METRO EXPRESS : Le PMSD relève des « hidden costs » le long du tracé

Augmentation du prix des carburants : « C’est pou paye Betamax sa kass là », dit Xavier Duval

Le gouvernement est en train de prendre les Mauriciens pour des « idiots » lorsqu’il avance que le Metro Express coûtera Rs 18,8 milliards. C’est ce qu’estime le leader de l’opposition, Xavier Duval, qui a abordé la question hier, lors de la conférence de presse. « Combien de hidden costs y a-t-il le long du tracé ? » se demande-t-il, et qualifie de « lamentable » l’exercice de communication qui a été présenté lundi dernier. Le président du PMSD, Robert Pallamy, déclare que son parti ne souhaite pas faire de démagogie, mais veut voir plus clair dans ce projet. Il relève qu’il n’y a pas eu de vrais débats sur un mode de transport alternatif, qu’il s’agisse du Métro Léger ou du Bus Rapid Transit System recommandé par la Banque mondiale. Selon lui, c’est un choix imposé à la nation. Après analyses du dossier, le PMSD soutient que les Rs 18,8 milliards avancées ne reflètent pas le coût réel du projet. « Il faut à cela ajouter les consultancy fees très élevés associés à ce projet, les frais pour la déviation du trafic, les frais de reconstruction des infrastructures qui seront détruites sur le parcours… Tout ceci a été tu », déplore le parti.
Autre rajout à prendre en considération dans le coût réel, l’appréciation du dollar, pour ce qui est du prêt avec l’Inde. Faisant ressortir que le taux du dollar face à la roupie connaît une ascension fulgurante en général, le président du PMSD estime qu’avec l’excès de liquidité sur le marché, l’emprunt effectué en dollar et non en roupie sera exacerbé. C’est la raison pour laquelle le coût réel du projet Metro Express reviendra plus cher que mentionné par le gouvernement, fait-il ressortir.
Robert Pallamy déplore qu’aucune étude de faisabilité n’ait été menée : « Georges Cheung a fait un copy-paste sur le projet d’Edimbourg. Ce sont des suppositions sur un dossier d’importance nationale. Plusieurs paramètres n’ont pas été pris en considération aussi. » A titre d’exemple, il cite l’apport de Rs 100 M qui devrait être généré par la publicité, selon les autorités. « Ce chiffre avancé est basé sur quoi ? Quelles sont les compagnies qui voudront investir Rs 100 M en vue de toucher uniquement 50 000 passagers ? » Il s’interroge aussi sur la durée du trajet en métro et le temps d’attente de 6 minutes entre chaque train : « Pourquoi 6 minutes et pas 7, ou même 3 ? » D’autres projets sous la responsabilité de Georges Cheung — à l’instar du club de foot national — sont tombés à l’eau, affirme le président du PMSD. « Eski kapav mette le plus gros projet de Maurice entre les mains d’un rêveur ? ». Et il fait remarquer que « la vitrine technologique de Maurice, la cybercité d’Ebène, n’est pas reliée au système de transport urbain. Une aberration de plus ! »
S’agissant du coût du ticket de métro, le PMSD estime que, puisque c’est dans deux ans que Port-Louis sera rallié à Curepipe par voie ferrée, le prix sera donc de Rs 50. Rappelant que ce projet ne touchera d’abord que les gens entre Port-Louis et Curepipe, et ce, seulement après la deuxième phase, Xavier Duval estime que peu de gens voyageront par métro. Selon lui, un habitant de Mahébourg préférera voyager en autobus, à Rs 37 le ticket pour se rendre directement à Port-Louis, au lieu de débourser Rs 34 pour un trajet en autobus de Mahébourg à Curepipe et encore Rs 37 pour le trajet en métro de Curepipe à Port-Louis.
Hausse du ticket d’autobus
Le PMSD s’interroge également sur les mesures de protection de l’environnement qui seront appliquées, relevant qu’il sera, avec l’introduction de Metro Express, question de pollution sonore également. Le leader de l’opposition déplore de même qu’avec l’exemption de la Metro Express Ltd de la Public Procurement Act, il devient impossible légalement de faire des contestations devant l’Indépendant Review Panel. Ce alors que de gros contrats vont être alloués « à tort et à travers ».
« Il est impossible au commun des mortels de comprendre le projet Metro Express, tel que l’a présenté le gouvernement », a lancé leader de l’opposition, d’où il résulte que « pe pran nou pou bann idiots. Pe embet dimoun en disant que le prix du métro sera le même que celui du bus ». Il relève ainsi que si le prix du ticket de métro atteint Rs 50, cela signifie que le prix du ticket d’autobus atteindra aussi Rs 50 dans deux ans. « Ça zot pas dire », note-t-il et ajoute que d’ici deux ans, il y aura toujours plus de voyageurs par autobus que par le métro. Le PMSD souhaite plus de transparence sur ce dossier et réclame que « tous les hidden costs soient révélés au public ».
Toujours sur le plan du transport, le PMSD s’est attardé sur la hausse du prix des carburants effective depuis hier. Par la voix du candidat bleu à Quatre Bornes/Belle-Rose, Dhanesh Maraye, expert comptable de formation, le parti soutient que la vraie raison derrière cette augmentation relève du repaiement des Rs 5 milliards par le gouvernement s’agissant de l’affaire Betamax. Soutenant que le prix à l’importation est de Rs14.80 qui, rajouté au wholesale and retail margin tournant autour de Rs 5 généralement, le prix réel de l’essence est Rs 19.80, il avance que Rs 25 additionnelles sur les Rs 44.90 au litre à payer pour l’essence représentent « taxe ki pe rente dans poss gouvernma ». Et, selon lui, avec la décision de la Cour d’arbitrage, le gouvernement a imposé une charge de Rs 25 000 par tête de chaque tax payer mauricien. Or, « il aurait été plus bénéfique que le Red Eagle effectue le transport du carburant entre Mangalore et Maurice », fait ressortir Xavier Duval.
La conférence de presse d’hier a été l’occasion pour les Bleus de procéder à la présentation du nouvel adhérent au PMSD, Koomaren Chetty. Le candidat déchu du MSM aux élections de 2014, qui soutient avoir été évincé des instances du parti après sa démission de Landscope Mauritius, a dit que c’est la désorganisation au sein du MSM qui l’a poussé à se tourner vers le PMSD, un parti qu’il estime « ouvert et où le leader est disponible ». Il a assuré de son soutien au PMSD pour les élections partielles au No 18.

