MICHAEL GLOVER, EX MINISTRE DES SPORTS ET EX CEO DU TFES : «Les Jeux des Îles de 2019 seront les Jeux les plus faciles à gagner et à organiser»

Depuis plus d’une année Michael Glover ne s’est pas confié à un journal. Surtout depuis qu’il a décidé de quitter son poste de Chief Executive Officer du Trust Fund For Excellence in Sports (TFES). Après quelques échanges et une longue discussion, l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, qui fut aussi CEO du COJI en 2003 a accepté de répondre aux questions de Week-End. Un exercice haut en couleur où Michael Glover continue de cultiver son goût pour le sport mauricien malgré sa retraite. A la vérité et selon ses propos, Michael Glover n’est pas homme à s’accorder une retraite reposante. Il annonce un projet pour moderniser le sport mauricien et estime que : «Les Jeux des Îles de 2019 seront les Jeux les plus faciles à gagner et à organiser.»
Vous avez quitté vos fonctions de Chief Executive du TFES depuis aout 2016 et depuis on a très peu entendu parler de vous. Doit-on comprendre que Michael Glover s’offre une retraite en douceur?
Par expérience, j’ai appris qu’il ne fallait pas réagir à chaud, d’où mon silence ….. temporaire.
 
Donc vous n’êtes pas à la retraite dans le vrai sens du terme?
Pas du tout. J’ai été toujours actif dans ma vie, il n’y a aucune raison que je change.
 
Comment vivez vous le fait d’être un peu loin du monde sportif mauricien ? Avez-vous gardé contact avec certaines personnes?
Le monde sportif mauricien et moi c’est une très longue histoire. Je suis toujours très proche du monde sportif mauricien et je garde un contact permanent avec des gens du sport. D’ailleurs nous travaillons sur un projet de modernisation du sport mauricien en vue des élections générales de 2019…
 
… mais c’est une confidence importante. Peut-on en savoir plus Michael Glover?C’est encore au stade de projet. Des amis à moi apportent leur contribution et vous en saurez plus en temps et lieu.
Un projet pour la modernisation du sport mauricien, peut-on déjà déduire qu’actuellement vous être d’avis que le sport à Maurice fonctionne de façon archaïque?
Je vais vous répondre par une question: qu’est-ce-qui qui a vraiment changé dans le ministère des Sports et des fédérations depuis 20 ans? Pas grand chose je pense. Donc vous avez votre réponse. J’espère que notre projet apportera le changement que mérite le sport mauricien.

Si on revient sur votre départ du TFES en juillet 2016, vous diriez que c’était un départ voulu ou forcé?
Ni l’un ni l’autre ou et l’un et l’autre! En juin 2016 j’ai reçu une lettre du ministère des Sports m’annonçant le non renouvellement de mon contrat en fin juillet. Une lettre que j’ai jetée au panier car elle est illégale selon les conclusions de mes hommes de loi. Le ministre et le MJS ignoraient les procédures, à savoir que  seul le TFES  pouvait décider du renouvellement ou pas de mon contrat ; donc  la  lettre du ministère n’avait aucune valeur..
Sachant que ma présence gênait manifestement le ministre d’alors j’ai pris les devants et ai moi même fixé ma date de départ au 15 septembre en accord avec le board du TFES.
 
Pourquoi les choses n’ont pas marché entre vous et Yogida Sawmynaden, l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports?
En 14 mois, Yogida Sawmynaden ne m’a reçu que deux fois et ce à ma demande manifestant là un manque d’égards envers le poste que j’occupais et l’expérience qu’est la mienne dans le domaine du sport. A mon avis Yogida Sawmynaden a été aussi mauvais ministre des sports que fut Navin Soonarane. Mon opinion est largement partagée. D’ailleurs,  Il n’est un secret pour personne  que le transfert  de Yogida Sawmynaden du ministère des sports au ministère de la communication a été réclamé par une personne du giron sportif très très proche de Pravin Jugnauth.
Qui selon vous?
Je ne vous ferez pas ce plaisir de citer des noms, mais vous êtes assez intelligent pour savoir. Deviner qui à une grande influence sur le ministre actuel?
 
