MR LOVE : “Mo linspirasion se lamour, se vre ki mo enn santimantal”

Mr Love sort le grand jeu pour ses 18 ans de carrière. Scope a écouté en primeur le troisième album signé Ludovic Lamarque, Love Ambassador. Des titres griffés, au parfum de confidences pour l’amour, que nous recommandons sans hésitation. D’ici le live au J&J, le samedi 2 septembre, qui permettra de découvrir un nouveau son, porté par la formation The Gentlemen. Mr Love promet un show fort et tendre…

Commençons par une question délicate. Qu’en est-il désormais de vous déboires sur les réseaux sociaux ?
Des photos intimes ont circulé sur Facebook. Je me suis laissé emporter. J’ai fait une bêtise, comme tout le monde. Et je le regrette aujourd’hui, en tant que père de famille et aussi en tant que Mr Love. Je serai bientôt marié. J’ai une petite fille. Je suis appelé en tant que Mr Love à donner l’exemple et être un exemple. On oublie qu’on est humain avant tout et qu’on a aussi droit à l’erreur. Certaines personnes ont utilisé cette situation pour essayer de m’enfoncer. De nuire à mon image en répandant ces photos.

Est-ce que Love Ambassador est une réponse à vos détracteurs ?
C’est une façon de répondre. Rien n’arrive par hasard. Je pense que tout a été écrit. C’est peut-être un mal pour un bien. C’est comme ça que je prends la chose. Il a fallu rencontrer une étape difficile, et c’était celle-ci. D’ailleurs, l’album explique mon rôle d’ambassadeur de l’amour. Toutes les chansons ont un sens. Il y a quelque chose à ressentir derrière chaque chanson.

Quel est votre définition de l’amour, Mr Love ?
Le partage, la confiance, la fidélité, la concession. C’est lors des épreuves que les sentiments réagissent; lorsqu’on est deux, on a le soutien de l’autre pour surmonter les épreuves. C’est cela, l’amour. Se sentir aimé et soutenu. Il est important de savoir qu’on a une épaule et un entourage qui vous soutiennent et qui vous donnent ce sentiment d’amour. Et également un sentiment de joie et de bonne humeur. Et vivre heureux !

Love Ambassador votre troisième album comprend une reprise en anglais. Pourquoi ?
J’ai toujours été bercé par To love somebody. Ce sont les Bee Gees (les frères Gibb) qui ont écrit la chanson. Mes parents, mon papa surtout, est un grand fan des Bee Gees. Cette chanson a marqué mon enfance. Lorsqu’on comprend le sens des paroles, c’est là qu’on ressent l’amour profond. La vie ne sert à rien si l’on n’a pas la personne qu’on aime à ses côtés. Quand cette personne est avec nous, on peut tout faire; aller au-delà de ses limites. C’est le moteur d’une relation. To love somebody m’a interpellé, et je me suis dit pourquoi pas la retravailler. La réadapter à la sauce Mr Love, avec une touche musicale tendance. L’aspect commercial est aussi important. Il faut aussi savoir transmettre l’émotion. Ce n’est pas uniquement une reprise, mais une réadaptation. J’ai eu de bons retours par rapport à cette chanson, notamment à propos des arrangements.

Mr Love s’entoure de grandes voix pour ce troisième album. Qui sont-elles ?
Je me suis rapproché de certaines personnes qui ont contribué non seulement à ma carrière musicale mais aussi à ma vie. Plus que des collaborateurs, des amis sincères que j’apprécie. Jason Lily est un artiste qui a une grande énergie sur scène. Je lui ai dit : j’ai besoin de toi pour mon album. J’ai ressenti comme un besoin d’avoir Jason pour partager un moment de bonheur. Un moment d’énergie. Il a accepté volontiers de faire ce partage sur le morceau Envahir twa.
Il y a également le groupe Les Inkonus. Ce sont des jeunes que j’ai côtoyés et épaulés. Ils sont un peu mes poulains. Je les ai connus tout petits et j’ai eu l’occasion de les voir évoluer. Je me suis dit qu’à chaque nouveau projet, j’inviterai un groupe ou un talent émergent à faire une prestation. Je n’ai pas eu cette chance et j’ai envie de la donner aux autres. De leur donner un petit coup de pouce. On a fait le titre Koz l’amour sur l’album. Ce sont d’ailleurs Les Inkonus qui jouent intégralement sur ce morceau.
J’invite aussi mon idole, Désiré François. C’est un honneur, un privilège de partager une chanson sur mon album avec ce monsieur. La chanson s’intitule Atrap mo lamin. On s’est approprié le texte, les mélodies et les arrangements. Qui n’est pas fan de Désiré François ? Qui n’est pas fan de Cassiya à Maurice ? Mon équipe, les Gentlemen, a respecté l’atmosphère dans laquelle Désiré se sent à l’aise.

