Privy Council, autrement dit, enn lamé anba ros. Il faut rétablir l’autorité à Maurice, c’est ça le problème. Déjà, du temps de Jugnauth père, il y avait un problème d’autorité, l’arrivée de son fils à l’Hôtel du gouvernement n’a pas arrangé les choses. Au contraire.

Retournons à la commission. À quoi va servir le show Veeren ?
Pas à grand-chose, selon moi. La commission aura à faire des enquêtes approfondies sur ses dires pour discerner le vrai du faux. Mais Veeren est déjà venu confirmer ce que tout le monde savait, qu’il est devenu le parrain numéro un.

Comment est-ce qu’on devient le parrain numéro un de la mafia à Maurice ?
En vendant le plus de drogue possible, en étant le mieux organisé, en achetant le maximum de personnes, en contrôlant la prison, que j’avais décrite comme l’université des malfrats. Il ne suffit pas de condamner un drogué mais de faire de la réhabilitation, de la rééducation. Est-ce qu’on en fait ou est-ce qu’on se contente d’entasser des prisonniers dans des cellules en espérant qu’ils vont changer naturellement ? Résultat : ils augmentent leurs “connaissances” pendant leur séjour en prison et sortent plus déterminés que jamais à trouver de quoi se payer leur dose.

Quel sera le mot de la fin de cette interview ?
Il faut que les Mauriciens se réveillent. D’après les statistiques de la FIU, il existe à Maurice 20 000 consommateurs réguliers de drogue qui consomment en moyenne Rs 1 million par an, ce qui fait un marché d’environ Rs 650 millions. Cela génère un environnement de vols, de viols, d’attentats, de violence, de prostitution, de faux kidnappings pour obtenir l’argent nécessaire pour se droguer. Au lieu de lutter contre le fléau, on a fermé la Natresa, qui faisait un bon travail, et interdit la méthadone, qui donnait de bons résultats. Est-ce que tout cela relève du hasard ou d’une volonté de laisser les choses s’empirer ? Comment se fait-il qu’à l’ère de l’informatique on ne dispose pas d’un plan de Maurice avec les zones où est concentré le trafic de drogue ? Pourquoi est-ce qu’il n’existe pas un registre des drogués qui sont des malades qu’il faut soigner ? Le problème de la drogue est devenu à Maurice un public health issue. Il faut adopter des solutions radicales. Il faut mettre les drogués en quarantaine pour les soigner et pour l’exemple, envoyer quelques trafiquants à la potence !

Oh là ! Il semble que vous faisiez partie de ceux qui sont contre la peine de mort
Je suis un abolitionniste, mais pour faire face aux situations extrêmes, il faut des solutions extrêmes. La prison ne réhabilite pas les trafiquants, au contraire, ils sont en train de mieux organiser le trafic. Aujourd’hui, je le répète, les trafiquants contrôlent la prison, sont hyper connectés avec l’extérieur avec leurs téléphones portables. Ce n’est pas le commissaire des prisons qui gère la prison, mais les trafiquants. Les prisons ont été transformées en quartiers généraux de la pègre. La situation est telle qu’il faut se poser des questions, se demander s’il ne faut pas prendre le taureau par les cornes. Si le seul moyen de faire peur aux trafiquants est le rétablissement de la peine de mort, il faut y réfléchir. Sérieusement. Jusqu’à quand allons-nous accepter de vivre dans un pays où les trafiquants gèrent les prisons et organisent le trafic de la drogue ? Faut-il attendre que nos propres enfants soient victimes de cette situation pour commencer à réagir ?