MMM — GESTION ÉCONOMIQUE DU PAYS : Bérenger revient sur la mise en garde du FMI à Maurice

Le leader du MMM a décortiqué samedi le rapport de mission du FMI consacré à Maurice, et connu comme l'IMF Staff Completes 2017 Article IV Mission to Mauritius. Paul Bérenger en est arrivé à la conclusion que ce rapport « tire la sonnette d’alarme de façon sans précédent » sur la situation économique du pays.

Si, à première vue, le rapport du FMI sur l'économie de Maurice paraît positif, puisqu’il concède que l’économie mauricienne est « robuste », Paul Bérenger affirme que c’est « un terme générique qui ne veut pas dire grand-chose ». Ayant étudié le rapport en profondeur, le leader du MMM a observé qu’en termes cotés, « le rapport tire la sonnette d’alarme de façon sans précédent ». Pour cause, « chaque déclaration positive est assortie d’une mise en garde sonore à travers des expressions comme “however” ». Il a expliqué que le rapport souligne que l’économie mauricienne est dans un « challenging environment » et que « vulnerabilities are rising ». Ce qui signifie, en des termes plus clairs, que le pays aura à faire face à « d’importants défis et à des problèmes ». De plus, le rapport convie le pays à procéder à un exercice pour « rebuild the credibility of the fiscal anchor and create fiscal space for infrastructure and human capital investment ». Ce qui suggère que la crédibilité de la politique budgétaire est mise à l’épreuve.
« Il est clair que le FMI n’est pas satisfait de la gestion de la dette publique et du déficit budgétaire, et que les investissements dans les infrastructures et les ressources humaines sont insuffisants », relève le leader du MMM. Il rappelle avoir lui-même dénoncé, dans ses commentaires sur le budget, « la pratique du ministère des Finances, qui a réduit les dépenses consacrées aux infrastructures et au développement au profit des dépenses courantes, ce qui est nuisible à la relance et à l’avenir ». Le FMI, selon Paul Bérenger, tire également la sonnette d’alarme par rapport à une montée de l’inflation, qui pourrait se maintenir à un niveau supérieur à 5% durant l’année.
Autre sujet d’inquiétude : le FMI attire l’attention sur le risque d’une hausse du déficit des comptes courants, et ce à moyen terme, « due to growing domestic demand, the high import component of the government’s investment program, and planned aircraft purchases ». Le FMI propose urgemment une plus grande flexibilité dans la politique de change, ce qui peut vouloir dire une dépréciation de la roupie. « C’est cela le plus inquiétant », observe le leader du MMM, qui soutient que le FMI avertit Maurice des risques d’endettement.

Survie de l’industrie sucrière en jeu

Dans un autre ordre d’idées, Paul Bérenger a exprimé l’inquiétude du MMM concernant la situation du secteur sucrier. Il déplore que le gouvernement annonce l’institution d’un comité technique « alors que c’est la survie de l’industrie sucrière qui est en jeu ». Paul Bérenger rappelle que le nombre de petits planteurs a baissé de 40% en dix ans et que les terres sous cannes, elles, ont chuté de 30% durant la même période. « Le gouvernement aurait dû avoir une vision plus globale de la situation. On ne peut parler de l’industrie sucrière sans parler de la production de l’énergie électrique. Ce n’est pas un comité technique qui pourra revoir à moyen terme tout cela », estime-t-il.
Le leader du MMM déplore par ailleurs qu’un consultant a été nommé pour se pencher sur l’importation du gaz, mais « qu'aucune politique n’a été énoncée » concernant la production d’éthanol. « Le problème, évidemment, est que plus la production de la canne diminue, moins la bagasse sera disponible pour satisfaire les besoins énergétiques, avec ce que cela comporte comme problèmes au niveau de l’environnement. » Il souligne que l’aide aux petits planteurs est « indispensable », notamment à travers le SIFB. Toutefois, « il faut connaître clairement les réserves dont dispose cette instance ». Et d'annoncer que le MMM travaille actuellement sur un document global consacré à l’industrie sucrière.
Paul Bérenger a finalement tenu à affirmer que Adil Ameer Meea n’a « à aucun moment » rencontré Pravind Jugnauth lors de la réception donnée par le haut-commissaire indien à l’occasion du 70e anniversaire de l’indépendance de l’Inde.