Le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) a récemment dressé une liste d’athlètes éligibles à recevoir une pension de l’Etat, comme annoncé par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, dans son dernier discours budget. Cent dix-neuf bénéficiaires y sont inscrits, parmi lesquels on retrouve en première position l’ancien boxeur Bruno Julie, le seul médaillé olympique (bronze) mauricien à ce jour, qui a notamment brillé aux Jeux de Pékin (Chine) en 2008. Il n’empêche que la présence de deux anciens sportifs sur cette liste interpelle, nommément l’ancien spécialiste du saut en longueur, Arnaud Casquette, et le kick-boxeur Angelo Thomas. Les deux ont eu des démêlés avec la justice, alors que les règlements sont clairs à ce sujet.
Le 1er septembre, le TFES a publié un communiqué pour inviter les anciens athlètes ayant brillé au plus haut niveau à se faire inscrire dans le cadre du « State Recognition allowance scheme for retired athletes ». De ce même communiqué, il est stipulé à la section 3 que : « Retired eligible athletes who are convicted of criminal offence or who in one way or another having brought disrepute to the sports sector and the Motherland will be disqualified from benefitting from the scheme ».
Or, Angelo Thomas, qui était licencié de la fédération mauricienne de kick-boxing jusqu’en 2012 avant de raccrocher les gants, avait été arrêté en décembre 2015 dans une affaire de drogue. Dans le cas d’Arnaud Casquette, l’ancien spécialiste de la longueur a connu des problèmes avec la drogue avant d’être arrêté cette année pour une histoire de vol. Contrairement à Angelo Thomas, Arnaud Casquette a été victime de dépendance avant d’avoir ensuite des démêlés avec la justice pour un cas de vol. Comme indiqué dans notre livraison du 3 septembre, on se demande s’il ne serait pas plus approprié si le médaillé d’argent des Jeux de la Francophonie en 2001 à Ottawa, au Canada, pouvait bénéficier d’un accompagnement psychologique suivi d’un encadrement spécialisé de l’Etat pour compenser sa situation.
Dans une autre mesure, une réflexion serait la bienvenue sur la section 3 de ce communiqué, et ce, dans un souci d’humanité. À l’instar du certificat de moralité, cette section condamne sévèrement — et économiquement — les écarts face à la loi, sans pour autant permettre de questionner les tenants et aboutissants ayant conduit à ces incartades. Et face à une sanction aussi rigide, les chances de réhabilitation s’amenuisent.