MONTAGNE BLANCHE : Entre fraîcheur et tranquillité

Le village de Montagne Blanche est le plus reculé de la région de Flacq. Il est situé à une altitude de 309 mètres au-dessus du niveau de la mer. Son climat et ses habitants participent à la beauté de ce bourg. De nombreuses boutiques agrémentent le paysage.


Jerry Rouget, un seggaeman sur la vague indienne
Vous avez probablement dû entendre la chanson Kabhi Na Kabhi To Miloge dans une version seggae à la radio ou sur les réseaux sociaux. Depuis que Jerry Rouget a proposé cette reprise, il a grandi en popularité. Son village l’a aidé à faire de la musique en s’enrichissant de multiples influences. “Montagne Blanche est un village multiculturel et calme. J’aime être ici. C’est le respect des habitants qui m’a poussé à chanter en hindi. Je l’ai fait dans le but de rassembler les gens. À l’hôtel où je travaille, je chante en hindi pour satisfaire les clients de la Grande Péninsule”, confie celui qui a déposé ses bagages dans ce patelin lorsqu’il s’est marié, il y a douze ans.
Les habitants de son quartier ne cessent de le féliciter pour sa reprise. “J’ai organisé récemment une petite fête avec mon groupe chez moi. J’ai chanté Kabhi Na Kabhi… Les voisins se sont rapprochés spontanément”, confie le chanteur de 37 ans, qui compte deux albums intitulés Why et L’héritage Seggae. Il sortira un prochain album fin septembre.
Jerry Rouget chante depuis qu’il a 14 ans. Il a commencé à jouer de la guitare au collège avec ses amis. “Mon père m’a emmené à un concert de Kaya au Dojo à Grande Rivière. En écoutant du reggae, je me suis senti à l’aise dans ce registre.”
Il monte son premier groupe de musique, Zanfan Malherbes, en 1997. “J’habitais Résidence Malherbes à cette époque”, raconte celui qui a fait sa première scène pour le quinzième anniversaire d’une entreprise de construction. “Avant de me dédier complètement à la musique, je travaillais dans cette entreprise.”


Anish Puttoo, le quincaillier culturiste
La quincaillerie JK Puttoo & Sons Ltd existe depuis 35 ans. Anish Puttoo, 37 ans, a repris le flambeau, il y a dix ans. “Mon père, Jeewan Kumar Puttoo, tenait cette affaire. Il a débuté avec un atelier de mécanique. Lorsque l’atelier a pris feu, il a tout reconstruit et a monté cette quincaillerie.” Une quincaillerie qui a laissé la place à plusieurs bâtiments, qu’il loue aux gens de la localité. “Notre affaire marche bien, même s’il y a d’autres commerces de ce genre à Montagne Blanche.”
Suivant les pas de son père, le quincaillier ouvre, en 2010, Ayansh Hardcore Gym. “Je l’ai nommé Ayansh comme mon fils, qui a neuf mois. Mes deux enfants Ayansh et Arshi sont mes sources d’inspiration. Je ne vous cache que je suis adepte de culturisme.”
Depuis l’ouverture de ce gymnase, les habitants du quartier y viennent en grand nombre. “Je pratique un tarif prix plus bas que les autres. Si quelqu’un n’a pas suffisamment d’argent, je le laisse s’entraîner, sans qu’il doive payer. Chaque fin d’année, j’offre un panier garni de provisions aux personnes en difficulté.”


Les Brunet, vendeurs de légumes et de fruits
Les Brunet travaillent et font tout en famille. Ils vivent à Montagne Blanche depuis douze ans, après avoir habité Chebel. “Nous avons préféré venir vivre ici. Là-bas, c’était un quartier chaud”, dit Christel Brunet.
Se dirigeant vers le jardin que leur voisin leur a prêté pour planter des légumes, Gérard Brunet, 59 ans, ancien maçon, nous attend, une pioche à la main. “Suite à des soucis de santé, j’ai dû arrêter la maçonnerie. J’ai commencé à cultiver des légumes pour ma propre consommation et j’en vendais aussi. J’en offrais de temps en temps à mes voisins.”
Petit à petit, leur petite affaire est devenue Green Bean Distributions Ltd. “Mon fils Hans travaille avec moi. Ma femme s’occupe de la paperasse. Nous vendons nos légumes aux restaurants et aux gens du village. Nous avons de la ciboulette, du persil, des haricots verts, entre autres. Nous achetons les fruits pour pouvoir les revendre.” Comme beaucoup de planteurs, ils connaissent des difficultés. “À Montagne Blanche, il pleut souvent et il est compliqué de faire pousser les légumes.”
Proche de la famille Brunet, Jerry Rouget nous raconte une dernière anecdote. “La reprise de Kabhi Na Kabhi… est née chez les Brunet, lors du mariage de Hans. Je l’avais chantée ce jour-là et, à mon grand étonnement, tous les invités ont dansé sur cette reprise.”


La Rodriguaise de Montagne Blanche
Pracede Prudence, 61 ans, a connu le village de Montagne Blanche d’antan. Elle y vit depuis 40 ans. “J’habite ici depuis mon mariage. Isi, lavi korek ek trankil. Nous vivons en harmonie”, confie celle qui vivait d’abord à Résidence St Joseph avant de s’installer à la NHDC de Melrose 1 à Montagne Blanche. “Ce n’est qu’en 1979 que nous avons eu l’électricité. Tous les magasins étaient en tôle. Ce n’est que bien plus tard que tout cela a changé. Nous avons à présent presque tout ici. Nul besoin d’aller à Flacq ou ailleurs pour nos provisions.”
Sur un ton humoristique, elle nous raconte comment le transport en commun posait problème à l’époque. “Avan, nou ti mizer bis. Pour aller à Rose-Hill, il fallait attendre au minimum deux heures pour avoir l’autobus. Une fois, je suis retournée chez moi tellement j’en avais marre d’attendre sur l’arrêt.” Les problèmes liés au transport en commun font désormais partie du passé.


Le boutiquier fidèle à Scope
“J’ai toujours adoré jouer aux mots fléchés de Scope. Je vends ce magazine depuis plusieurs années”, dit Nizam, 50 ans, gérant de Nizam Self Service. Sa boutique a ouvert en 1975. Sadjad Mohamed, un des clients habituels, ajoute : “Nizam est un bon commerçant. Nous trouvons ce que nous voulons dans cette boutique.” L’épicier de 50 ans a pris les commandes en 1995. “Mon père et mon frère ont tenu la boutique pendant longtemps.”