MGR IAN ERNEST : Nous avons trop tendance à tout politiser à Maurice

Notre invite de ce dimanche est Mgr Ian Ernest, évêque anglican de l’île Maurice. Dans cette interview, réalisée vendredi matin, il développe quelques points de son mandement de Carême et partage son analyse de la situation sociale internationale et locale.

Votre Lettre pastorale de Carême fait cinquante pages. Est-ce que ce n’est pas paradoxal dans un monde où on lit de moins en moins et où, quand on le fait, on préfère les écrits courts, pour ne pas dire les résumés ?
Le mandement de Carême est avant tout une instruction pastorale qui permet aux croyants de prendre du recul par rapport à leur relation avec Dieu. Le carême n’est pas une période où l’on fait des sacrifices, mais un temps de purification, de renouvellement et de prise de recul. Le mandement est en cinq chapitres, une par semaine que dure cette période particulière. C’est vrai qu’on lit de moins en moins et qu’on va vers le court, le facile, mais la réflexion spirituelle demande de la profondeur, ce qui explique que le mandement compte une cinquantaine de pages.

Autre paradoxe : vous êtes le chef de l’Eglise anglicane, mais vous publiez votre mandement en français.
Nous sommes une église mauricienne avec des racines anglaises. Pour être crédibles, nous ne pouvons pas vivre avec des idées et une culture qui viennent d’ailleurs. La langue dans laquelle j’écris le plus souvent est le français, mais nous avons une traduction anglaise, ainsi qu’une version audio de la lettre en créole pour faciliter sa compréhension. Ensuite, je fais le tour des paroisses pour expliquer les motivations de cette lettre et engager le dialogue avec les paroissiens.

Vous souhaitez dans ce mandement que votre église devienne «plus accueillante, plus enseignante et plus aimante ». Elle l’est de moins en moins ?
Je ne dirais pas cela. Les choses ont évolué, la culture de notre temps fait de nous des personnes de plus en plus renfermées sur nous-mêmes. Nous sommes beaucoup plus centrés sur nos intérêts, nos affaires à protéger. Nous devrions avoir une autre attitude portant en elle un élément transformateur pour que la société dans laquelle nous vivons puisse être transformée et devenir davantage accueillante. Quand je parle d’une église plus accueillante, je définis la mission qui est la nôtre aujourd’hui. Si nous ne sommes pas capables de nous accueillir au sein de notre église, comment pourrions-nous accueillir les autres ? C’est une réflexion qui appelle un constant renouvellement de ce que nous sommes appelés à être. Nous devrions être à la hauteur des enseignements de l’évangile, ce qui est difficile dans un monde qui ne cherche qu’à assouvir les satisfactions personnelles. Nous devons avoir pour démarche constante de nous ouvrir aux autres parce que, comme l’a écrit Albert Schweitzer, nous avons besoin d’avoir une référence pour la vie. Nous sommes dans l’ère des slogans et des raccourcis qui mènent au renfermement sur soi. Il ne suffit pas de constater que cette situation peut mener à une explosion sociale et ne rien faire pour l’empêcher. Il faut réagir, s’engager pour changer la situation.

