À seulement 19 ans, Kimberley Lecourt se pose encore une fois comme l’espoir de l’année féminin. Une victoire, remportée seule contre tous, lors de la course en ligne aux Jeux d’Afrique, et le sacre de la cycliste s’impose comme une évidence. Portrait de l’étoile mauricienne.
Lorsqu’elle commence le vélo à 12 ans, c’est pour faire comme son frère, Olivier, cycliste lui aussi. « En fait, je faisais tout ce qu’il faisait. Il jouait au tennis, moi aussi. Il jouait au rugby, j’ai fait du rugby touch». Un chemin qui la mènera vers la compétition. « Je décide de me licencier à 13 ans ». L’histoire continue, elle monte sur les podiums locaux et nationaux. Parallèlement, elle pense à autre chose. « Je jouais au football. J’avais le choix entre deux carrières ». Mais elle choisira finalement le vélo. « J’étais aux championnats d’Afrique de VTT et j’ai fait quelques courses en élite alors que je n’étais qu’en juniors. Je me souviens avoir terminé cinquième. C’est ce qui m’a permis de me décider ».
Elle fait son petit bonhomme de chemin et signe un premier contrat en 2014 avec Time Freight en Afrique du Sud. De là, elle passera un an plus tard à Matrix Fitness en Angleterre. Le moment pour elle de découvrir le très haut niveau. Elle participera à La Course, une épreuve qui précédera l’arrivée du Tour de France sur les Champs Élysées en juillet dernier. « Je courais contre les meilleures au monde », se souvient-elle.
Nouveaux horizons
De là, elle se rendra ensuite au Congo-Brazzaville, où elle deviendra la première Mauricienne titrée sur une épreuve en ligne. Lorsqu’elle revit les 200 derniers mètres, tout va très vite. « Ça bougeait beaucoup. Il y avait de la tension et de l’excitation dans le peloton ». Elle accélère. « Lorsque je regarde à côté de moi, je ne vois aucune roue. Je savais que j’avais fait le plus dur ».
Deux semaines plus tard, lors d’une réception de la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC), elle ne se rendra toujours pas compte de l’exploit. « J’ai pris beaucoup de temps pour réaliser ce que j’avais accompli ». Et lorsqu’elle entend les félicitations, lorsqu’elle revoit la médaille, elle réalise enfin. Pourtant, dans ce sprint final, elle a affaire à d’anciennes coéquipières, qui ne manquent pas de la féliciter. Mais loin de rester sur ses acquis, elle prendra la direction de l’Espagne, pour la formation Bizkaia Durango labellisée UCI. « C’est en phase avec ma ligne de développement. Le calendrier sera chargé. »
Si tout se passe bien, elle sera au départ du Giro féminin, de la Vuelta et de La Course. « Une grosse saison en perspective ». Une qualification pour Rio 2016 est-elle possible ? « J’espère qu’Aurélie Halbwachs sera de retour et qu’on pourra aller chercher notre ticket ensemble ».
En conclusion, elle nous confie une petite anecdote à son sujet. « Si je n’avais pas été cycliste, j’aurais été footballeuse ». Une vie de sport, en somme.