Lors de la PNQ sur la mort du bébé Beekareea, quelques temps après sa naissance en avril, le ministre de la Santé a indiqué au parlement ce mardi qu’une analyse post-mortem n’était « pas nécessaire dans ce cas ». Soutenant que la cause du décès était « déjà connue » au vu de l’état de santé du bébé, qui avait « no heart rate, no respiration », entre autres. « We know his condition. In a case like that, why do you want to do post mortem ? », a questionné le ministre.

Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a alors relevé que selon le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists, une association professionnelle basée au Royaume-Uni, une autopsie est toujours pratiquée suite à la mort d’un bébé. Ce à quoi le ministre a rétorqué, en se basant sur sa propre expérience professionnelle, que « post mortem not required » dans ce genre de cas, et ce, tant à Maurice qu’au Royaume-Uni.

Le leader de l’opposition a également dénoncé le fait qu’il n’y a eu aucune communication entre les autorités et les parents du bébé Beekareea, même trois mois après sa mort.

Le ministre a indiqué qu’une enquête préliminaire a été conduite, laquelle a conclu qu’il n’y a « pas eu de négligence médicale ». Toutefois, n’étant « pas satisfait de ces résultats », le ministre a demandé une deuxième enquête.

Anwar Husnoo a déclaré qu’il communiquera avec les parents une fois que les faits concernant cette affaire seront établis. Comme il l’avait fait pour un précédent cas similaire, où il avait invité les parents à le rencontrer personnellement à son bureau pour leur expliquer les résultats de l’enquête.

Enquête préliminaire

Concernant ladite enquête, le ministre a informé qu’une « preliminary enquiry was carried out at the hospital » et que les résultats « were submitted to the ministry ». Avant d’évoquer les procédures qui seront suivies si la négligence médicale est prouvée, comme référer l’affaire au Medical Council ou la porter devant le Medical disciplinary tribunal.

Le ministre a, pour l’heure, indiqué qu’avant l’accouchement il n’y avait aucune indication d’un quelconque problème: « Medical team was at hand to take care of baby ».

Ce n’est qu’après l’accouchement que la présence du cordon ombilical autour du cou du bébé a été notée et « was released immediately ». Ce problème, a insisté le ministre à plusieurs reprises, « cannot be known before ». Même si une échographie est effectuée.

Sur ce point, le leader de l’opposition a regretté l’absence de gynécologue à l’hôpital pour assister à l’accouchement. Xavier-Luc Duval a demandé que le docteur contacté par téléphone — qui n’a « pas voulu » se déplacer jusqu’à l’hôpital — soit renvoyé. « Enquiry is still on », a rappelé le ministre.

Ce dernier a, de plus, insisté que le bébé « received all appropriate care in neonatal care » mais son état « remained poor ». Il a indiqué que son ministère entamera une enquête approfondie bientôt.

Service néonatal

Le leader de l’opposition est revenu sur les cas de décès à la naissance « en hausse » depuis ces dernières années, a-t-il avancé en s’appuyant sur des chiffres. Données qu’a réfutées le ministre en en présentant d’autres.

Le ministre est ensuite revenu sur les efforts du gouvernement pour offrir un meilleur service néonatal — ouverture d’un hôpital néonatal à Flacq un mois après son accession à la Santé, de même deux autres unités similaires prévues à l’hôpital Jeetoo et Victoria. « We are working to increase the number of neonatal care », a déclaré le ministre.

Le leader de l’opposition a relevé que les Beekareea ont fait une entrée à la police, demandant au ministre s’il était au courant de cette déposition. Ce dernier a acquiescé.

XLD: Does minister find normal that nor Mr Beekareea nor his wife have received not a single communication from minister and hospital? Nobody has contacted them.

Husnoo: I know it is a very difficult case. But I have to be sure what to tell the parents. Other inquiry are going to be set-up.

Le ministre a indiqué qu’il souhaite communiqué aux parents « uniquement des faits ».

Xavier-Luc Duval a, dès lors, relevé un traitement de deux poids deux mesures à l’encontre des Beekareea — un « ti dimounn » qui travaille comme « waiter » — en comparant son cas à d’autres.

Le ministre a répété qu’il veut en premier lieu « know the cause of death ». Il a indiqué que la deuxième enquête prend plus de temps que prévu, car un des experts qui doit se pencher sur l’affaire est actuellement pris par un autre cas. « If I contact the parents, what am I going to tell them ? », a questionné le ministre

« The letter has been dans la nature »

Le leader de l’opposition est, ensuite, revenu sur le système de complainte.

XLD : In UK there is a complaint manager. Here, the letter (of the Beekarree a to the minister) has been dans la nature. Is he gonna have a review of complaint?

Le leader de l’opposition a également fait état de « ti dimounn bashing », ce à quoi le ministre a rétorqué, « this is playing cheap politics “lor maler ti dimounn” ». S’ensuit un brouhaha dans l’assemblée.

Une fois le calme rétabli, le ministre est revenu sur le système de complainte appliquée à Maurice en s’adressant directement, et de manière virulente, à l’opposition. La Speaker lui a alors demandé de « reply to the chair ».

Anwar Husnoo a soutenu que les conclusions de la première enquête sont « not hidden » mais qu’il préfère attendre celles de la deuxième enquête pour les communiquer aux parents.

Arvin Boolell a pour sa part déclaré que « the minister is misleading the house », déclenchant de vives réactions des membres de la majorité. « There has been fetal distress (NdlR: des signes que l’accouchement pourraient mal se passer) ! », a relevé le député. « I am not denying anything », a répondu le ministre.

XLD : No gynecologist called, no autopsy done, no reply to the family… I think there has been a cover-up.

Husnoo: We have done enquiry. Im not going to hide anything. If I wanted to hide something, why set-up a second inquiry?