Le MMM a réclamé samedi la réintégration du président de la Port-Louis Maritime Employees Association (PLMEA), Alain Edouard, qui a été limogé de la Cargo Handling Corporation (CHC). Le leader du parti, Paul Bérenger, a réclamé l’intervention du Premier ministre adjoint, Xavier-Luc Duval, responsable du secteur portuaire au gouvernement, afin que cette mesure prise par la direction de la CHC soit revue quitte à donner un avertissement au principal concerné si elle considère qu’il a eu tort de quitter son travail à 12 h 06 le 31 décembre dernier.
Pour Paul Bérenger, il n’est pas juste de dire que le comité disciplinaire institué pour se pencher sur ce problème a recommandé le limogeage d’Alain Edouard. Le comité a simplement trouvé que le président du syndicat portuaire coupable d’avoir quitté son poste sans autorisation à 12 h 06. Par conséquent, a-t-il estimé, ce limogeage constitue une véritable provocation avec laquelle le MMM n’est pas d’accord. « C’est de la répression syndicale qui ouvre la voie à l’arrivée de DP World dans le port. Cette compagnie a la réputation à travers le monde de traiter les travailleurs sans pitié et sans respect. Ce limogeage a une portée symbolique et est très grave », affirme le leader du MMM.
La conférence de presse, tenue avant la réunion du bureau politique du parti samedi, a permis à Paul Bérenger d’évoquer plusieurs points d’actualité. Commentant la déclaration du Premier ministre à l’effet qu’il n’y aura aucun cover up, il a demandé à ce qu’elle soit traduite dans la pratique et que le commissaire de Police la tienne en considération. Il a dénoncé « les menaces perpétrées contre ceux qui ont le courage de dénoncer ». Concernant Vishnu Lutchmeenaraidoo, il a critiqué le fait que malgré le deuxième judge’s order concernant la levée des secrets sur son compte bancaire, sir Anerood Jugnauth n’a toujours pas jugé bon de le révoquer comme ministre. Par ailleurs, il a dénoncé la décision de la SBM de choisir l’ancien juge Domah pour présider une commission d’enquête sur la fuite à la banque. « Pourvu qu’il ne demande pas un gagging order avec effet rétroactif », a-t-il ironisé.
S’agissant du choix du vice-président de la République, qui fera l’objet d’une motion à l’Assemblée nationale demain, Paul Bérenger, a déploré que l’opposition n’ait pas été consultée. Il affirme que le MMM n’a rien contre Barlen Vyapoury et qu’une décision sera prise pour voir si le MMM secondera la motion du Premier ministre.
Évoquant la motion que doit présenter demain le Premier ministre au sujet de la constitution d’un comité pour se pencher sur la mise en application de la retransmission en direct des travaux parlementaires, Paul Bérenger s’est interrogé sur sa composition ainsi que sur la présidence du comité parlementaire qui sera chargé de superviser la retransmission des travaux.
Le leader de l’opposition a finalement évoqué le projet de loi concernant le projet de Build Operate and Transfer. Il s’est étonné que ce texte de loi soit présenté avec un certificat d’urgence après trois mois de vacances. Il a rappelé qu’un texte de loi sur le Public Private Partnership avait été adopté par le parlement en 2004 et que le BOT est un exemple de coopération entre le secteur public et le secteur privé. Il a attiré l’attention sur un avertissement du FMI qui réclame la création d’un encadrement légal pour prévenir les risques fiscaux qui peuvent se présenter. Il observe qu’il n’y a aucun problème avec les projets BOIT. Toutefois, en raison de l’engagement de l’État, cela représente un risque pour l’endettement dans l’éventualité où un problème surgirait pendant l’exécution du projet.
Répondant à des questions de la presse, Paul Bérenger est revenu sur une déclaration faite durant la semaine selon laquelle le MMM n’est pas en faveur des élections partielles en série mais souhaite que le gouvernement aille plus loin. Toutefois, si des élections partielles devaient être organisées, le MMM se dit prêt à les affronter.
À la fin de la conférence de presse, les membres du Bureau politique présents ont tenu à célébrer l’anniversaire de Paul Bérenger qui a été invité à couper un gâteau.