Si le mercredi saint, dans l’Église catholique, ne comporte aucune cérémonie particulière, il est bon de rappeler l’histoire qui y est rattachée en amont de la Passion de Jésus et de sa résurrection. En effet, parfois appelé aussi mercredi de l’espion, ce jour renvoie à Judas Iscariote qui, après avoir conspiré avec le Sanhédrin pour trente pièces d’argent, livre Jésus dans la Bible.
La semaine sainte commence par le dimanche des Rameaux. Quant aux lundi, mardi et mercredi saints, ils sont aussi connus comme les jours du Fiancé. Pour les croyants, ces trois jours évoquent par métaphore les noces du Christ avec l’humanité ; noces qui seront consommées dans le mystère pascal. Les fidèles préparent ainsi leur coeur durant ces jours, veillant dans la foi, en attendant l’arrivée de l’époux. Si aucune cérémonie particulière n’a lieu ce jour, la messe chrismale, normalement célébrée le jeudi matin, peut être avancée et donc célébrée le mercredi saint.
Le mercredi saint, Judas prépare sa trahison. Jésus vit ses ultimes moments avec ses disciples et leur donne les ultimes paroles en guise de testament. Il dit : « Mon temps est proche ! ». Dans son évangile, Saint Matthieu raconte : « Alors l’un des Douze, appelé Judas Iscariote, alla trouver les grands prêtres, et dit : ‘Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai?’.  Et, ils lui fixèrent trente pièces d’argent. Depuis ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus ». Selon le site opusdei.fr, si l’Église se souvient de ce triste événement, c’est « pour que nous prenions conscience que nous pouvons tous nous comporter comme Judas. Pour que nous demandions au Seigneur que, de notre côté, il n’y ait ni trahisons, ni éloignement, ni abandon. Non seulement à cause des conséquences négatives que cela pourrait induire dans nos vies personnelles, et cela serait déjà une raison suffisante. Mais également parce que nous pourrions entraîner d’autres personnes, qui au contraire ont besoin de notre bon exemple, de nos encouragements, de notre amitié. (…) ».
Même si les péchés de Judas et de Pierre furent grands, l’un en le livrant à ceux qui le poursuivaient et l’autre en le reniant trois fois, Mgr Echavarria, prélat de l’Opus Dei, souligne les réactions différentes des deux face à la miséricorde et au pardon de Jésus. « Le Seigneur gardait pour chacun d’entre eux des torrents de miséricorde. Pierre s’est repenti, il a pleuré son péché, il a demandé pardon, et il a été confirmé par le Christ dans la foi et dans l’amour ; avec le temps, il finira par donner sa vie pour notre Seigneur. Judas, en revanche, n’a pas fait confiance à la miséricorde du Christ. Les portes du pardon de Dieu lui furent ouvertes jusqu’au dernier moment, mais il n’a pas voulu les franchir au moyen de la pénitence. »
La semaine sainte a pour but de commémorer la passion du Christ, avant Pâques. Le Triduum pascal de la Passion et de la Résurrection du Christ commence demain, jeudi. Pour les chrétiens, ces trois jours représentent le paroxysme de l’année liturgique car c’est par sa mort que le Christ a détruit la mort et c’est en ressuscitant qu’il a restauré la vie.