Vini to va trouve. Cette parole doit résonner en chaque chrétien, a exhorté l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, lors de la messe commémorant le 148e anniversaire de la mort du Père Laval samedi. Il a longuement parlé sur le thème de la foi, rappelant que l’ouverture de l’Année de la foi, décrétée par le pape Benoît XVI, sera marquée par une grande messe le 14 octobre prochain à Marie-Reine-de-la-Paix. La foi, dit-il, est un combat en nous-mêmes. « Si nous ne l’avons pas encore trouvée, si nous avons encore des doutes, allons ne pas hésiter. Quand Jésus nous appelle, ce n’est pas pour nous faire souffrir, c’est pour que l’on goûte à son amour », a-t-il élaboré, avant d’assurer que « la foi apporte une grande joie dans le cœur d’une personne ».
Le pèlerinage au tombeau du Père Laval a reçu cette année la participation des évêques de l’océan Indien, qui ont marché de la Cathédrale Saint-Louis à Sainte-Croix. Le début de la messe a été marqué par le dévoilement d’une plaque portant les noms de soixante-dix auxiliaires ayant aidé le Père Laval dans sa mission à Maurice. L’évêque n’a pas manqué de rappeler que le Père Laval a quitté son pays, sa famille et ses biens pour venir à Maurice.
Mgr Piat est revenu sur la lettre adressée à ses fidèles en vue de se préparer pour cette Année de la foi. Cette lettre s’intitulait Le bonheur de croire. La foi, selon lui, est synonyme de joie. Le Père Laval, poursuit-il, nous a donné « la vie de la foi ». « J’aimerais demander au Père Laval de nous expliquer comment la foi peut devenir un grand bonheur. Si nous regardons l’expérience du Père Laval, nous verrons que la foi est un combat en nous-mêmes où il s’agit de décider si nous garderons notre vie pour nous-mêmes ou laisserons-nous le Christ nous guider ».
Il a ainsi pris l’exemple du prophète Jérémie qui fut appelé par Dieu pour aller annoncer sa Parole dans d’autres pays. « Jérémie cherche toutes sortes de prétextes : “Mo tro tipti ; mo pa konn koze”. Dieu lui dit : “Pa traka, mo pou avek twa” ». L’évêque a également pris l’exemple de Saint Paul, le grand intellectuel, « qui pensait pouvoir de lui-même savoir comment faire plaisir à Jésus ». Et, il décide de persécuter les chrétiens pour faire plaisir à Dieu. Mais, « Dieu le fait chuter de son cheval d’où il perdra la vue et lui dira : “Al demann to kamarad aprann twa” ». Un troisième exemple, celui du Père Laval lui-même, qui « pensait se faire de l’argent. Il aimait s’amuser. Il y avait en lui un combat. Il n’était pas sûr s’il devait tout lâcher ou garder un peu de ses divertissements. Li ti bizin deside si li ti pou tyombo so lavi ou larg tou. Et quand il a décidé de quitter son pays, sa famille et ses biens, il a connu une grande joie ». Jésus, devait ajouter l’évêque, a dit : « Vini, to ava trouve ». Lorsque ces trois personnes ont découvert que ce Jésus qui les a appelés leur a fait confiance en leur disant « pa dir mwa to pa kapav, to bizin kapav », dit Mgr Piat, « cela leur a procuré une grande joie ».
L’évêque s’est dit heureux de tous ces Mauriciens, des diverses paroisses de l’île, qui ont sacrifié leur vie pour Jésus, à l’instar des membres de Zezi Vre Zom. « Les dames aussi ont accepté de se laisser regarder par le Christ, de découvrir ce regard de bonté, de compassion, de patience et de grande fidélité. Leur vie en sort transformée ».
Une beauté
Le chef de l’Église catholique à Maurice s’est par ailleurs dit émerveillé par des jeunes qui ont vécu des expériences difficiles telles la drogue et qui, grâce à l’écoute d’une ou deux personnes, « ont découvert que Jésus les aime, qu’il leur dit “tu peux, tu as ta dignité” ». Selon l’évêque, « quand on les écoute parler, c’est incroyable. Quand ils ont découvert cette libération, ils vont à leur tour aider leurs frères à l’hôpital, ceux qui sont dans la drogue etc. Sa bann zom-la inn deside pou pa tyombo zot konfor, zot lamizman, zot leker inn touse. La foi leur apporte une grande joie ». Un désir semblable, dit-il, animait le Père Laval : « Que les Mauriciens vivent heureux, debout dans la dignité, qu’ils aient une fierté et qu’ils puissent apporter quelque chose ». Et d’inviter : « Demandons au Père Laval comment il a pu répandre sa foi, comment on peut faire perdurer son travail aujourd’hui », car, observe-t-il, « bokou Morisien, zot leker ankor amare. Comment, Père Laval, as-tu fait pour allumer la flamme de ton bonheur de croire en Jésus dans le cœur des gens ? »
Insistant encore sur l’appel de Jésus aux hommes, Mgr Piat devait rappeler l’exemple des apôtres dont les trois quarts hésitaient à y répondre. « Jésus savait qu’ils cherchaient un bonheur. Ils lui disaient : “Be kot to reste, nou ava vinn kot twa”. Et Jésus de répondre : “Vini, zot ava trouve” ». L’évêque a ainsi invité les fidèles à chanter la très populaire chanson du père Grégoire qui porte le même titre. « Si nous n’avons pas encore trouvé, si nous avons des doutes, allons ne pas hésiter, suivons ceux qui nous disent de venir. Nous ne le regretterons pas. Quand Jésus appelle, ce n’est pas pour nous faire souffrir mais pour que l’on goûte à son amour. Et, ceux qui ont goûté à cette joie, allez vers vos frères/sœurs ».