L’ancien sprinteur international de haut niveau, Stephan Buckland, avait touché un point particulièrement sensible dans une interview accordée à Week-End à la fin de l’année dernière. Il avait questionné les politiques sur les raisons pour lesquelles les anciens athlètes de haut niveau ne bénéficient pas d’une pension contrairement aux parlementaires. Le gouvernement en a pris bonne note, d’où l’annonce faite par le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, lors de son discours-budget 2017/18. Les athlètes ayant brillé au plus haut niveau seront désormais mieux considérés à travers l’allocation d’une pension après la fin de leur carrière. Le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) invite les athlètes concernés à s’enregistrer afin de bénéficier de ces avantages. Il nous revient que la même démarche a aussi été enclenchée à Rodrigues.
Les athlètes seniors ayant fait honneur au pays lors des compétitions continentales, aussi bien qu’aux Jeux et Championnats mondiaux dans le passé, ont été invités à s’inscrire auprès du TFES, un organisme tombant sous le ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette mesure gouvernementale s’applique qu’aux citoyens mauriciens ayant décroché soit une médaille d’or, soit d’argent ou de bronze lors de ces grandes compétitions à partir du 12 mars 1968, soit le jour de l’indépendance du pays.
Parmi les grandes compétitions identifiées, le TFES parle des Jeux olympiques, des Jeux paralympiques, aussi bien que les Jeux de la Francophonie, les Jeux du Commonwealth, la Coupe du monde, les Jeux et Championnats d’Afrique et les Championnats du monde. Cette mesure sera appliquée aux athlètes ayant brillé dans des disciplines olympiques et aussi non olympiques. Pour être éligible toutefois, il est important que l’athlète soit déjà à la retraite et ait atteint ses 35 ans.
Le cas Arnaud Casquette
En revanche, si un athlète est toujours actif au-delà de cet âge, il bénéficiera de sa pension que lorsqu’il arrêtera sa carrière. Pour celui ou celle qui met un terme à sa carrière avant ses 35 ans, il faudra patienter, afin d’y être éligible. Il est également précisé dans un communiqué du TFES que si un athlète a eu des démêlées avec la justice ou s’il a, d’une façon ou d’une autre, terni l’image du sport ou de l’hymne national, il sera automatiquement disqualifié et ne bénéficiera donc d’aucune pension.
Dans ce cas précis, on retrouve un ancien athlète de haut niveau, nommément Arnaud Casquette, arrêté cette année pour vol. Arnaud Casquette avait été médaillé d’argent à la longueur (7m88) lors des Jeux de la Francophonie en 2001 à Ottawa au Canada. Il s’est aussi distingué avec une médaille de bronze avec l’équipe du 4x100m aux Championnats d’Afrique de 2002 en Tunisie et une médaille d’argent (8m03) lors des Jeux d’Afrique de 2007 en Algérie.
La question que l’on se pose est de savoir si, dans ce cas précis, un accompagnement psychologique suivi d’un encadrement spécialisé de l’État n’aurait pas été approprié pour Arnaud Casquette pour compenser sa situation qui, il faut le reconnaître, ne joue pas en sa faveur. Une autre interrogation subsiste, notamment en ce qui concerne les anciens champions qui ont émigré dans un autre pays, à l’instar du boxeur Giovanni Frontin et du judoka Jean-Claude Rafaël. Seront-ils aussi éligibles en vue de bénéficier de cette pension de l’État??
D’autre part, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, avait annoncé, il y a quelque temps de cela, que les paiements devraient débuter cette année. Si les procédures sont faites dans les délais prescrits, les anciens athlètes ayant roulé leurs bosses pendant des années et ayant surtout revendiqué haut et fort leur déception par rapport à un manque de considération de l’Etat à leur égard, ils seront enfin récompensés. Soulignons qu’à ce jour, un seul athlète a été en mesure de briller aux Jeux olympiques. C’était en 2008 à Pékin en Chine lorsque le boxeur Bruno Julie a décroché la médaille de bronze.
L’or de Sunee aux Jeux du Commonwealth
Ce dernier est aussi reconnu pour avoir décroché des titres au niveau africain. A ce niveau d’ailleurs, on retrouve pas mal de boxeurs, à l’image des Michaël Macaque et jusqu’à tout récemment Kennedy St Pierre, qui a été un des rares à avoir brillé avec un titre aux Jeux et aux Championnats d’Afrique. Sans oublier qu’il avait été médaillé d’argent lors des Jeux du Commonwealth de 2014 à Glasgow en Ecosse. Il ne faut également pas oublier cette belle médaille d’or remportée par Richard Sunee, lors justement des Jeux du Commonwealth en 1998 en Malaisie. C’est du reste la seule médaille d’or remportée par Maurice à ces Jeux à ce jour dans cette compétition.
L’ancien spécialiste du 200m, Stephan Buckland, avait lui remporté la finale mondiale de 2008 à Stuttgart en Allemagne et des médailles d’argent aux Championnats d’Afrique. Il a aussi remporté l’or aux Jeux de la Francophonie en 2001 à Ottawa au Canada. Quant à l’ancien spécialiste du 400m, il est devenu une légende africaine en remportant trois fois d’affilée le titre de la distance, notamment en 2000 (Algérie), en 2002 (Tunise) et en 2004 (Congo-Brazzaville). Et pour remonter un peu plus dans le temps, l’Association mauricienne d’Athlétisme devrait retrouver un certain Judex Lefou, vainqueur au 110m haies aux Jeux d’Afrique de 1987 (Nairobi) et de 1991 (Egypte) dans cette liste du TFES.
Les anciens champions d’Afrique de judo que sont Priscilla Chéry, Marie Michelle St Louis et autres Antonio Félicité devraient aussi faire partie de cette liste, tout comme Karen Foo Kune et Eddy Clarisse en badminton et Gino Sooprayen en haltérophilie.