André Malraux disait que le XXIe siècle serait celui de la religion. Or nous sommes en face de religions de plus en plus frileuses, renfermées sur elles-mêmes, mal à l’aise, sur la défensive avec des extrêmes qui en donnent une vision revancharde et guerrière.
La religion est un système qui contient certaines valeurs avec des rites et des rituels. La religion est un système qui nous accompagne dans notre démarche spirituelle. Il ne faudrait pas que la religion devienne une fin en elle-même. Il faudrait que nous ayons une destinée, une volonté et une action commune vers la communion avec Dieu. La religion peut être ce moyen si elle ne se renferme pas sur elle-même, dans son système. C’est pourquoi les églises à travers le monde doivent promouvoir cet esprit d’ouverture, ce mouvement vers l’autre pour servir l’être humain. Cela a été toujours le même défi et les mêmes difficultés au fil des siècles. Aujourd’hui, nous avons d’autres éléments qui sont présents et qui, pour moi, salissent et mettent en péril les valeurs religieuses qui consistent à promouvoir l’amour de l’autre, la justice, le respect. Ce à quoi vous faites allusion dans votre question n’est le fait des religions. à proprement parler, ce sont, comme vient de le dire Mme Theresa May au Parlement britannique cette semaine, les forces du mal qui veulent pénétrer de force dans tous les aspects de la vie humaine. Se battre contre elles est un combat de tous les temps. La montée du populisme, qui est une forme de patriotisme excessif dans le monde, m’inquiète. Cette montée, visible en Europe et aux Etats-Unis, existe parce qu’on a mal géré la démocratie et aujourd’hui les gens sont dans la dynamique du renfermement sur soi. Cela démontre que les gens se sont sentis lésés par les différents systèmes politiques, ont été mis de côté et sont aujourd’hui en colère. Ce ne sont pas des votes d’adhésion, mais des votes de protestation.

Il y a deux ans, dans une interview accordée au Mauricien, vous disiez que « Maurice a besoin d’avoir une vision claire de ce qu’elle sera dans quinze ans ». Depuis cette vision a-t-elle été élaborée ?
Revenons, si vous le voulez bien, à la célébration du cinquantième anniversaire de l’Indépendance. Il faut célébrer ce que nous avons accompli, mais il est temps aussi de faire une évaluation objective de cette période. Est-ce que nous sommes arrivés au statut d’une nation capable de donner à chacune de ses composantes la sérénité et la joie de vivre ?  Depuis ces dernières années, nous nous trouvons dans une période de stagnation : il n’y a pas d’évaluation objective et positive et des critiques qui soient constructives. A la place, nous avons eu des critiques destructives qui font monter à la surface des scandales, et cela s’arrête là. Il faudrait aller plus loin dans notre réflexion afin de donner aux Mauriciens un rêve commun. Nous avons trop tendance à tout politiser à Maurice. Le pays n’appartient pas aux politiques, mais à tous les Mauriciens qui devraient s’engager à tous les niveaux : religieux, société civile, ONG, pour construire ce rêve. Aujourd’hui, au niveau mondial, il n’y a plus d’idéologie, mais une espèce de renfermement sur soi qui pousse à ériger des barrières, des murs, pour se protéger. Il n’y a plus d’idéologie qui fasse la promotion de la liberté de penser et d’agir de l’être humain. L’île Maurice pourrait faire la différence avec ses différences, sa capacité de vivre en harmonie si ses habitants vivaient plus ensemble et moins l’un à côté de l’autre. C’est ça, pour moi, le rêve pour mon pays.

Ce que vous venez de dire n’est pas, quelque part, un constat d’échec, cinquante ans après l’indépendance ?
Pas du tout. Construire une nation, c’est un long processus, un long cheminement de vie. C’est pourquoi j’avais souligné le manque de vision globale dans un pays politisé jusqu’à l’outrance. Je crois qu’au lieu d’organiser des fêtes ponctuelles pour célébrer l’indépendance, il faudrait amener les Mauriciens à réfléchir sur le type de nation que nous voudrions être dans 25 ans.

Pour le moment, c’est le règne du chacun pour soi, le développement de l’égoïsme, de l’individualisme, qui peuvent parfois déboucher sur des accès de violence. Il n’y a qu’à voir le comportement  des automobilistes dans les embouteillages quotidiens.
Vous avez raison. Tout cela découle de la frustration et de la peur que nous avons en nous et qui agit sur notre comportement. Il faut que les choses soient claires. Par exemple, quand nous parlons de la réforme dans l’éducation, elle doit s’inscrire dans la vision de notre nation, pas à côté. Il faut bien expliquer pour donner aux Mauriciens la capacité de participer à cette réforme. Il faut former les jeunes Mauriciens, leur donner des outils pour faire leur chemin dans la vie dès l’école, faire de la formation de la personne au lieu de penser uniquement aux examens et aux diplômes. Nous parlons beaucoup dans ce pays de nos ancêtres et de leurs efforts pour faire de Maurice ce qu’elle est devenue. Je pense qu’aucun d’entre nous n’aimerait que nos petits-enfants nous reprochent d’avoir dilapidé l’héritage dont nous avons hérité.

