Bien que le vice-Premier ministre lui ait demandé personnellement d’oublier et de laisser tomber cette histoire et en dépit du mea culpa de ce dernier vendredi à la municipalité de Vacoas/Phoenix, le leader de l’opposition ne compte pas retirer sa plainte contre Showkutally Soodhun. Au contraire, il réclame sa révocation. Outre les propos « trop diffamatoires » à son encontre, Xavier Duval estime que Showkutally Soodhun a eu des paroles « extrêmement graves pour le tissu social et la paix dans le pays ». Il est important que « des sanctions soient prises contre ce genre de personnes qui incite à la haine raciale et la division », estime le leader du PMSD.
Xavier Duval explique que « mo fin touzour prend li (NDLR : Soodhun) comme enn boufon-boufon. Mais la li napli comik. » Dès lors, il faut que la loi soit appliquée et que justice soit rendue. C’est en ces termes que le leader du PMSD a répondu aux questions des journalistes qui l’interrogeaient hier, à l’issue de sa conférence de presse, sur ses relations avec Showkutally Soodhun, soit après que le VPM a publiquement demandé à « son frère Xavier » de ne pas le craindre. « Quiconque aurait tenu de tels propos aurait déjà été arrêté et traduit devant la justice », fait-il remarquer. En plus des menaces, Xavier Duval attire l’attention sur le discours de Showkutally Soodhun, à Flacq mardi dernier, qui comporterait des passages « extrêmement graves pour le tissu social et la paix dans le pays ». Selon lui, la presse s’est abstenue de rapporter les vingt minutes du discours de Soodhun parce qu’elles inclinent à la haine communale et à l’incitation à la violence. « Tout ce qu’il a dit, du début à la fin, est absolument faux. C’est de la pure diffamation. » C’est pourquoi dans sa déposition aux Casernes centrales, il a déposé plusieurs plaintes: « Ce sont tous des arrestable offenses. » D’abord pour diffamation criminelle, Showkutally Soodhun ayant tenues des propos « infâmes » que Xavier Duval, renvoyant aux Hansards, affirme n’avoir jamais tenues au Parlement. Ensuite, pour incitation à la haine raciale et pour incitation au terrorisme.
Xavier Duval dit détenir des informations, que possède également selon lui le Commissaire de police, selon lesquelles il y aurait 40 Mauriciens qui ont été au front en Syrie et parmi un grand nombre est rentré à Maurice. D’où les raisons pour lesquelles la Grande-Bretagne a relevé la note de sécurité territoriale concernant les menaces terroristes à Maurice.
« Contempt of Assembly »
Pour le leader du PMSD, cela fait un bout de temps que le gouvernement MSM/ML « pe desann dans enn communalisme important ». Il cite en exemple les rappels à l’ordre de la Speaker lors des débats sur le budget. Selon lui, « chaque fois que le MSM est coincé, et nous l’avons vu dans le passé, il cède aux attaques communales. » La dernière en date est ce discours « extrêmement condamnable » de Soodhun à Flacq, dit-il. Il fait ressortir que Showkutally Soodhun ne s’est pas seulement attaqué à lui en tant que leader de l’opposition, mais encore à l’Assemblée nationale et qu’il s’agit là d’un Contempt of Assembly. Face à ces dérapages, le leader de l’opposition lance un « warning au MSM : la population pa pou tolère la descente aux enfers ».
« Gouverna napli vo nanien. Lerla pe accumule gaf lor gaf », a-t-il déclaré. Quant au Premier ministre, il se révèle comme « le plus faible de l’histoire. Non seulement il n’a pas encore agi concernant Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluck-dharry, mais aujourd’hui face aux menaces de Soodhun, il n’ose agir ». Xavier Duval soutient que Showkutally Soodhun aurait fait du chantage à son leader, le menaçant de démissionner au No 15 si jamais des sanctions étaient prises contre lui, et que sa démission devrait aussi entraîner celle de tout le gouvernement. « C’est dangereux pour le pays que nous ayons un Premier ministre qui ne n’arrive pas à prendre de mesures disciplinaires contre so bann zom », infère-t-il à ce propos.