Jusqu’à preuve du contraire c’est Stéphan Toussaint, le ministre de la Jeunesse et des Sports?
Vous croyez cela…ne faites pas celui qui ne sait pas?
 
Sarah Rawat-Currimjee, la conseillère du Premier ministre?
Faites, votre enquête au ministère. Passons.
 
Dans une réponse parlementaire Yogida Sawmynanden a été très critique, voire sévère sur votre travail au sein du TFES et vous a même accusé de n’avoir pas atteint les objectifs fixés, notamment sur l’employabilité des anciennes gloires du sport mauricien. Vous acceptez ces critiques…
Comment prendre au sérieux des critiques émanant d’un ministre classé 20ème sur 24 et ayant obtenu la note pitoyable de 4.5 pts sur 10 selon le sondage national  d’un quotidien? Il n’a jamais montré le moindre intérêt pour le travail qu’à été fait et qui est en train d’être fait par le TFES. Il n’a donc jamais assimilé notre philosophie à savoir que notre souci premier était de nous assurer que les athlètes bénéficient d’un encadrement scolaire, universitaire, professionnel et sportif afin de pouvoir exercer une profession en fin de carrière sportive. Le TFES n’est pas une agence d’emploi!
Avec le ministre Stéphan Toussaint, y a-t-il eu des contact?
Aucun.
Depuis votre départ du TFES, le MJS a pris un temps fou pour vous remplacer. Doit-on comprendre que Michael Glover est irremplaçable ?
Irremplaçable certainement pas mais certes difficile à remplacer. Le MJS a pressenti plusieurs personnes pour le poste mais leur a fait comprendre que le TFES ne serait plus aussi indépendant qu’avant; d’ailleurs, dès mon départ , les bureaux du TFES ont été transférés dans les locaux du ministère à Port-Louis.
 
Vous avez connu Sheila Seebaluck comme athlète et aussi grâce aux différents programmes sports-études mis en place à l’époque où vous étiez  ministre des Sports qui a permis de façonner sa carrière professionnelle. Pensez-vous que la nouvelle CEO du TFES répond au profil recherché pour ce poste?
Sheila (Seebaluck) a énormément apporté à l’athlétisme mauricien. Lorsque j’étais ministre, j’avais négocié un stage de 2 ans à l’Institut National du Sport à Paris pour elle. Elle nous  a récompensé avec un record national  de 2min03 aux 800 m (record qu’elle tient toujours après 30 ans!). Je ne peux que lui souhaiter bonne chance dans sa nouvelle carrière.
 
Revenons maintenant aux sports, quel jugement portez vous sur la situation deux ans après les Jeux des Îles?
Je note une stagnation avec pour preuve une baisse de performance dans certaines disciplines. Il semblerait que toute la politique sportive nationale soit axée sur les Jeux des Îles où les performances des différentes îles ne cessent de baisser.
Estimez vous qu’en 2019 Maurice pourrait gagner «ses Jeux» comme ce fut le cas en 2003?
Les Jeux des Îles de 2019 seront les Jeux les plus faciles à gagner et à organiser.
C’est-à-dire Michael Glover?
En 1985 avec peu de moyens financiers (le gymnase de Vacoas a été construit grâce à des fonds privés et la piscine de Beau Bassin grâce à la France) il avait fallu transformer des écoles en dortoirs, acheter lits, rideaux, vaisselle entre autres… aménager une cour en réfectoire, improviser une cuisine sous une tente pour avoir un Village des Jeux.
En 2003 il a fallu construire un Village des Jeux et l’aménager puis monter une énorme structure en guise de réfectoire bref une course contre la montre. En 2019 il s’agira tout simplement d’aller chercher les athlètes à l’aéroport et les acheminer vers les hôtels qui s’occuperont de l’hébergement et de la nourriture, donc tâche aisée.
En 2019 les deux chevilles ouvrières de l’organisation seront Sada Vadamalay (Commissaire Général du COJI) et Mubarak Boodhun(PS et membre du COJI,) deux personnes qui ont eu la chance de suivre de près l’organisation des Jeux en 1985 pour Sada Vudamalay et en 2003 pour Mubarak Boodhun. Ils ont donc fait leur expérience avec le trio Fanchette/Mallié/Glover  et sans nul doute qu’ils ont bien retenu la leçon!
Du point de vue sportif  pour gagner les Jeux il faut se concentrer sur les disciplines grandes pourvoyeuses de médailles : l’haltérophilie, l’athlétisme, la natation le badminton et le judo. Pour les Jeux de 2015, grâce à une collaboration très étroite entre le TFES et les fédérations nommées ci-dessus, les résultats ont été très bons.  Comme la majorité de ces athlètes sont encore en activité tout devient facile et nous devrions gagner les Jeux de 2019.
 
