Un motocycliste était poursuivi pour avoir menacé un policier en service. En cour, le magistrat a relevé de nombreuses incohérences dans la version du plaignant. Le magistrat a également conclu que l’accusation faite par le constable avait pour but de contrer celle faite par le prévenu. Le motocycliste soutient avoir été agressé par le policier et avait présenté un formulaire 58 à cet effet.
Le magistrat Prithiviraj Balluck, siégeant en Cour correctionnelle de Port-Louis, a abandonné les charges contre un motocycliste poursuivi sous une charge de “molesting a Public Officer”, en violation avec les articles 3 (1) (a) et 2 de la Public Officer Protection Act. La présumée victime, un policier, avait, selon le magistrat, une version « confuse et incohérente ».
Les faits allégués se seraient déroulés le 20 mai 2009 sur la route principale de Grande-Rivière. Selon la version de la victime alléguée, policier de son état, ce dernier régulait le trafic se dirigeant vers Coromandel à partir de Port-Louis, à proximité d’un passage pour piétons. Selon lui, alors que des piétons s’apprêtaient à traverser, le motocycliste serait arrivé à toute vitesse et aurait dépassé une série de véhicules, forçant ceux qui devaient traverser la route à attendre qu’il passe d’abord. Le policier aurait alors interpellé le motocycliste, qui s’est arrêté à quelques mètres. Alors qu’il aurait entamé son contrôle de routine pour s’assurer que le motocycliste était en règle, ce dernier, qui n’aurait pas aimé la façon de faire de l’officier de police, se serait alors mis à l’insulter. Il lui aurait, entre autres, lancé « zordi to pou kone ar ki tonn gagn zafer ».
Toutefois, le magistrat devait déceler de nombreuses incohérences entre les versions du policier données en cour et lors de sa déclaration. Le point majeur relevé est que le policier n’avait pas fait mention des détails entourant l’arrestation du motocycliste dans sa déclaration.
Le motocycliste avait, lui, plaidé non coupable, réfutant ainsi les allégations portées à son encontre. Selon lui, le policier l’avait malmené parce qu’il avait l’intention de porter plainte contre lui pour son mauvais comportement. Le motocycliste soutient également avoir été agressé par le policier et a présenté un formulaire 58 qu’il a reçu avant d’aller se faire soigner à l’hôpital Jeetoo pour de légères blessures au visage.
Considérant les incohérences dans la version du policier, le magistrat a de plus noté que son accusation contre le motocycliste avait été logée deux mois après l’incident, retard que ledit policier n’a pu expliquer en cour. Dès lors, le magistrat est arrivé à la conclusion que l’accusation portée par l’agent de police avait comme but de contrer celle faite par le prévenu à son égard. Le bénéfice du doute a été accordé au motocycliste.