Qui sont ces Gentlemen qui vous accompagnent ?
Ce sont les musiciens d’une formation que j’ai formée il y a un an. Des jeunes qui ont un talent hors norme, un niveau très poussé. À la basse, il y a Ashley Spéville. On jouait déjà ensemble lorsque j’ai voulu lancer une nouvelle formation. Et je lui ai proposé de recruter d’autres musiciens. Nous avons Mathieu Carosin à la batterie. Des élèves de son école de batterie seront sur scène lors du concert pour une démonstration. Les guitares rythmique et solo sont tenues par Yony Lagrandeur et Pascal Ramchand. Jean-Claude Nabab officie aux claviers et Julien Monasie aux percussions. Sur l’album, les chœurs sont assurés par Caroline Jodun. Ce sont des gens talentueux qui ont apporté leur touche à Love Ambassador. Nous avons enregistré pendant plusieurs semaines chez Richard Hein au Studio Kapricorn. Le résultat est au-dessus de mes espérances. On a investi environ Rs 750,000 dans cet album. Love Ambassador sera sur le marché la semaine prochaine (Ndlr : cette semaine).

Comment qualifier votre style de musique ?
Il n’y a pas de style précis. C’est de la musique tout court. Qu’importe la boîte dans laquelle on voudra ranger Love Ambassador. Le plus important est que chaque personne puisse se retrouver dans cet album et sente l’émotion qui s’en dégage.

Êtes-vous un garçon sentimental, Mr Love ?
Très sentimental. Je le dis sur mon titre Love Ambassador. Mo linspirasion se lamour, se vre ki mo enn santimantal. J’ai vécu dans un environnement très love avec mes parents, ma famille et mes proches. J’ai grandi avec ça, et j’ai saisi l’importance de vivre dans un environnement rempli d’amour, de sentiments, d’émotions.

Pour vous, c’est quoi une bonne chanson ?
Un chanteur peut avoir une voix superbe, mais cela ne sert à rien s’il n’y a pas une émotion derrière. Une belle chanson, c’est de l’émotion, un texte, une mélodie recherchée, capable de transcender l’auditeur. Et surtout des mots et des phrases les plus simples possibles. Des mots que des enfants peuvent chanter.

Qui sont vos références ?
Au niveau local, je dirais Désiré François. Et Alain Ramanisum pour ce qui est des chansons festives, ainsi que Blakkayo, Bruno Mooken. J’ai une petite préférence pour Phil Collins, Sting et aussi Shaggy. Et Boys II Men dans un registre très sentimental, ainsi que Ne-Yo pour le style vestimentaire. Être artiste implique aussi un travail sur son image.

On pourrait par moments confondre votre voix avec celle de Lin.
Lin a un style bien à lui et j’ai le mien. Je suis dans le domaine musical depuis 18 ans. Nous évoluons chacun à notre manière. J’ai écrit pas mal de titres pour Lin et nous avons quelques collaborations ensemble. Lin est un bon ami et nous sommes souvent en tournée ensemble. Chacun a son style et on se respecte mutuellement.
Je pense que les chansons d’amour ont toujours connu un grand succès auprès du public. Lin a une voix exceptionnelle; je lui souhaite bon vent dans ce qu’il fait, je continue moi aussi à avancer. Nous nous entraidons pour faire évoluer la musique. Qui est notre passion et notre gagne-pain.

Pourquoi le public devrait-il voir Mr Love and The Gentlemen au J&J ?
Ce sera une nouvelle formation sur scène. Une formation qui dégage beaucoup d’énergie et de passion. Ce sera aussi une occasion de découvrir mes nouvelles chansons sur scène. Il faut de l’espace et une scène assez grande pour cela. C’est un show. Pour ce concert au J&J, on met le paquet ! Le 2 septembre n’a pas été choisi au hasard car cette date marquera mes 18 ans de carrière. On racontera tout cela en musique. Ce sera une occasion pour moi de remercier le public pour son soutien.
Il faut se rendre compte que les générations changent. Que l’écoute change. Le public devient de plus en plus exigeant. Chaque album doit absolument proposer quelque chose de mieux que le précédent. Et pour cela, il faut travailler, travailler, travailler. Par amour et pour l’amour…