Que faut-il selon vous pour que les sportifs mauriciens soient mieux préparés pour ces Jeux?
En 1985, 2003 et 2015 j’avais assumé la responsabilité de la préparation des équipes avec les différentes fédérations, les personnes concernées n’ont qu’à suivre le même schéma…..et c’est ce qui semble se faire d’après les dirigeants de fédération que je rencontre.
Donc vous êtres toujours présent au sein du mouvement sportif sans l’être physiquement?
(rire) Vous êtes assez longtemps dans ce domaine pour savoir qu’on n’a pas inventé la roue et que nous avons appliqué que des formules qui ont donné des résultats.
Votre avis sur le niveau du sport des autres îles?
Pour être honnête aucune des autres îles n’a vraiment progressé. Je constate même une certaine régression dans les sports individuels dans certaines îles qui seront à Maurice pour les 10èmes JIOI.
Il y a tout un débat qui est engagé autour de la participation des athlètes réunionnais. Quel est votre point de vue sur cette question?
Les choses ont changé et les mentalités ont beaucoup évolué. Aujourd’hui, on permet à un athlète de nationalité mauricienne, qui a vécu peu ou  voire jamais à Maurice, de participer aux Jeux des Îles. Pourquoi donc exigerions nous qu’un athlète réunionnais, qui lui aurait suivi ses parents en France, ou qui y ferait des études, soit affilié à un club réunionnais 3 ans avant les Jeux?  Il faudrait tout simplement abolir cette fameuse clause qui discrimine les Réunionnais.
A mon avis le vrai problème n’est pas celui cité plus haut mais la participation de Mayotte aux Jeux. C’est un problème épineux et plus diplomatique que le sportif a mal  à régler. Surtout ne pas accepter de solution ‘bâtarde’ comme ‘l’hymne des Jeux’ à la remise des médailles d’or comme en 2015..
 
Pensez-vous que le CROS de La Réunion mettra sa menace de ne pas participer aux JIOI à exécution?
Je présume qu’il y aura pression du Gouvernement Français pour que La Réunion soit présente.

Revenons à vous. Que fait Michael Glover toute une journée?
Natation, bicyclette, course à pied, lecture meublent mes journées. Je travaille aussi avec plusieurs personnalités du monde sportif sur un projet de modernisation du programme sportif mauricien comme mentionné plus haut. Il y a du boulot et surtout beaucoup d’échanges avec des personnes qui veulent vraiment que les choses bougent dans une autre direction.
On parle d’un possible engagement, voire un retour en politique. Qu’en est-il vraiment?
On m’a effectivement offert de poser pour la partielle du N0 18. J’ai décliné l’offre, préférant laisser la place à quelqu’un de plus jeune. Je serai toutefois actif sur le terrain non seulement lors de la partielle mais également  lors des élections générales en 2019.
 
Le mot de la fin?
Qui vivra verra…!!!!!