Depuis le début de cette semaine, la tension est montée d’un cran dans le port. En effet, la Port Louis Maritime Employees Association (PLMEA), syndicat regroupant différentes catégories d’employés de ce secteur, objecte formellement à la décision de la Cargo Handling Corporation (CHC) de maintenir les opérations portuaires au-delà de 12 heures les 24 et 31 décembre. Dans une lettre de protestation adressée à la direction de la CHC et avec copies au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, au Deputy Prime Minister et ministre des Communications extérieures, Xavier-Luc Duval, et à d’autres membres du gouvernement, Alain Edouard, président de la PLMEA, Fernand Fanor, secrétaire et Ashok Subron, négociateur syndical, accusent le Managing Director de la CHC, Gassen Dorsami, de vouloir violer des dispositions du Collective Agreement dans le port.
Depuis la fin de la semaine dernière, soit le 17, la CHC a informé officiellement les employés du port que le travail se poursuivra normalement à la veille de Noël et du Nouvel An, mettant un terme à la tradition de la fin de la journée de travail à midi ces deux jours à la condition de la « provision bato fini ». Les syndicalistes soutiennent que la CHC a pris la décision de renverser cette situation sous pression du secteur privé portuaire, qui n’a jamais vu d’un bon oeil cette facilité dont bénéficient les employés pour ces deux jours.
La PLMEA demande dans la correspondance du jour au management de la CHC de surseoir à cette décision et « not to proceed with any alteration of existing work conditions » et menace que tout entêtement de la part de la direction pourrait déboucher sur un deadlock dans les relations entre patronat et syndicat. « The PLMEA brings to your attention that any alteration of work conditions while a legal collective bargaining process is underway will be considered as bad faith on the part the Management of the CHCL and might lead to deadlock in the current negotiations, thus unleashing unnecessary serious industrial tensions in the port sector of Mauritius », font ressortir les signataires de la protestation.
La PLMEA fait état de ses préoccupations devant la démarche de la CHC, notamment que « you, the Managing Director is seriously violating the principle of collective bargaining, existing Terms and Condition of Service in force at the CHCL Ltd, as well as existing Agreements in force at the CHCL ». Le syndicat maintient que l’arrêt du travail à midi les 24 et 31 décembre fait partie des conditions de travail et « any change in same should have been negotiated and agreed with the recognized union during previous Collective Bargaining process and included in the Collective Agreement of 2013 and previous Salary Review Reports ».
Ashok Subron, qui dénonce le court délai de l’annonce de cette décision unilatérale, est d’avis que tout changement aux heures de travail les 24 et 31 décembre dans le port devra faire l’objet de discussions approfondies avec le syndicat en conformité avec les provisions de la loi et les principes de Collective Bargaining. Le négociateur de la PLMEA regrette que « instead of negotiating on the issue, the Management, in manners reminiscent of the colonial time, decided to by-pass the duly democratic and legal union of the employees of the CHCL. The PLMEA forcefully denounced the Management’s attempts to stifle the trade unions rights of employees of the CHCL and to individually threaten employees of CHCL so to unilaterally impose fundamental alteration to the existing conditions of employment ».
À la mi-journée, le stand du syndicat était qu’il n’est pas question que la décision du management de la CHC soit mise en vigueur car « employees of the CHCL are under no obligation to accept any unilateral, and illegal alteration to their existing conditions of employment as regards to working time on the 24th and 31st of December 2015. In line with provisions of the Employment Rights Act, the PLMEA on behalf of employees of the bargaining unit, are notifying you that employees are under no obligation, and will not, perform any extra duty outside the existing stipulated hours forming part of the current conditions of employment ».
Affaire à suivre…