À Maurice courant septembre dans le cadre d’une formation des officiers du patrimoine, le consultant Mwadime Wazwa, du National Museums of Kenya, affirme, lors d’une rencontre avec Le Mauricien, qu’il est important d’avoir une politique de gestion du patrimoine.
Tout en reconnaissant qu’à ce jour beaucoup de recherches ont été effectuées sur Le Morne, site mauricien classé patrimoine mondial de l’Unesco, Mwadime Wazwa souligne que, souvent, « les officiers n’ont pas les connaissances et les aptitudes nécessaires pour gérer ce patrimoine et toute sa dimension intangible, de manière durable ». Car selon lui, il ne s’agit non seulement de le conserver mais aussi de pouvoir l’utiliser à des fins pédagogiques, sociales et culturelles. En outre, le consultant du National Museums of Kenya note que tous ceux employés dans le secteur doivent avoir une formation pour mener à bien leurs tâches. C’est dans cette optique, dit-il, que le Morne Heritage Fund et l’Université de Maurice l’ont contacté pour une formation de base, qui a aussi bénéficié aux autres officiers du patrimoine, employés sous l’Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF), le National Heritage Fund (NHF) et le Mauritius Museum’s Council, entre autres.
« Il est aussi important de sensibiliser les gens à son existence et à son importance à ce jour », constate Mwadime Wazwa, qui ajoute que « toute la population mauricienne ne l’est pas encore ». L’interlocuteur relève qu’il est aussi important que ceux qui manipulent les artefacts ou recueillent des témoignages sachent quoi en faire par la suite. « Par exemple, des ossements humains ont été récupérés lors de fouilles archéologiques dans le cadre des recherches. Et il est important de savoir comment et où les conserver », dit-il. « Other people may not have been trained to handle this. It is important to know to whom you’d allow access. Security is important. This is policy again. There must be guidelines to enable professionnals to make wise decision with the knowledge of what they are doing. » Tout cela, poursuit-il, en prenant en considération qu’ « il s’agit dans certains cas des ossements d’ancêtres de certaines personnes ». Par conséquent, il s’agit de l’éthique.
À une question sur les risques qu’encoure le paysage culturel du Morne, dont la montagne constitue la “core zone” (puisque toujours physiquement inaccessible au public depuis son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2008), Mwadime Wazwa concède : « There is a lot of contested issues, the issue of ownership of properties and land, the issue of people who attest the fact that their forefathers have been here. Those are issues which governement has to look into. They are political issues, we don’t work on them. We are more concerned about research that has to be done and there is a lot to be done because not everything is known. » Il précise toutefois que « it can be a risk because if people can’t access it, then I think there is a challenge », surtout avec la culture locale, qui fait que les habitants vouent une grande importance au respect des ancêtres.
Pour lui, la rareté des terres dans la région du Morne est un point fondamental à être pris en considération, notamment avec une population locale grandissante. Autre sujet sensible : le chômage dans la région. « In the future it can be a challenge because employment is important. May be people can be trained to become guides. In the whole world, if people are not engaged, it becomes a challenge for everybody, be it locals or visitors… Again, it is important to focus on policy. »
Notre interlocuteur aborde aussi la question de la conservation des différents artefacts trouvés ou qui pourront être trouvés, soit sur terre ou en mer, ayant trait à ce patrimoine universel. Mwadime Wazwa estime que des formations pointues sur différents sujets ayant trait à la conservation seraient nécessaires à l’avenir.