Le Mouvement patriotique (MP) était sur la même plate-forme que les syndicalistes Ashok Subron et Reeaz Chuttoo, de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), Rashid Imrith, de la Fédération des Syndicats du Secteur Public, et de l’activiste social Jack Bizlall, à Belle-Rose, hier, dans le contexte de la célébration de la Fête du Travail. L’objectif de ce congrès était d’aborder le problème de pauvreté et d’inégalité sociale dont souffre notre société.
Ainsi, Ashok Subron, qui était l’un des intervenants à de ce congrès, a parlé de l’augmentation constante de l’écart entre les riches et les pauvres, qui prend une tendance chronique. « Maurice est le pays africain qui compte le plus grand nombre de millionnaires, mais où l’inégalité économique augmente de plus en plus », devait-il déclarer. Il estime que le pays traverse une situation économique difficile à cause « d’une relation de plus en plus malsaine entre les mouvements politiques et la classe des travailleurs ». D’après lui, ce ne sont pas des projets tels que les Smart Cities, du Love Bridge, ou encore l’introduction du National Wages Consultative Council Bill qui élimineront l’inégalité économique dont souffre la population mauricienne. La célébration de la Fête du Travail est également, pour lui, l’occasion pour les travailleurs de se poser les bonnes questions quant au salaire minimal, qu’il juge comme étant « un manque de respect envers le peuple de Maurice ». Il estime également que le salaire minimal doit être revu, car il est calculé avec la « méthode du secteur privé » et que pour un calcul adéquat du panier de la ménagère, il faudrait cibler les familles et leurs besoins pour qu’elles puissent subsister.
De son côté, le syndicaliste Reeaz Chuttoo a expliqué qu’il trouve inadmissible que le gouvernement cherche à aider uniquement la population mauricienne souffrant d’extrême pauvreté sans prendre en considération ceux souffrant de pauvreté et que cette situation est signe que notre société a développé un principe selon lequel « la pauvreté est devenue culturelle ». Il faudrait, selon lui, un « rétablissement des règles et de stabilité pour une balance entre la classe des travailleurs et le capital ». Il s’est également attaqué à Rama Sithanen, l’ancien ministre des Finances, qui aurait promulgué des lois n’ayant pas respecté les droits des travailleurs, qui ont abouti à des licenciements. Il s’insurge aussi sur le fait qu’environ 100 000 Mauriciens touchent actuellement un salaire de base ne dépassant pas Rs 5 000 et que 85 % de ceux affectés par cela sont des femmes, mais également sur le fait que 53 % des travailleurs du secteur privé, soit environ 250 000 personnes, touchent un salaire de base ne dépassant pas Rs 10 000. Il a aussi déclaré que si le nouveau régime n’est « pas disposé à respecter ses engagements, li ousi li pou aller ». Rashid Imrith, de la Fédération des Syndicats du Secteur Public, a également pris la parole. Abordant le thème de la compensation salariale, il a expliqué que celle-ci est une décision politique et que c’est au gouvernement de la revoir, et non les fonctionnaires, et dit regretter que le gouvernement soit en train de démanteler l’Etat-providence.