Vous avez dit dans votre mandement de carême que « la méritocratie est le cadet des soucis de ceux qui sont en position d’autorité ». Pourriez-vous développer cette phrase ?
Regardons autour de nous combien il y a de personnes découragées parce que dans leur travail quelqu’un de mieux connecté est passé sur leur tête. Les gens viennent me voir pour me dire que leurs droits sont lésés à cause des passe-droits. Il faut instaurer une culture de la méritocratie. Savez-vous qu’en Inde il existe un examen d’entrée pour intégrer le service civil, cet examen est basé sur les compétences et les capacités du candidat et sur rien d’autre. Je pense qu’il est l’heure pour nous d’avoir des institutions qui fassent respecter la compétence.

Ce n’est pas un souhait utopique quand on sait sur quelle base sont nommés ceux qui doivent présider ou diriger les institutions de l’Etat à Maurice ?
Le cardinal Piat l’a récemment souligné : il faut que ceux qui entrent en politique s’engagent à servir les autres, la communauté. Les grands footballeurs d’aujourd’hui sont ceux qui ont été repérés hier dans les petites équipes, ont été admis dans les écoles de formation pour apprendre avant d’être lâchés sur le terrain. Ce n’est pas à la veille d’une élection que se déclenche la vocation d’un politique, mais c’est l’aboutissement d’un processus au cours duquel le candidat a appris sur le terrain, s’est formé et a développé son besoin de servir les autres.

Vous dénoncez aussi dans votre mandement de carême « des décisions et actions de nature sectaire et gourmande »
La gourmandise fait partie de la nature humaine. Nous avons fait beaucoup de progrès, mais en même temps nous avons perdu notre capacité d’hospitalité, de faire de la place aux autres. Il faut promouvoir les valeurs éthiques pour lutter contre cette gourmandise. Il faut que les leaders donnent l’exemple, que ces valeurs soient non seulement enseignées à l’école, mais dans chaque foyer. Il faut également faire entendre les voix qui dénoncent les décisions et actions de nature sectaire. Attention, je ne parle de dénonciations pour le plaisir de dénoncer, de faire sensation. Je parle de la dénonciation des injustices pour nous permettre d’avancer en tant que nation au lieu de stagner, comme c’est malheureusement le cas. Il nous faut des lobbies, dans le sens noble du terme, pour avancer dans la création d’une nation, pas pour ralentir ou bloquer cette démarche au nom d’intérêts particuliers ou partisans. Ceci étant, nous sommes une jeune nation et avons encore à apprendre pour mettre en place une gouvernance appropriée afin de réaliser notre rêve.

Que pensez-vous de la multiplication des affaires qui atteint même jusqu’aux hautes marches de l’Etat ?
Je crois qu’au lieu de constater les faits et d’agir comme des pompiers, il faut se pencher sur leurs causes. Il faut étudier le processus de ces affaires, son déclenchement, pourquoi les systèmes de protection n’ont pas fonctionné et n’ont pas empêché ces décisions et actions de nature sectaire et gourmande qui ont permis aux affaires de se développer. Il faut se battre pour le meilleur et ne pas se décourager si les choses ne vont pas aussi vite qu’on le voudrait ou avoir le sentiment que le combat semble perdu d’avance. Il ne faut pas oublier que William Wilberforce a milité pendant quarante ans au Parlement anglais avant d’obtenir l’abolition de l’esclavage. Il faut aussi de la volonté et la transmettre aux autres et aux enfants. Parce que si nos enfants sont convaincus qu’ils doivent d’abord et avant tout protéger leurs intérêts personnels, nous n’avancerons pas.

