Le procès intenté à l’homme d’affaires Sud-africain Peter Wayne Roberts pour le meurtre de sa petite amie, Lee Ann Palmarozza, retrouvée morte dans la piscine de l’Anahita Resorts, a été ajourné à mardi suite à une motion soulevée par l’avocat de la défense, Me Gavin Glover, SC. L’homme de loi de l’accusé objecte au témoignage de Rajiv Jeebodh, skipper à Anahita, par rapport à un incident qui se serait produit à l’hôtel durant le séjour du couple sud-africain. Après avoir écouté les arguments en droit des deux parties, le juge Benjamin Marie-Joseph fera connaître son “ruling” mardi, décision qui pourrait faire prendre une tout autre tournure à cette affaire.
Lors des plaidoiries les deux hommes de loi, après avoir soulevé plusieurs points de droit, ont demandé au juge de trancher pour un “fair trial” tant du côté de la poursuite que la défense. D’autres employés de l’Anahita, qui devront témoigner dans les jours à venir, pourraient aussi être concernés par cette motion. Ce procès a débuté le 14 mars et pas moins de 11 témoins ont été entendus jusqu’ici. Le frère de Lee Ann Palmarozza, Shawn Palmarozza, qui a fait le déplacement à Maurice en tant que témoin de la poursuite, devrait déposer la semaine prochaine.
Durant ces deux semaines, le témoignage du Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui avait pratiqué l’autopsie de Lee Ann Plamarozza, a été le plus long. Le médecin légiste avait attribué la cause du décès à une asphyxie due à la noyade et avait révélé que la victime portait plusieurs blessures internes et externes, qui avaient été causées avant sa mort. En outre, elle avait la vésicule biliaire perforée et présentait des blessures profondes au cou qui, selon le Dr Gungadin, démontraient qu’elle avait reçu des coups violents à l’abdomen et aurait été étranglée et plongée sous l’eau en même temps. L’accusé avait demandé une contre-autopsie de sa petite amie, qui avait été pratiquée par le Dr Satish Boolell. Dans ses conclusions, ce dernier avait soutenu que les blessures que portait la victime avaient été causées après sa mort par l’exercice de réanimation. Confronté à ce deuxième rapport, le Dr Gungadin avait maintenu que ses blessures étaient ante mortem et que l’exercice de réanimation ne peut causer de tels dégâts internes à une personne. Appelé à la barre des témoins après le médecin légiste, la pathologiste, le Dr Devi Sookamanee, du département d’histopatholgie de l’hôpital Candos, avait confirmé les observations du Dr Gungadin. Elle avait analysé des échantillons de poumons, du foie et du cerveau de la victime. Le Dr Sookamanee avait déclaré en cour que la rupture de la vésicule biliaire de Lee Ann Palmarozza était due à un traumatisme et avait écarté la thèse que la jeune femme avait des problèmes de foie dus à l’alcool.
À l’ouverture du procès, l’enquêteur qui avait travaillé sur cette affaire avait déposé. À la découverte du corps de Lee Ann Palmarozza, Peter Wayne Roberts avait consigné quatre dépositions à la police en tant que témoin. Il avait expliqué à la police qu’il était arrivé à Maurice le 23 décembre 2014 et que sa petite amie l’avait rejoint le 26 décembre. Elle venait souvent passer des vacances avec lui dans sa villa à l’Anahita Resorts, à Beau-Champ. Ce jour-là, ils avaient passé toute la soirée ensemble et, selon l’accusé, la victime avait beaucoup bu et était dépressive. Selon sa version des faits, à un moment, ils s’étaient disputés car Lee Ann Palmarozza lui reprochait de ne pas lui donner assez d’attention. À un certain moment, il l’avait laissée et était parti prendre une douche. À son retour, la jeune femme était introuvable. C’est là qu’il a commencé à alerter le personnel de l’hôtel. Lee-Ann Palmarozza avait été retrouvée sans vie dans une piscine de l’Anahita Resort dans la nuit du 28 au 29 décembre 2014. Alors que Peter Wayne Roberts avait déclaré qu’il allait se mettre à la disposition des enquêteurs et qu’il ne devait rentrer en Afrique du Sud que le 11 janvier, Peter Roberts avait néanmoins tenté de quitter Maurice le 2 janvier. C’est là que la police avait procédé à son arrestation. Il avait alors fait valoir son droit au silence.
Par ailleurs, lors de son témoignage en cour, le Dr Bandhu, médecin des urgences, qui était sur place ce jour-là, avait fait un long exposé des méthodes utilisées pour réanimer Lee Ann Palmarozza. Il avait simulé, étape par étape, les procédures qui avaient été adoptées en utilisant un mannequin pour remplacer le corps de la victime ainsi que tous les équipements qui avaient été utilisés ce jour-là. Les membres du jury ont pu faire un constat de visu ce que qui s’était passé le jour du drame. Le Dr Bandhu avait précisé avoir pratiqué plus de 10 000 réanimations dans sa carrière et qu’aucun patient n’avait été blessé au cours de cet exercice.
Le procès reprend mardi et le “ruling” du juge Benjamin Marie-Joseph devrait faire prendre une tout autre tournure à cette affaire.