Taxi d’hôtels : « reprendre le dialogue »
Le leader de l’opposition a aussi commenté la situation dans l’industrie touristique relative notamment aux taxis d’hôtels qui ont manifesté leurs griefs cette semaine. Xavier Duval a rappelé qu’il a lui-même, alors qu’il était ministre du Tourisme, présidé le High Powered Committee sur la question. Il était convenu qu’il y aurait une limitation du nombre de chauffeurs driven cars possédées par les tours opérateurs afin de donner la chance à tous les acteurs de gagner leur vie. Il était aussi question de rationalisation du nombre de taxis en fonction du nombre de chambres d’hôtel afin qu’il y ait au minimum un taxi pour dix chambres d’hôtel. « Outre l’instauration des taxis au sein des hôtels, il était convenu que les chauffeurs de taxi devaient afficher leur prix et avoir des taximètres dans leur véhicule. Tout cela avait été convenu dans un rapport approuvé par le Conseil des ministres. Mais aujourd’hui tout ceci semble remis en question », déplore le leader du PMSD.
Soodhun aux Casernes : « Enn cout zess »
La situation des squatters de Coteau-Raffin, dont les maisons ont été détruites la semaine dernière, a aussi été abordée par le leader du PMSD qui s’en est pris au ministre des Terres et du Logement, lequel « a failli à sa tâche quant au relogement des squatters ». Il note que « pe met dimoun lors lai alors li pena open housing policy. Oken lakaz ki gouvernement ine construir penkor livrer ».
Pour ce qui est de l’affaire des menaces de mort à son égard, Xavier Duval a aussi critiqué Showkutally Soodhun et la police. C’est une enquête « menti-menti » en cours, « ek enn cout zess, Soodhun finn ale directement dépi l’aéroport jusqu’à Casernes lundi, parski mardi, ti ena l’anniversaire 250 ans, kot li ti pe suiv parade ». Il estime par ailleurs que et le Premier ministre et le porte-parole du gouvernement Etienne Sinatambou, qui n’y voient « rien de grave », ont donné des instructions à travers la presse, de la manière dont l’enquête doit être conduite, d’où, infère-t-il, que Maurice est devenue une république bananière. Quoi qu’il en soit, dit Xavier Duval, le PMSD espère que le DPP pourra redresser la situation « qui démontre clairement que très peu d’institutions fonctionnent ». Autrement, le PMSD aura recours à une private prosecution.
Par ailleurs, interrogé sur la situation dans les hôpitaux et les griefs des médecins concernant le shift system, Xavier Duval a fait ressortir que c’est une bonne chose. Selon lui, « il ne faut pas que les patients souffrent du service parce qu’un médecin est resté 48 heures au travail sans être rentré chez lui ». Pour Xavier Duval, il est temps de redistribuer les savings effectués sur les heures supplémentaires, pour l’avancement du service dans nos hôpitaux.