MJS – DÉPLACEMENT À L'ÉTRANGER: L'allocation aux sportifs supprimée

Le monde sportif est remonté, notamment au vu des per diem mirobolants dont bénéficient les ministres pour leurs multiples voyages à l'étranger

Le gouvernement Lepep n'a cessé d'être pointé du doigt pour les salaires mirobolants offerts à leurs proches. Dont le fameux salaire de Rs 323 200 offert à l'ancienne directrice du Trust Fund for Specialised Medical Care, Vijaya Sumputh, une "amie" très très proche du ministre du Tourisme, Anil Gayan. Mais le sport ferait-il les frais de ses dépenses exagérées ? Depuis peu, les athlètes représentant le pays aux compétitions à l'étranger ne bénéficieraient plus de per diem, comme cela a toujours été le cas dans le passé !
Cette mesure impopulaire fait énormément jaser depuis quelque temps. Depuis la participation mauricienne aux VIIIes Jeux de la Francophonie de juillet à Abidjan, en Côte d'Ivoire, les athlètes, entraîneurs et officiels s'étant déplacés à l'étranger ont été pris de court après avoir été informés qu'ils ne bénéficieront pas d'argent de poche. « C'est tout simplement insultant et révoltant de la part du ministère de la Jeunesse et des Sports de venir avec une mesure aussi basse. Personnellement, je ne comprends pas le sens de cette démarche. Il faudra bien qu'on nous explique », s'insurge un dirigeant de fédération.
Pour nombre de sportifs et dirigeants, les 20 USD (environ Rs 700) remis aux athlètes quotidiennement lors de leurs déplacements à l'étranger sont insuffisants par rapport au coût de la vie, notamment dans les pays européens. Il n'empêche que cette somme, aussi minime soit-elle, dépannait beaucoup de sportifs mauriciens. « Si ces messieurs pensent que ces Rs 700 vont permettre aux athlètes de s'enrichir, ils se mettent le doigt dans l'œil », s'insurge un dirigeant. En effet, cette allocation était utilisée pour les besoins quotidiens, comme s'acheter une bouteille d'eau ou encore un sandwich à l'aéroport.
« À moins que certains l'ignorent, pour s'acheter quelque chose à manger en Europe, il faut compter 4 euros (Rs 160) au minimum. Si c'est comme cela que le ministre Stephan Toussaint et ses conseillers comptent motiver les athlètes en marge des Jeux des îles de l'océan Indien et les autres compétitions à venir, alors je leur souhaite bonne chance », fait-on remarquer.
Un autre dirigeant nous fait part d'une autre réflexion tout aussi sensée. « Ma question est toute simple. Est-ce que les ministres qui se déplacent à l'étranger sont, eux, traités de la même façon ? ». Il poursuit : « il ne faut pas oublier que l'hébergement est des fois en demi-pension. Cela fait que nos dirigeants et athlètes doivent contribuer afin de compléter le budget manquant. Comment fera-t-on dorénavant ? Seuls ceux qui ont pris cette décision détiennent la réponse », a déploré ce dirigeant.
Coïncidence avec l'annonce de la pension
Ce dirigeant va même plus loin dans sa réflexion en l'absence d'un communiqué officiel du MJS. « Ce qui est grave, c'est qu'on nous a balancé verbalement cette mesure à la figure sans nous donner la moindre raison. Or, ce qui est surprenant, c'est qu'au moment même de l'annonce d'une pension pour les athlètes retraités, le MJS décide de supprimer le per diem ! Je ne sais pas si ces deux mesures sont liées, mais si tel est le cas, je trouve cette décision très basse », a-t-il fait ressortir.
Il tient aussi à rappeler les largesses dont bénéficient les ministres lors de leurs voyages à l'étranger. À l'instar de l'ancien ministre de la Bonne gouvernance, Roshi Bhadain, pour lequel près de Rs 8 M avaient été déboursées par l'État en vue de ses voyages à l'étranger. « Ils sont nourris blanchis, alors que les athlètes qui doivent eux bien manger, doivent trouver l'argent pour se payer leurs déjeuners. C'est tout simplement révoltant », déclare ce dirigeant sportif.
Un athlète de haut niveau abonde dans le même sens, tout en soulignant ne pas saisir la portée de cette décision gouvernementale. « C'est désolant, voire démotivant. Cette mesure est insultante à l'égard des athlètes. »  Car pour lui, ce n'est guère évident pour un sportif représentant son pays de trouver de l'argent pour ses repas, d'autant que certains sont toujours étudiants. « Sur quel critère se base-t-on pour supprimer notre argent de poche ? Le ministre Toussaint a récemment déclaré qu'il fera son maximum pour que les athlètes évoluent dans des conditions optimales, afin de favoriser la performance. Est-ce de cette façon que les athlètes seront performants ? Je lui laisse le soin de nous donner la réponse », lance ce sportif particulièrement révolté.