Cette volonté existe-t-il au niveau de l’Etat, selon vous ?
Je vous l’ai déjà dit : nous avons tendance à Maurice à trop dépendre de l’Etat. On dirait que nous avons abandonné notre volonté, notre capacité de réfléchir, de prendre des décisions, d’avancer au profit de l’Etat. Au niveau de la lutte contre la pauvreté, par exemple, il y a une attitude de dépendance, d’assistanat vis-à-vis de l’Etat qui s’est installée. Il faut laisser l’Etat faire son travail et le citoyen doit assumer ses responsabilités et s’engager dans la transformation du pays. Le pays n’appartient pas à l’Etat, mais à chacun des Mauriciens qui composent la société. Nous avons trop tendance à tout laisser à l’Etat et à le critiquer quand les choses sont mal faites. Il faut que nous assumions nos responsabilités là où nous sommes. Il faut construire l’île Maurice de demain à partir des réalités, des réussites et des échecs d’aujourd’hui. Il faudrait que les médias s’engagent dans cette bataille de sensibilisation nationale. Ils doivent informer les Mauriciens, mais aussi participer à la création de cet élan patriotique.

Vous trouvez que les médias ne jouent pas leur rôle en ce qui concerne la création de cet élan patriotique ?
Je pense que trop souvent on privilégie des informations qui peuvent susciter de la sensation. Je ne dis pas que tous les médias le font systématiquement, mais on en fait trop dans cette direction. Je demande aux médias de privilégier le sens de l’amour pour la patrie, de service pour le pays et du patriotisme chez le Mauricien. Je crois qu’il faut aussi donner la parole à ceux qui font ce travail, qui se mettent au service des autres et qui le font bien souvent dans l’anonymat. Je pense qu’il faut donner un coup de projecteur à ces modèles qui travaillent dans la discrétion. Contrairement à ce que l’on pense, le modèle ne vient pas forcément d’en haut, il peut aussi venir d’ailleurs. Il y a dans notre entourage des gens qui font un travail formidable et qu’on ne remarque pas. Il faut apprendre à les regarder et les médias doivent travailler dans ce sens.

Un commentaire sur l’énorme saisie de drogue d’il y a quinze jours et celle — moins importante — de cette semaine ?
Je suis heureux du travail qu’effectue la commission sur la drogue. Je suis convaincu qu’elle va publier de bonnes résolutions, mais il est important qu’elles soient appliquées pour démanteler le trafic de drogue à Maurice. Mais en même temps il faudrait également aider ceux qui sont les victimes de la drogue à sortir de ce fléau. C’est ce que fait le groupe de travail constitué de chefs religieux et du Conseil des religions avec des ONG sur le terrain. Il faut également dire que les politiques et les lois ne pourront pas mettre fin au trafic de la drogue si tous les Mauriciens ne s’engagent pas dans ce combat. Nous avons réussi à faire reculer le sida, nous pouvons également le faire pour le trafic de la drogue. Il est impérieux qu’on le fasse.

On évoque la réintroduction de la peine de mort…
La réintroduction de la peine de mort ne résoudra pas le problème de la drogue et des autres fléaux sociaux. La solution passe par la réhabilitation et la réinsertion respectueuse dans la société des victimes de la drogue qui ontfait de la prison.

Que pensez-vous du non-engagement des jeunes, leur déconnexion des affaires du pays ?
C’est une tendance internationale. Je n’utiliserai pas le terme désengagement, je préfère dire que pour la formation des jeunes Mauriciens on ne leur a donné qu’une route à suivre. Celle de la formation académique qui mène aux examens et aux diplômes. Nous sommes un pays riche en cultures, en expressions artistiques, mais nos jeunes n’en profitent pas en général parce qu’il n’y a pas d’ouverture vers le monde. Cette ouverture se construit à travers la lecture, la musique, la peinture, la danse et l’art en général. Il faut donc exposer les jeunes Mauriciens aux différentes formes de l’art, au lieu de l’enfermer dans la compétition qui est devenue partie intégrante de leur vie. Ils ont tendance à mettre les autres de côté pour ne s’occuper que d’eux et de leurs intérêts. Il faut qu’on apprenne aux jeunes à s’exprimer, à s’intéresser à ce qui se passe autour d’eux, à débattre et à se faire entendre sur les questions qui concernent le pays. Il faut faire de la place aux jeunes qui sont, et ceux que je rencontre me le disent souvent, fatigués de voir les mêmes personnes s’exprimer sur tous les sujets dans les médias. Il faut un dialogue constant entre les générations.

