Le leader adjoint du MMM Reza Uteem, qui était entouré des membres de l’équipe économique de son parti, s’est montré très pessimiste quant à la situation économique du pays pour l’année 2016. Il a observé que « tous les indicateurs économiques sont au rouge » avant de dire ne pas penser qu’avec un taux de croissance de moins de 4%, des emplois puissent être créés. Le député du MMM a attiré l’attention sur le déficit budgétaire et la hausse de l’endettement public, « qui est entré dans une zone rouge » en atteignant un niveau de 64%.
Comparant la situation actuelle à celle de l’année dernière, Reza Uteem a observé que, dans le sillage des dernières élections, le gouvernement avait revu à la hausse les allocations de pensions et accordé une augmentation salariale de Rs 600. Le ministre des Finances parlait alors de « 2e miracle économique » et de « feel good factor ». Un an plus tard, le contraste est « saisissant », a-t-il estimé. « Les syndicalistes, larmes aux yeux, affichent leur désespoir. Devant l’intransigeance du gouvernement qui proposait une compensation salariale de Rs 150, ils ont dû effectuer un “walk-out” lors de la réunion tripartite. C’est sous la pression des syndicats, de l’opposition et de l’opinion publique que le gouvernement a accepté d’accorder une compensation de Rs 250 à ceux touchant moins de Rs 10 000, et ce alors que le leader de l’opposition a dû insister auprès du ministre des Finances pour que la compensation de Rs 250 soit étendue aux bénéficiaires des allocations de pensions. »
Reza Uteem est d’avis que le « mood » est à la « morosité » au niveau du secteur privé en raison d’un « manque de confiance ». Ce qui explique, selon lui, les appels répétés du Premier ministre aux entreprises du secteur privé pour qu’elles créent de l’emploi. Le leader adjoint du MMM a dénoncé « le refus du gouvernement de renouveler le contrat de travail des travailleurs étrangers » dans les entreprises textiles, au point qu’une usine comme la CMT, selon lui, « a menacé de délocaliser sa production vers Madagascar ». Reza Uteem s’est dit « solidaire » envers les entreprises du secteur textile et de l’industrie hôtelière qui, « en raison de l’attitude du gouvernement par rapport aux travailleurs étrangers, passent par des moments difficiles ».
Par ailleurs, Reza Uteem a observé que le gouvernement « n’a pas tenu sa promesse » par rapport aux PME. « La création du “one stop shop” se fait toujours attendre et la promesse de débloquer Rs 10 milliards pour aider les petites entreprises ne connaît aucune suite », a-t-il fait ressortir. Dans un même élan, le député mauve a observé qu’au lieu d’avoir une banque dédiée aux PME, « le gouvernement a fusionné des banques en faillites, la Bramer et la MPCB ». Et d’ajouter : « Rs 4 milliards ont déjà été investies dans ces banques en difficulté. Comment vont-elles aider les PME ? » s’est-il demandé.
Concernant les indicateurs économiques, Reza Uteem a constaté qu’ils « sont au rouge ». C’est le cas, selon lui, de la dette publique, « qui a atteint un taux de 63,4% ». Taux qui « n’inclut toutefois pas le montant des Rs 16,3 milliards que le gouvernement devra payé aux détenteurs du “super gold cash back” » et du Bramer Asset Management. Selon le leader adjoint du MMM, « une bonne partie de cet argent viendra des contribuables ».
À cette situation viennent s’ajouter les investissements directs étrangers, « qui n’ont jamais été aussi bas », selon Reza Uteem. « Seulement Rs 7,2 milliards ont été investies » cette année, contre Rs 20 milliards en 2012. « De plus, 90% de ces investissements sont allés dans l’immobilier », a-t-il relevé.
Reza Uteem a accusé le gouvernement d’avoir « mal géré » le dossier de la BAI. Il a lancé un appel aux Special Administrators pour leur demander de s’assurer qu’ils reçoivent « value for money » lors de la liquidation des avoirs immobiliers associés à la BAI.
Le député mauve a, au passage, aussi critiqué la manière dont les ministres des Finances et de la Bonne gouvernance ont négocié le traité de non-double imposition avec l’Inde. « Au point qu’aujourd’hui, Singapour a largement dépassé Maurice, car deux fois plus de fonds passent par ce pays pour être investis en Inde », argue-t-il. Au chapitre de la croissance économique, il a relevé qu’alors que le ministre des Finances avait prévu une hausse de 5,3% en 2015 et une hausse de 5,7% en 2015/16, le FMI prévoit que ce taux ne dépassera pas 4%. Au niveau du taux du chômage, Reza Uteem témoigne d’une « guerre des chiffres » entre le gouvernement et les syndicats, qui tourne autour de 8%. Le député mauve constate également que « 60% des chômeurs sont des femmes ».
Alors que le gouvernement actuel accuse son prédécesseur d’avoir « abusé de ses pouvoirs en employant des proches et des agents politiques » à divers postes, « ce gouvernement fait pire », juge Reza Uteem. Et d’ajouter qu’« un tiers des 60 médecins recrutés récemment par le gouvernement sont des proches de dirigeants politiques ».
Finalement, Reza Uteem a condamné « la mauvaise gestion » par le gouvernement du problème des marchands ambulants. « Aujourd’hui, c’est le chaos total par la faute du gouvernement », a-t-il estimé.