Une déposition a été consignée au poste de police de Montagne-Longue hier, soit deux mois après qu’une jeune femme de 24 ans a quitté le domicile conjugal, laissant ses trois enfants – âgés de 2 mois, 4 et 5 ans – à la charge de sa belle-mère, une retraitée de 70 ans, et de son mari, un quadragénaire, atteint d’une tumeur à la tête. Il s’avère que ce n’est pas la première fois qu’elle abandonne ses enfants. Elle reste, depuis, injoignable. Une charge provisoire de “abandoning child” pèse sur elle.
Une jeune femme, âgée de 24 ans, habite avec son époux, un quadragénaire, chez sa belle-mère, à Montagne-Longue. Cette dernière, une retraitée de 70 ans, s’est confiée au Mauricien ce matin afin de relater les difficultés que son fils et elle rencontrent depuis que la jeune femme a accouché de son premier enfant, aujourd’hui âgé de 5 ans. Le calvaire de cette famille a commencé peu après la naissance de ce dernier. La sexagénaire raconte que sa belle-fille avait alors exigé de son mari que tous deux, avec leur fils, aillent vivre dans sa famille, à Trou-d’Eau-Douce. Toutefois, au bout de trois mois, la jeune femme ne parvenait plus à s’occuper de l’enfant et l’a renvoyé, seul, chez sa belle-mère, qui, depuis, s’en occupe. Quelque temps après, le couple est retourné vivre à Montagne-Longue avant que la jeune femme n’accouche de son deuxième enfant.
Après la naissance de ce dernier enfant, raconte la septuagénaire, « mo belfi inn kit lakaz inn ale ek linn les so de zanfan ». Elle poursuit : « Nou finn rod li partou, nou finn al demann so bane fami, mais nous pa ti trouve li. » La femme en question n’avait donné signe de vie que cinq jours plus tard, munie d’un papier de la cour afin que son mari s’y présente. Elle avait en effet logé une plainte contre lui pour violences conjugales. D’après les indications de sa belle-mère, la jeune femme n’aurait jamais été violentée, admettant cependant que le couple se disputait souvent car cette dernière « négligeait ses responsabilités d’épouse et de mère ». Depuis cette première plainte, confie la septuagénaire, la jeune femme aurait, à plusieurs reprises, logé des plaintes similaires contre son mari, tout en faisant les allers-retours entre sa maison, celle de ses parents et SOS Femmes, à Coromandel. Son mari devait entre-temps apprendre qu’il était atteint d’une tumeur à la tête et qu’il n’était dès lors plus en mesure de travailler.
Leur troisième enfant a vu le jour quatre ans plus tard, soit au début de cette année. Cette fois encore, un nouveau-né dans la famille n’a guère amélioré la situation car, pour la énième fois, la jeune femme a quitté le toit familial et n’a plus donné de nouvelles. Le septuagénaire, qui se retrouve cette fois avec trois enfants à sa charge et son fils, malade, n’a eu d’autre choix que de signaler ce cas d’abandon d’enfant à la police de la localité. Elle leur a fait part de son intention de contacter des officiers de la Child Development Unit (CDU) afin qu’ils lui viennent en aide.
Questionné, un officier de la CDU explique que, dans ce genre d’affaire, les enquêteurs devront impérativement faire une requête auprès du DPP et que ce n’est que suite à cela que des actions seront prises à l’encontre de cette mère de trois enfants. Si cette dernière refuse de prendre la responsabilité de ses trois enfants, elle devra alors comparaître en cour et risque une peine d’emprisonnement ou une forte amende. En revanche, si elle souhaite s’en occuper, les officiers de la CDU procéderont alors à un “close monitoring” afin de s’assurer de ses intentions. Enfin, si elle dit souhaiter s’en occuper mais ne pas être en mesure de le faire, elle bénéficiera alors de l’aide de la CDU. Pour l’heure, elle est toutefois toujours recherchée.