Après avoir soumis un mémoire contenant cinq points au gouvernement jeudi dernier, le Union Joint Panel, regroupant quatre syndicats du transport, à savoir l’Association Travailleurs Transport Autobus, la United Bus Service Employees Union, la Bus Industry Traffic Union et la Bus Industry Staff Association, attend de pied ferme la rencontre avec le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, et ses officiers ce jeudi 24 août. Les discussions porteront essentiellement sur le projet Metro Express car les travailleurs du transport public craignent pour leur avenir professionnel. Les membres des syndicats souhaitent, à travers cette première prise de contact, des explications sur plusieurs points qu’ils estiment encore obscurs.
Selon Gessiyka Frivet, secrétaire de l’union, la première demande concerne l’acceptation d’un accord tripartite pour discuter des conditions de travail qui doivent être respectées. « Même si nous ne sommes pas contre le projet de metro Express, nous ne voulons aucun changement dans notre travail. Le gouvernement devra nous donner des garanties que personne ne perdra son emploi et que nos droits acquis resteront les mêmes », dit-elle. Mais pour le moment, estime-t-elle, il n’y a aucun doute, les travailleurs perdront leur emploi avec l’avènement du métro.
Parmi les demandes des syndicats, la mise en place d’un Voluntary Retirement Scheme pour ceux qui souhaitent prendre leur retraite s’ils ne trouvent pas leur place dans l’industrie du transport après la réalisation du Metro Express. Pour cela, la syndicaliste souhaite l’implication de l’UJP dans les discussions avec le gouvernement. L’UJP demande aussi qu’un fonds spécial soit mis à la disposition des travailleurs pour la formation pour développer d’autres capacités dans l’éventualité qu’ils soient appelés à s’occuper d’autres postes.
Par ailleurs, la colère des membres de l’UJP était palpable mercredi matin lors de leur conférence de presse au centre Marie Reine de la Paix à Port-Louis. Présente lors de ce rassemblement important, Gessiyka Frivet n’a pas mâché ses mots à l’encontre de Pravind Jugnauth. « C’est triste qu’un Premier ministre parle de la sorte de nous alors que nous faisons tourner l’économie du pays », a-t-elle dit en se basant sur une déclaration de ce dernier qui avait déclaré « laisse zot fer zot lagrev, zot ava koné ki mwa. » Pour Gessiyka Frivet, une grève de la faim des employés du transport est déjà envisagée.
Les paroles du PM ont aussi agacé le président de l’UBSEU, Gorah Enathally. « Le langage utilisé par le Premier ministre n’est pas correct alors que c’est nous qui l’avons placé au gouvernement. » La déclaration du PM est prise comme une « menace » par Gorah Enathally, qui n’arrêtera pas son combat si une solution n’est pas trouvée pour assurer l’avenir des employés du secteur du transport. « Que fera-t-il si tous les travailleurs du transport décident de s’allier ? » La crainte des syndicats est la perte d’emplois d’environ 500 personnes. « Le gouvernement a-t-il prévu un plan pour ceux qui perdront leur emploi », se demande quant à lui Parmanand Runglall, président de BITOU. Il exprime ses inquiétudes au sujet des employés qui ont des dettes, une famille à nourrir. 
« Nou pena enn sou confians dan sa guvernma-la », lâche Gorah Enathally. Si les cinq points soumis au ministère des Infrastructures publiques ne sont pas acceptés, le recours à une grève de la faim n’est pas écarté. Cette grève, selon les syndicats, attirera aussi les autres employés du secteur du transport qui pourraient se trouver au chômage.
Par ailleurs, des familles qui habitent La Butte ont également exprimé leur colère sur la manière dont est mené le projet Metro Express. Elles devront évacuer les lieux au plus vite. Plusieurs habitants regroupés sous l’Union sociale développement et le mouvement Debout Citoyen expriment pour leurs part leurs craintes sur les risques de glissement de terrain à La Butte.