Triplement sacré aux derniers Jeux des îles en simple hommes, double hommes et en équipes, et victorieux en équipes aux derniers Jeux d’Afrique, Julien Paul, 19 ans, aura confirmé cette saison son ascension au plus haut niveau du badminton mauricien, lui qui avait pris une année sabbatique en 2014 en raison de ses études. Depuis son premier titre national acquis alors qu’il n’avait que 17 ans, le jeune Curepipien n’aura de cesse de se faire un nom dans le giron. Tant et si bien que la rédaction sportive du Mauricien a voulu l’encourager pour la suite de sa carrière en lui attribuant la palme d’espoir masculin de l’année 2015.
Sa première raquette, Julien Paul l’a tenue à l’âge de cinq ans. Cette passion pour le badminton a débuté par un simple jeu familial qui réunissait tout le monde dans la cour pour un moment de détente. Son père, Patrick, se souvient encore des débuts de ses deux fils. L’aîné Christophe étant tout aussi doué pour cette discipline.
« Il avait un physique peu imposant comparé aux autres joueurs. Ce qui m’a surpris, c’est la façon dont il s’amusait à marquer des points. Il était à l’aise, il rigolait », se souvient son père. Depuis, le jeune prodige a gravi les échelons avec notamment le triomphe au tournoi de la CJSOI en 2013, au cours duquel les badistes mauriciens ont réalisé une razzia, et les Jeux d’Afrique des Jeunes l’année suivante où il s’était illustré en simple hommes, double hommes et double mixte.
Rio 2016
Toutefois, le parcours de Julien Paul a aussi connu des embûches. Il lui était difficile d’être inscrit dans un club affilié à l’Association mauricienne de badminton. De plus, un entraîneur l’avait convaincu qu’il n’était pas fait pour ce sport. « À un certain moment, Julien pensait qu’il n’était pas suffisamment bon. Mais il a quand même tout fait pour prouver le contraire », souligne son père.
Par la suite, grâce au soutien de Michael Glover, Chief Executive du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES), qui a financé son transport, ses stages et l’a aidé à se retrouver au collège du Saint-Esprit, où il a terminé sa dernière année d’études en 2014, il s’en est bien sorti. « Je dois beaucoup au TFES et à travers mes succès aux JIOI, je voulais prouver que tout cet investissement en valait la peine », affirme Julien Paul.
Au bout du compte, cette triple consécration aux JIOI n’a pu que lui apporter un immense bonheur. « Nous avons démontré que nous sommes les meilleurs de la région et cela constitue une grande joie de remporter des médailles pour son pays », affirme celui qui est passé sous la houlette d’Anirao Dajee et Sylvain Hennequin à ses débuts, puis Stephane Beharry au collège du Saint-Esprit.
Effectuant actuellement une tournée en Afrique du Sud et au Botswana, Julien Paul a déjà les yeux braqués sur la qualification olympique de Rio en 2016 (5-21 août). « Ce sera mon objectif, même si c’est un peu trop juste. Mais à défaut de l’atteindre, je viserai l’échiquier africain l’année prochaine. Devenir n°1 ne me paraît pas aussi inaccessible. Dans un peu plus d’une année et en comptant avec une bonne préparation et plus de tournois relevés, je crois que ce sera possible en 2017 aux prochains championnats d’Afrique ».
En évoquant ses études qu’il compte poursuivre l’année prochaine à l’université, Julien Paul envisage de se spécialiser en kinésithérapie pour y entamer une carrière professionnelle en rester ainsi proche du milieu sportif.