Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, est revenu hier sur l’avis légal de l’acting Attorney General concernant les pouvoirs de nomination du Président de la République. Il a annoncé avoir déjà adressé une lettre à la Présidente suppléante, Monique Ohsan-Bellepeau, à cet effet et a précisé avoir sollicité une rencontre avec la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, qui rentre au pays aujourd’hui après un périple qui l’a menée en France, en Afrique du Sud et en Inde.
Paul Bérenger a qualifié de choquante « la légèreté avec laquelle le gouvernement traite ce Ruling, qu’il a approuvé, et qui a fait qu’une série de nominations effectuées par le Président sont désormais anticonstitutionnelles ». Comme il l’explique dans une lettre adressée à la Présidente p.i de la République, selon l’avis légal de l’acting Attorney General, le Président doit toujours agir conformément au conseil donné par le cabinet ou le ministre concerné agissant sous l’autorité du cabinet sauf dans deux cas : (a) lorsque la Constitution donne le pouvoir au Président d’agir sur les conseils de, ou après consultation avec « any person or authority other than the cabinet », (b) lorsque la Constitution stipule que le Président doit agir « on his own deliberate judgement ». Ce qui a amené l’acting Attorney General à considérer que permettre au Président de procéder à la nomination du directeur de l’agence et des membres de l’Integrity Reporting Board constituerait une violation de la Constitution d’autant que « government endorsed that advice and acted upon it in the National assembly on the same day ».
Par conséquent le leader de l’opposition estime que la nomination de l’Ombudsperson for Children qui n’est pas un poste constitutionnel constitue une violation de la Constitution. Paul Bérenger ajoute que le gouvernement a le choix entre l’amendement de toutes les lois qui à l’instar de celle portant sur la nomination de l’Ombudsperson ne sont plus conformes à la Constitution, ou amender la Constitution afin de redonner au Président de la République ses pouvoirs de nomination.
Paul Bérenger a indiqué que Monique Ohsan-Bellepeau a répondu à la lettre qui lui a été adressée et a indiqué que « further advice is being sought accordingly ». Il envisage de soulever toutes ces questions avec la Présidente de la République. « Nous sommes dans un État de droit et nous ne pouvons aller de l’avant avec des nominations illégales », dit-il. Le leader de l’opposition a relevé que le ministre Ivan Collendavelloo a affirmé que depuis longtemps il a un doute sur cet aspect de la Constitution et s’étonne qu’il n’ait jamais soulevé ce point lorsqu’il était au MMM. « J’ai pour principe de placer la Constitution au-dessus des intérêts de mon parti », dit-il. Paul Bérenger a annoncé qu’il compte saisir la Cour suprême la prochaine fois que le Président de la République lui demandera de donner son avis en sa capacité de leader de l’opposition au sujet d’une nomination comme prévu par la loi.
S’agissant de la controverse autour de la nomination du vice-Président, Paul Bérenger a affirmé que le MMM condamne les « propos insultants du Premier ministre à l’égard des travailleurs manuels ». Il a d’autre part salué l’attitude de Vidya Narayen qui a décliné l’offre qui lui a été faite concernant le poste de vice-Présidente. À son avis, l’actuelle vice-Présidente, dont le mandat a pris fin, aurait dû soumettre sa démission afin de ne pas être un « bouche-trou » en attendant la nomination du prochain vice-Président.
Interrogé concernant l’affaire Gorah Issac, Paul Bérenger a indiqué qui dira ce qu’il sait au sujet de cette affaire si on le lui demande. Toutefois, il a affirmé avoir tout dit en 1996 et 2000 à ce sujet et que l’affaire avait été portée devant le DPP qui avait considéré qu’il y a No case to answer. Il a aussi affirmé ne pas se rappeler des détails de l’affaire et s’est étonné que la police ait affirmé avoir perdu des documents. Il reconnaît toutefois que la vérité sur l’affaire Gorah Issac n’a pas encore été faite.