« Pire que du mauvais goût », a lancé ce matin Shakeel Mohamed, avocat et chef de file du Parti travailliste au Parlement, et qui était interrogé par Le Mauricien. Shakeel Mohamed reproche à l’ICAC d’avoir agi « en cachette » puisque celle-ci n’a « rien communiqué » à ce sujet. « C’est dommage et attristant. Ce sont ce genre d’agissements qui défont la confiance de la population dans les institutions », a-t-il poursuivi.

Le député du PTr s’interroge sur le rôle du comité parlementaire de l’ICAC, qui est actuellement présidé par Joe Lesjongard. « Il est vrai que le comité ne peut interférer dans le “day to day work” de la Commission, mais ce qu’elle a fait dépasse le “day to day work”. C’est une information qui aurait dû être communiquée à ce comité. En tout cas, le changement de position de l’ICAC n’est pas bon, ni pour l’image de l’institution, ni pour Pravind Jugnauth », a-t-il dit.

Il ajoute : « Admettons que Pravind Jugnauth gagne son affaire et que les Law Lords acceptent son point de droit tenant en compte le fait que l’ICAC a changé de position et que celle-ci n’entachera pas politiquement sa victoire. Ce serait une victoire avec des zones d’ombre. L’ICAC aurait dû apprendre du bureau du DPP, qui a toujours communiqué sur les prises de position. »

Dans un commentaire d’ordre général, Shakeel Mohamed pense que l’affaire présentement devant le Privy Council « n’est pas gagnée d’avance ». Il poursuit : « Le PoCA ne s’applique pas uniquement à ce cas, mais à tous les autres aussi. »

Toutefois sur la base de son expérience et de quelque 25 ans de pratique au barreau, il considère qu’il y a une probabilité que Pravind Jugnauth « gagne son affaire ». C’est la raison pour laquelle il estime que « la prise de position de l’ICAC risque d’entacher politiquement cette victoire probable ».

Au niveau du MMM, cette affaire est suivie de près. « C’est révoltant », a simplement laissé entendre Paul Bérenger, qui compte revenir plus longuement sur la question lors de la conférence de presse prévue samedi prochain.