Le Messager Étoilé

A la fin de l’hiver, 1633, après un dur voyage de vingt-cinq jours venant de Florence, Galileo Galilei arriva à Rome pour être examiné pour hérésie par l’Inquisition. Le faible vieillard de 69 ans avait essayé de retarder ce voyage aussi longtemps que possible, espérant toujours que, avec le temps ses théories deviendraient plus compréhensibles aux théologiens de l’Eglise. Cependant, les menaces de Rome lui avaient rendu inévitable de se présenter devant les inquisiteurs, et, finalement, l’aura menaçante entourant l’Inquisition, força Galilée à renoncer à ses croyances sous serment.
La croyance de Galilée dans le Système de Copernic avait été longtemps la cause de controverses dans l’Eglise romaine. Un siècle auparavant, l’astronome polonais Copernic avait révélé sa théorie selon laquelle la terre tournait journellement sur son axe – la terre et d’autres planètes tournant en orbite autour du soleil. Ces idées sont familières aux modernes, mais à cette époque elles allaient à l’encontre de ce qu’enseignait l’Eglise qui basait ses saints enseignements sur la théorie démodée d’Aristote. Résolument, Galilée mit tout son esprit à essayer de convaincre l’Eglise du bon sens de la théorie de Copernic.
Galilée était devenu un savant célèbre à la suite de son invention de la balance hydrostatique, à l’âge de 22 ans. En tant que professeur dans les universités de Pise, de Padoue, et plus tard de Florence, Galilée passe beaucoup de temps à entreprendre des recherches sur les mathématiques, la mécanique et l’astronomie. Ses œuvres les plus durables concernent la branche de la mécanique à laquelle il appliqua des principes scientifiques. Ses écrits sur la dynamique illustrent clairement sa juste compréhension des lois du mouvement formulées plus tard par sir Isaac Newton.
Cependant, le nom de Galilée fait penser à la longue-vue, bien qu’elle ne soit certainement pas longue pour son inventeur ; il saisit, néanmoins, rapidement son utilité comme dépassant largement celle d’une simple longue-vue. Stimulé par les théories de Copernic concernant le système solaire, Galilée construisit en 1610, une lunette astronomique puissante et la pointa sur le ciel étoilé, commençant ses sérieuses recherches. Au cours des mois, son petit livre « Le Messager étoilé », apportait les nouvelles de ses observations célestes au monde scientifique.
Encouragé par les dissensions qui existaient au sein de l’Eglise sur les théories discutables, Galilée prit fermement position en faveur des théories de Copernic sur les taches solaires (1613). La controverse qui s’ensuivit attira l’attention du Pape. Pourtant, Galilée étant convaincu que s’il persistait, l’Eglise finalement se rangerait à son point de vue.
Ce fut un livre : Les Deux Principaux Systèmes du Monde (1632) qui l’amena devant l’Inquisition pour y être jugé. Ecrite sous forme de dialogue, cette œuvre-maîtresse présentait les idées de Copernic d’une manière claire et populaire. Même dans sa retraite forcée, Galilée publia « Deux nouvelles Sciences » (1638)  -  une œuvre de valeur résumant ses travaux dans le domaine de la dynamique.
La croyance obstinée dans la nécessité de l’indépendance en matière de recherches scientifiques lui valut des ennemis – mais aussi des amis –  même au sein de l’Eglise. Sa persistance, pendant de nombreuses années à essayer de changer la ligne de conduite de l’Eglise, est admirable ; cependant, sa personnalité humaine l’empêcha de devenir un martyr, soit pour la science, soit pour la religion. Il avait foi en ses croyances, mais il aimait encore plus la vie. Pour Galilée, le monde était fascinant et réclamait l’investigation.