Vous parlez de dialogue des générations, mais le dialogue parent-enfant existe-t-il aujourd’hui à Maurice ?
C’est une bonne question. Comme je l’ai déjà dit, c’est au sein de la famille que l’enfant doit acquérir les valeurs qui vont lui apprendre à aller vers les autres, à vivre ensemble, pas côte à côte. Mais si l’enfant ne communique pas chez lui avec ses parents, comment pourra-t-il le faire avec ses camarades de classe ? Il faut encourager le dialogue au sein des familles qui sont les cellules indispensables de la société. Au sein de l’Eglise anglicane, nous avons lancé une série d’activités qui encouragent le dialogue familial.

Le gouvernement a procédé à l’enregistrement des familles les plus pauvres auxquelles une allocation sera donnée. Une allocation suffirait-elle à régler le problème de la pauvreté ?
Une allocation est une partie de la solution, mais n’est pas la solution. Il faut apprendre aux pauvres le sens de la responsabilité et leur donner une formation citoyenne. Il faut aussi éviter de stigmatiser les gens comme on le fait en soulignant certaines régions et un groupe spécifique de Mauriciens.

Un mot sur les nouveaux règlements concernant le fameux CSR ?
Aujourd’hui, avec la nouvelle formule du CSR, les ONG sont découragées, démotivées et l’on est en train de leur faire perdre cet engagement de tous les instants qui a permis de venir en aide à beaucoup de Mauriciens dans le besoin. Aujourd’hui, dans le domaine du service social les fondations se multiplient, on se professionnalise. Mais pour servir, il faut avoir le cœur dans la main, un amour désintéressé pour ceux qui sont dans le besoin. Il faut laisser travailler les ONG au lieu de vouloir les professionnaliser. Nous avons perdu le sens de la vocation: On veut professionnaliser la vocation, ce n’est pas possible. La vocation c’est un sentiment qui vient du cœur, c’est le besoin de se donner aux autres, de les soulager. J’espère que les nouveaux responsables du CSR entendront le message et redonneront aux ONG les moyens de continuer le travail admirable qu’elles font depuis des années au service des plus pauvres des Mauriciens. S’il n’y pas un changement de mentalité, s’il n’y a pas un service gratuit, responsabilisé envers les plus vulnérables, nous aurons beaucoup plus de pauvres dans les années à venir. Nous avons besoin de services qui se donnent, qui s’offrent. Il faut réapprendre à nos enfants l’esprit du sacrifice et du volontariat. Il faudrait qu’après le HSC, nos jeunes puissent travailler quelques mois dans le volontariat avant d’entrer dans la vie active.

Nous arrivons à la fin de cette interview et j’ai le sentiment que tout en étant conscient de la gravité de la situation sociale, vous vous forcez à être optimiste.
Ma foi me pousse à être optimiste. Je crois dans le règne de la paix et de l’amour entre les hommes. Je défends les valeurs de la justice, du respect, du pardon, de la réconciliation et de la capacité d’être unis ensemble et j’ai donc toutes les raisons d’être optimiste.

J’insiste : face à la réalité du quotidien, est-ce que vous n’avez pas parfois le sentiment de prêcher dans le désert ?
C’est un sentiment que je ressens de temps en temps. Mais cela fait trente ans que je suis prêtre et il y a eu beaucoup de moments, de témoignages, qui vous redonnent le moral et vous donnent la certitude que vous êtes sur la bonne voie et qu’il faut continuer à avancer.