Présentant hier à l’Assemblée nationale le National Disaster Risk Reduction and Management Bill, le ministre de la Fonction publique et de l’Environnement, Alain Wong, a révélé des données du World Risk Report (2015). Ce rapport indique que Maurice est le 13e pays au monde encourant des hauts risques de désastre et le 7e pays le plus exposé aux catastrophes naturelles. « D’où l’importance de ce projet de loi », a insisté le ministre.
Ce projet de loi, a affirmé le ministre, a comme objectifs, entre autres, d’instituer un cadre légal pour la prévention et la réduction des risques de catastrophes, l’atténuation des effets néfastes des catastrophes, la préparation aux catastrophes, et la réponse effectives aux catastrophes ainsi que la gestion des activités post-catastrophes et la réhabilitation qui en suit.
Maurice a connu ces dernières années des phénomènes climatiques jamais enregistrés auparavant, des catastrophes natuelles tels que des marées de tempêtes, des vagues australes, des inondations, des glissements de terrains, des pluies torrentielles et des activités sismiques. « Notre vulnérabilité est exacerbée par le changement climatique et l’urbanisation rapide », affirme Alain Wong. En effet, le changement climatique est un des plus grands défis auxquels le monde a à faire face, en particulier les Petits États insulaire en développement (PEID) et les pays africains.
« Le changement climatique se manifeste déjà à travers un certain nombre de phénomènes climatiques de dimension mondiale, qui affectent des millions de personnes dans les pays les plus vulnérables. Selon l’Organisation Météorologique Mondiale (2015), pour la période 2005-2014, 83 % des catastrophes enregistrées, 39 % des décès, 95 % du total des populations affectées, et 70 % des dommages totaux enregistrés, sont liés à des catastrophes naturelles en relation avec le temps, l’eau et le climat », a avancé le ministre de l’Environnement. « Sans compter que les impacts de ces catastrophes sur les économies et les sociétés sont devenus des obstacles majeurs qui freinent sérieusement nos efforts vers un développement socio-économique durable ».
Dans ce contexte, a poursuivi Alain Wong, « la réduction des risques de catastrophes et leur gestion ne sont plus une option ». C’est pourquoi, a-t-il ajouté, que Maurice, dans le souci de mieux gérer les catastrophes naturelles, a participé en mars 2015 au Japon à la Sendai World Conference on Disaster Risk Reduction. « L’objectif de cette conférence mondiale était de prévenir de nouveaux risques de catastrophes, et de les réduire à travers la mise en oeuvre de mesures économiques inclusives, de mesures structurelles, légales, sociales, sanitaires, culturelles, éducatives, environnementales, technologiques, politiques et institutionnelles intégrées. Cela afin de prévenir et réduire notre exposition ainsi que notre vulnérabilité à ces catastrophes, être mieux préparé à les affronter et accroître notre capacité à nous en relever, renforçant par la même notre résilience ».
Ce projet de loi, selon le ministre, vise ainsi à instituer un cadre légal nécessaire pour atteindre les objectifs mis en place dans le Cadre de la Conférence de Sendai. Alain Wong a ensuite commenté les points forts du National Disaster Risk Reduction and Management Bill, et a souligné que le projet de loi fait provision pour que le Premier ministre puisse décréter un État de Catastrophe dans des situations exceptionnelles afin de protéger les vies et les biens. Le chef du gouvernement peut également faire appel à l’aide internationale des pays amis ou d’institutions internationales pour accélérer les efforts de reconstruction et atténuer les souffrance après une catastrophe. « Il est temps que Maurice soit dotée d’une loi globale pour faire face à la prévention et la réduction des risques de catastrophes », a conclu Alain Wong.