Il a fait les premières parties de Dream Theater ou Deftones, s’est produit dans des concerts et festivals en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Inde, en Malaisie ou en Europe, et tourne régulièrement en Europe et bien sûr aux États-Unis, où il réside. Il apparaît désormais dans des sondages de popularité organisés par divers sites internet consacrés à la guitare métal contemporaine, et même en couverture des plus prestigieux magazines spécialisés, comme Total Guitar, le N°1 européen des magazines de guitare. Avec le groupe Periphery, dont il est le fondateur-leader, Misha Mansoor, alias “Bulb”, 28 ans, est depuis quelques années déjà considéré comme incontournable sur la scène modern prog-metal, un sous-genre du heavy metal communément appelé “djent” et particulièrement populaire parmi la jeune génération. Portrait.
« This Maryland based six-piece are one of the few who actually feature three guitar players and are led by the virtuoso Misha Mansoor, whose unique ability and style has him quickly being mentioned as one of the most gifted new players to come along in years ». Une louange, parmi d’innombrables autres, à laquelle Misha est depuis quelques années habitué, lui qui figure désormais régulièrement dans les sondages listant les guitaristes de metal les plus populaires (par exemple, www.metalsucks.net/2011/05/09/20-misha-bulb-mansoor-periphery/, ou plus récemment, www.revolvermag.com/goldengods2013/?p=53).
« I was born in Washington DC and lived there for most of my life. I pretty much grew up there apart from living in Belgium and Zimbabwe for a few years at certain points, but the Washington DC area has always been and felt like home to me. I actually do speak French from living in Belgium but I only understand Creole because my parents would speak that to each other », nous dit Misha Mansoor, qui nous parle aussi de ses débuts : « I started playing drums and guitar when I was 14 years old, and my earlier influences would have been bands like Deftones, Tool, Dream Theater, Sikth and Meshuggah. I started posting songs that I recorded when I was in University when I was around 17 or 18 years old, and I would just keep posting songs up for free up on my Soundclick site (voir lien plus loin). I guess people started to take an interest in my music around then. »
Entre fin 2004 et fin 2011, Misha publiera ainsi pas moins de 157 démos, simples riffs comme morceaux complets, dont la qualité, dès le début, attirera l’attention sur des forums consacrés à la guitare metal. Sous le pseudonyme “Bulb”, du nom d’un de ses anciens groupes, il devient alors, à 20 ans à peine, une référence incontournable dans de tels sites, les forumers soulignant tant sa maîtrise instrumentale que son style très personnel et original – autodidacte, il a une approche résolument moderne de l’harmonie, avec l’utilisation constante d’accords dissonants. Une autre caractéristique de ses démos le distingue aussi : leur qualité sonore très aboutie ; c’est un spécialiste reconnu du “gros son” metal contemporain. Sollicité comme producteur par d’autres groupes, il vient tout juste de lancer sa propre compagnie, Top Secret Audio, en partenariat avec le bassiste de Periphery. Divers constructeurs de matériel ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, Misha étant désormais “endorsé” par des marques de processeurs d’effets pour guitare (aux côtés des plus populaires guitaristes rock/metal actuels comme Steve Vai, Mark Tremonti ou John Petrucci) ou de logiciels dédiés aux sons de batterie, comme Toontrack, qui vend un “pack” de “presets” pour avoir le « Bulb drums sound ». « Toontrack have been absolutely incredible to us as a company and their products have been a very integral part of our sound, so it was an honor to do presets for them. I actually worked on those the last time I visited Mauritius ! » nous dit-il.
Industrie musicale
Revenons en 2004. Cela fait des années que Misha fait régulièrement parler de lui, et l’évolution vers un projet musical non-virtuel, qui allait prendre la forme du groupe Periphery, était devenue inéluctable. « I started the band in 2005 by quitting university, and we have been slowly but surely working our way up. We have been a full time professional touring band for the last 4-5 years and have been fortunate enough to tour in Europe, Australia, New Zealand, India or Malaysia. We are signed to Sumerian Records in the US, Distort in Canada and Roadrunner Records in the rest of the world », nous dit le leader de cette formation composée de six musiciens, dont trois guitaristes, un line-up nécessaire pour restituer sur la scène la complexité harmonique des morceaux.
