METRO EXPRESS - EN PRÉVISION DES TRAVAUX : Billboards, deux semaines pour tout enlever entre Cpe et PL

Les compagnies du secteur prises de court par cette décision de la RDA

C’est le grand bouleversement dans le secteur de l’affichage depuis quelques jours. La Road Development Authority (RDA) a avisé plusieurs compagnies qu’elles devront retirer les panneaux se trouvant sur le tracé du métro. Beaucoup refusent de commenter ce court délai de 15 jours qui leur a été imposé, craignant des répercussions.

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe pour certaines compagnies engagées dans l’affichage. Avec le « démarrage imminent » des travaux du projet Metro Express, elles devront enlever plusieurs panneaux se trouvant sur le tracé. Un avis paru dans la presse ce matin leur apprend qu’elles ont 15 jours, à compter de la date de parution, pour faire le nécessaire. Faute de quoi des actions, sous les sections 22 et 23 de la Roads Act, seront entreprises.
Pour certains, cette nouvelle vient bouleverser tout un plan de travail et des campagnes déjà programmées. Fait rarissime : pour une fois, les publicitaires refusent d’intervenir dans la presse. La plupart de ceux contactés se sont montrés frileux, évoquant un sujet « sensible » et la crainte de « répercussions ».
Ceux qui ont accepté de s’exprimer l’ont fait sous le couvert de l’anonymat pour les mêmes raisons. Le responsable d’une compagnie nous apprend ainsi que ce n’est que la semaine dernière qu’il a reçu une lettre lui indiquant qu’il devra faire enlever un certain nombre de ces panneaux. « Le gros problème pour nous, c’est le court délai qui nous a été accordé. Quinze jours, c’est vraiment peu. Nous avons déjà des campagnes en cours. Qui plus est, nos billboards se trouvent sur un “prime site” et les clients ont investi gros pour ce site en particulier. »
Ce dernier ajoute qu’il aurait fallu un délai d’au moins trois mois. « Les clients préparent leur campagne bien à l’avance. C’est toute une stratégie qui a été mise en place et qu’on vient interrompre au beau milieu. Il nous faut maintenant tout revoir avec nos clients et nous ne savons pas non plus comment procéder quand les clients ont déjà investi gros dans ces campagnes. »
Un autre directeur fait, lui, le parallèle avec les terrains acquis par l’État pour ce projet. Il souligne que les négociations ont commencé depuis longtemps avec les propriétaires concernés. « Pourquoi n’a-t-on pas fait de même avec nous ? » se demande-t-il.
Les afficheurs disent également ignorer si d’autres endroits leur seront attribués pour placer les billboards. « Pour le moment, tout ce que nous savons, c’est qu’il faut retirer les panneaux. Nous n’avons aucune indication à l’effet de savoir si on nous accordera un autre espace ni même quelle sera sa distance avec l’autoroute ou le tracé du métro… Tout cela entre en jeu quand on vend un espace publicitaire. »
Selon l’avis publié par la RDA, le tracé du futur métro concerne les endroits suivants : Swami Vivekananda Avenue (B63), l’autoroute M1, entre Phoenix et Saint-Jean, Place Margéot, Rose Hill, rue Vandermesch, le rond-point de Beau-Bassin, Cité Barkly, Beau-Bassin, Richelieu, GRNO, Old Moka Road, rue Maupin, ainsi que du Caudan à l’Immigration Square, Port-Louis.
Selon les afficheurs qui se sont exprimés, ce court délai provoquera des bouleversements dans ce secteur. On regrette également qu’aucune communication n’a été faite concernant ces changements et le type d’espace prévus avec les nouveaux aménagements pour le futur métro.


PLATEFORME ANTI-MÉTRO : 200 signatures pour le lancement de la pétition
C’est au Jardin de la Compagnie que la Plateforme Anti-Métro (PAM) a démarré hier sa collecte de signatures pour la pétition contre le projet Metro Express. Selon le porte-parole, Jayen Chellum, en une heure et demie, environ 200 signatures ont été recueillies. Par ailleurs, la plateforme a écrit au ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, réclamant la publication du rapport de Singapore Corporation Enterprise avant la reprise des travaux parlementaires.
« Sans grand support, nous avons pu recueillir environ 200 signatures pour cette première opération. Cela démontre que beaucoup de Mauriciens ne sont pas d’accord avec le Metro Express, mais qu’ils n’avaient pas les moyens de l’exprimer. » C’est en ces termes que Jayen Chellum a dit sa satisfaction après le lancement de la pétition hier.
Il affirme que la plateforme poursuivra sa stratégie de pénétration dans le pays afin de permettre à un grand nombre de Mauriciens de donner leur avis sur la question. « A ceux qui n’ont pu signer, je leur dis de ne pas s’inquiéter : nous viendrons vers vous. Car il est important que le gouvernement sache ce que pense la population. »
Par ailleurs, la PAM réagit également à la récente déclaration de presse disant que ce n’est pas le ministère qui a commandité le sondage de DCDM. « Si ce n’est pas le ministère, cela doit être Metro Express Ltd ou DCDM lui-même. Qu’y a-t-il à cacher ? » Nando Bodha ayant signifié l’intention de rendre le rapport de Singapore Corporation Enterprise disponible à la prochaine rentrée parlementaire, la plateforme l’a invité, à travers un courrier, à le faire avant. « Pourquoi attendre trois mois alors que c’est un sujet d’intérêt public et que les gens se posent des questions ? » Jayen Chellum rappelle également avoir écrit au président de Metro Express Ltd à ce sujet et qu’à ce jour, aucune réponse n’a été obtenue.