MME HEBA CAPDEVILA-JANGEERKHAN, présidente du conseil d’administration du MIoD : « Nous avons pris la décision qui s’imposait »

Le 22 septembre, le conseil d’administration du MIoD, que vous présidez, a décidé de mettre fin aux fonctions du CEO en évoquant des « désaccords » et des « différends » tout en reconnaissant le travail qu’il avait accompli.
— Le communiqué disait que le conseil d’administration reconnaissait qu’il avait pris certaines initiatives réussies.
Et puis, il y a un deuxième communiqué annonçant la nomination d’un remplaçant au CEO. Et une partie de ce communiqué répond à un email de Juan Carlos Zara qui n’avait pas été rendu public jusqu’alors...
— Non, cet email était public, puisque Juan Carlos l’avait envoyé aux membres fondateurs, aux membres et aux partenaires du MIoD. C’est ce qui nous a poussés à lui répondre par le biais d’une mise au point.
Dans son email, Juan Carlos Zara explique les raisons qui auraient poussé le comité de direction du MIoD à mettre fin à son contrat. Il explique que vous vous étiez entendue avec lui pour aller réclamer à un des « patrons » du MIoD la somme que son entreprise devait à la MIoD, ce que vous aviez accepté. Il explique que vous lui avez envoyé un email pour dire que le CEO que vous aviez rencontré vous avait proposé de devenir membre de son board et que vous avez jugé bon de ne pas lui faire de réclamation. Pour Juan Carlos Zara, cela pourrait relever d’un éventuel conflit d’intérêts. Votre réaction ?
— Merci de me poser cette question qui me permet de clarifier les choses, surtout que mon intégrité est mise en question. La présidence et les membres du conseil d’administration du MIoD sont des directeurs non executifs et indépendants. Faire partie de ce conseil n’interdit à aucun des directeurs de considérer la possibilité d’accepter de siéger comme membre d’un autre conseil d’administration. En fait, le MIoD tient un registre de ceux qui pourraient siéger sur un conseil d’administration et qui est souvent utilisé par les directeurs de compagnie. Oui, j’ai rencontré un CEO dont la compagnie était à la recherche de membres pouvant siéger sur son conseil d’administration et avait approché la MIoD à cet effet. Le but de la réunion était de me donner un « feed back » sur les CV que le MIoD leur avait transmis. Est-ce que lors de cette réunion on m’a proposé de siéger comme membre sur un conseil d’administration ? Non. Est-ce qu’on m’a demandé de réfléchir sur une éventuelle proposition pour siéger sur un conseil d’administration ? Oui.
Avez-vous accepté cette proposition ?
— Non. Et ce en raison de mon contexte professionnel et du groupe dont je fais partie. C’est à ce niveau que je devais vérifier s’il pouvait exister un possible conflit d’intérêts puisque nous travaillons dans le même secteur. Ma demande de réflexion sur un éventuel conflit d’intérêts n’avait rien à faire avec le MIoD. Et je suis persuadée que le contexte pour réclamer les Rs 100 000 d’arriérés du MIoD n’était pas approprié.
D’où le communiqué disant que, « the Chairperson’s role is not to chase debtors. » Expliquez-moi comment une institution comme le MIoD qui, depuis des années, organise des cours sur la bonne gouvernance, peut-elle renvoyer son CEO sans lui donner le droit а la parole ?
— Pendant des années, le MIoD s’est établi une solide réputation à Maurice et ailleurs dans la communauté des affaires. Il est important de bâtir sur cette réputation au lieu de la mettre de côté. Sans trahir aucune confidentialité, je peux dire que les différends entre le conseil d’administration et l’ex-CEO ne datent pas d’hier. Ils remontent, en fait, à seize mois, et se sont accumulés. A plusieurs reprises il a été demandé à l’ex-CEO de régler ces différends. Mais il n’y a pas eu que ça et malgré des réunions au cours des derniers mois et il était devenu évident que le CEO ne pouvait plus rester.
Je ne vais pas entrer dans le détail de ce que chacun reproche à l’autre. Ce qui me surprend c’est la manière utilisée pour remercier l’ex-CEO. Pourquoi ne pas l’avoir convoqué pour lui communiquer la décision comme cela se fait dans n’importe quelle entreprise, surtout que le MIoD donne des cours sur de la bonne gouvernance ?
— Nous avons respecté tous les règlements en cours et consulté nos hommes de loi avant de prendre la décision.
Est-ce parce que l’ex-CEO vous a questionnée sur le fait que vous n’avez pas réclamé les arriérés qui a été l’élément déclencheur d’une prise de décision dans une situation qui dure depuis seize mois ?
— Pas du tout. Ce n’est pas moi qui suis concernée, mais l’institution qu’est le MIoD
Vous êtes satisfaite de ce qui a été fait ?
— Absolument.
Vous ne craignez pas que cette manière de faire décourage les étrangers à venir travailler à Maurice à des postes de responsabilité ?
— Nous ne devons pas avoir peur de prendre les décisions qu’il faut prendre. Il faut avoir le courage de les prendre. Je suis absolument convaincue que nous avons pris la décision qui s’imposait pour le MIoD. La décision n’a pas été facile à prendre, mais elle était devenu eindispensable. A partir de maintenant, nous regardons devant nous. Nous allons nous concentrer sur le recrutement d’un nouveau CEO et celui qui assure l’intérim va continuer les programmes et les formations et préparer la prochaine assemblée générale.