MMM - AGALÉGA : « Le flou autour de l'accord sur la sécurité maritime est malsain » selon Bérenger

Le leader du MMM, Paul Bérenger, a déploré samedi le fait que le Premier ministre ait maintenu le flou autour de la publication éventuelle de l'accord conclu sur la sécurité maritime lors de sa visite officielle en Inde. Paul Bérenger, qui se référait à la PNQ de vendredi du leader de l'opposition, Xavier-Luc Duval, estime « malsain » que Pravind Jugnauth « n'ait pas donné de réponse claire et nette » concernant la publication de cet accord. « Sa réponse à la PNQ a causé encore plus d'inquiétudes et de doutes », estime Paul Bérenger, qui demande donc que le rapport soit rendu public, de même que le « Project Plan » aussitôt que les Indiens seront prêts avec les détails de ce dernier document.
Paul Bérenger a rappelé qu'en 2003, alors qu'il était Premier ministre, il avait déjà été convenu que l'Inde finance aussi bien la création de la piste d'atterrissage que la jetée. « Dans notre optique, il devait y avoir également un projet du secteur privé consistant en la création de 20 chalets. De plus, la compagnie aérienne Catovair avait été créée dans le but d'assurer une liaison régulière entre Agaléga et Maurice. À l’époque, il n'y avait aucune condition », a-t-il ajouté.
Paul Bérenger a par ailleurs rappelé que le leader du Ptr, Navin Ramgoolam, a affirmé qu'alors qu'il était Premier ministre, il avait « refusé ce que Pravind Jugnauth a accepté » aujourd'hui. Il estime cependant que l'ancien Premier ministre a « le devoir, vis-à-vis de la population et vis-à-vis de l'Inde, de révéler les conditions dont il fait mention ». Paul Bérenger a insisté sur le fait que « la vigilance s'impose au sujet de ce qui se passe à Agaléga » avant de rappeler « la lutte du MMM concernant l'intégrité territoriale » du pays. Et de poursuivre que « c'est grâce à la lutte menée par le MMM que le dossier des Chagos a éclaté au grand jour » avant de rappeler la « réticence de sir Seewoosagur Ramgoolam », alors qu'il était Premier ministre, « de parler des Chagos, allant jusqu'à dire que “Diego Garcia is british territory” ». Selon Paul Bérenger, « nous avons été les premiers à nous battre pour que Maurice retrouve sa souveraineté sur les Chagos et Tromelin ». Dès lors, « ce n'est pas aujourd'hui que le MMM ne sera pas vigilant concernant Agaléga ».
Sur un autre volet, le leader des mauves, qui doit intervenir demain sur le budget, a noté un « désintéressement », aussi bien au Parlement que parmi la population, concernant l'exercice budgétaire avant de dire observer que « les commentateurs et économistes sérieux sont unanimes à dire que le budget ne permettra pas de relance » économique. Selon lui, les dernières estimations de la MCB prévoient que la croissance « ne dépassera pas 3,8% ».
Par ailleurs, Paul Bérenger a observé qu'alors que le budget « s'est défait des deux derniers fonds créés par Rama Sithanen » – à savoir le Mauritius Fund et le Mauritius Resilience Fund –, « cinq autres fonds ont été créés dans le sillage de l'obtention d'une ligne de crédit de USD 500 millions du gouvernement indien sous la forme de “special purpose vehicle” », et qui seront notamment consacrés, dit-il, au métro express, au projet de Côte-d'Or, aux logements sociaux, au remplacement de tuyaux de la CWA et au CEB en vue de la création d'un système d'“energy storage”. Paul Bérenger a rappelé qu'il « ne faut pas oublier que la ligne de crédit obtenue du gouvernement indien, en dehors du don de Rs 12,7 M, doit aussi être remboursée ». Et de déplorer également que le “levy” de Rs 4 sur le litre d'essence a été maintenu et que « les revenus seront versés directement dans le budget ».
Paul Bérenger a d'autre part dénoncé « la façon dont le ministre des Services financiers a géré le dossier d'Alvaro Sobrinho ». Il souligne d'ailleurs son intention d'évoquer la situation en Angola dans son intervention de demain. Paul Bérenger estime par ailleurs « inacceptable que l'argent public soit utilisé pour financer les voyages de la présidente de la République pour le compte de Planet Earth ». De même qu'il trouve tout aussi « inacceptable » que Alvaro Sobrinho « finance les visites officielles de la présidente », laquelle, selon lui, « devrait se retirer tranquillement ».