Avec le téléchargement illégal et le déclin de la vente de CDs, nous concède-t-il, des groupes non-mainstream comme le sien ne pourraient survivre aujourd’hui en comptant uniquement sur les ventes d’albums et de places de concerts. « Piracy basically makes it extremely hard for a band’s income to allow the members to survive. We all have to work in addition to being in the band, and it takes a lot of work to get a band to the point where it can sustain its members. As unfortunate as the state of the industry is, there is little that can be done about it, and we play this kind of music for the love anyway ! » Lui-même a néanmoins la chance de pouvoir vivre à 100 % de la musique : « I have a few music side projects for fun, but as far as income goes I just produce other bands to be able to make money. My parents are very supportive too, and have definitely been a huge part of helping the band get to where it is today », nous a-t-il déclaré.
Tournées et albums
Periphery, groupe actuellement basé à Bethesda, dans le Maryland, a sorti son premier album éponyme en avril 2010, un EP, Icarus lives, en avril 2011, et son second album, Periphery II : This Time It’s Personal, en juillet 2012. Le prochain objectif est maintenant de compléter Juggernaut, le troisième album, présenté comme conceptuel, avec certains passages antérieurs au premier album, puisqu’on a pu en découvrir les prémices il y a des années sur la page Soundclick de Misha. En attendant, Periphery vient tout juste de tourner en première partie du fameux groupe Deftones, l’une des influences de Misha, et se produira en mai prochain en première partie de rien moins que Devin Townsend et Meshuggah à Londres. L’an dernier, c’est Dream Theater (ndlr : l’incontestable fer de lance de la scène métal progressif, plus de 10 millions d’albums vendus) que Periphery a accompagné sur les routes américaines et européennes. Ayant assisté au concert du Zénith de Paris, nous pouvons témoigner que la bande à Misha Mansoor, tout en officiant dans un genre musical nettement plus agressif et donc moins fédérateur que Dream Theater, n’a eu aucun mal à chauffer les quelque 5 000 spectateurs. Cette tournée avec la référence du prog metal mondial a aussi été l’occasion pour Misha de partager la couverture de Total Guitar (le N°1 des magazines de guitare européens) avec John Petrucci, guitariste de Dream Theater, maintes fois sacré « meilleur guitariste de rock progressif » au niveau mondial. John Petrucci apparaît d’ailleurs comme invité sur le second album de Periphery. Comment Misha vit-il tout cela, la reconnaissance par ses pairs, sa notoriété de plus en plus importante ? « It is surreal to be honest. I had always dreamed of being in a band like this, but the very fact that it was a dream meant that I never actually expected it to happen. I sometimes have to remind myself that I am actually doing what I had set out to do, and I feel good for having chosen this path ! » nous dit-il.
Retour aux sources
« I usually come to Mauritius at least once every two years, and I always love visiting. It is a nice place to go to “get away” from everything and I find that it tends to inspire me a lot musically as well ! » nous a déclaré Misha. Depuis 2005, il est ainsi venu à plusieurs reprises passer des vacances en famille ici, depuis que son père, le secrétaire financier Ali Mansoor, alors employé à la Banque mondiale, est revenu dans l’île à la demande de l’ancien ministre des Finances Rama Sithanen. Plusieurs des compositions de Misha, comme Epic fail, Not enough mana, Totla mad, Zyglrox ou Make total destroy, dont certaines apparaissent d’ailleurs sur les deux albums de Periphery, ont ainsi vu le jour dans la maison familiale à Balfour, enregistrées sur son laptop. Mais avec le succès actuel de Periphery, prendre de telles vacances lui est maintenant quasi impossible. Venir se dorer au soleil mauricien alors que son groupe a le vent en poupe et doit faire face à de multiples sollicitations est désormais un luxe inaccessible pour Misha. Ses quelques visites ici ont néanmoins été l’occasion pour lui de jammer avec des musiciens locaux, dont certains ne cachent pas que Periphery est une de leur plus grande influence. En attendant, peut-être un jour, un concert sous nos cieux : « We would absolutely love to play in Mauritius ! If there is an offer that we can afford to take, we will be there in a heartbeat ! » nous dit-il. Sachant qu’outre l’Europe, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, le groupe s’est produit dans des destinations plus inhabituelles comme la Malaisie et l’Inde – où Periphery était la tête d’affiche d’un festival –, la chose n’est sans doute pas totalement du domaine du rêve…