Si le Mouvement Patriotique (MP), par la voix de son président Alan Ganoo, exige « la démission de Vishnu Luchmeenaraidoo », ce parti politique ne réclame cependant pas la démission du gouvernement et la tenue d’élections générale anticipées. « En homme d’honneur, l’ancien ministre des Finances aurait dû soumettre sa démission jusqu’à la conclusion de l’enquête de l’ICAC », a déclaré Alan Ganoo.
« Le fait que Vishnu Luchmeenaraidoo, en tant que ministre des Finances, ait pris un emprunt à un taux d’intérêt inférieur à la moyenne d’une banque qui tombait sous son contrôle, que la garantie qu’il a fournie n’a pas été enregistrée et que, de son propre aveu, il ait révélé avoir pris cet emprunt pour spéculer sur l’or, tout cela constitue clairement des facteurs qui nous poussent à exiger sa démission. » C’est ce qu’a indiqué le président du MP, Alan Ganoo, lors d’une rencontre avec la presse jeudi au quartier général de son parti à Saint-Jean, Quatre-Bornes. Il était entouré de ses plus proches collaborateurs.
Selon Alan Ganoo, le cas de Vishnu Lutchmeenaraidoo s’est « aggravé » suite à la récente décision du Conseil des ministres de référer le projet de la Smart City de Pailles à l’ICAC. « Cette décision peut être interprétée comme une motion de blâme contre l’ancien ministre des Finances, qui avait la charge de ce dossier », est d’avis le président du MP.
Dans le même élan, Alan Ganoo déplore « la retraite de silence dans laquelle s’est muré » Vishnu Luchmeenaraidoo. « Certes, dans notre système légal, un suspect peut faire prévaloir son droit au silence. Mais au MP, nous estimons qu’un ministre sur lequel pèsent de lourdes allégations d’abus de pouvoir et de conflits d’intérêts sous la “Prevention of Corruption Act” (PoCA), ce ministre doit une explication à la population. Au nom de la moralité publique et de la transparence, il se doit de donner sa version des faits », a-t-il élaboré.
Le leader du MP se dit d’autant plus « indigné » du maintien de Vishnu Lutchmeenaraidoo au sein du gouvernement que le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a réagi promptement dans le cas de Raj Dayal, à qui il a demandé de « step down » à peine quelques heures après avoir été informé des allégations pesant sur l’ancien ministre de l’Environnement. « Selman fode pa zot blie ki Lalians Lepep ti promet enn nouvo lord moral, me lepep pe viv enn regresyon moral dan pei », a-t-il avancé.
Par ailleurs, Alan Ganoo s’est élevé contre « l’enlèvement par la police de certaines banderoles que le MP avait installées » dans plusieurs endroits de Quatre-Bornes pour réclamer la démission de Vishnu Luchmeenaraidoo. « Nou bandrol na pa port atint a lord et a moralite piblik. Nou finn idantifie nou plenman avek nou logo », a-t-il déclaré.