Jimmy Raynald et le culturisme : une passion et une histoire d’amour. Gosse, il donnait ses premières exhibitions au Plaza devant un public enthousiaste lors des concours Mr Mauritius. Avec le rêve secret d’égaler un jour les plus grands. Le mois dernier, le sociétaire du Sports Gym 25 de New Grove a traduit ce rêve en réalité en décrochant le titre suprême. Doublement motivé, il s’illustrait quelques jours plus tard au concours Mr océan Indien tenu à Rodrigues. Une année de tous les bonheurs pour ce culturiste de 25 ans qui aura l’occasion de franchir un nouveau palier l’année prochaine en participant à un concours international au Canada.
Même s’il démontrait un certain intérêt pour la beauté plastique à son plus jeune âge, du fait que son frère, Stéphane, était en compétition, Jimmy Raynald a voulu se faire un nom au football. Au Centre de formation de Beau Bassin Rose-Hill, il pensait que sa carrière était toute tracée, avant qu’une blessure ne vienne briser ses ambitions. Il rangeait alors ses crampons pour se consacrer aux haltères. Depuis, il vit pleinement sa passion. « Le culturisme, c’est toute ma vie. Soulever les haltères est devenu un plaisir sans cesse renouvelé. Parfois, je suis au gymnase jusqu’à 23 heures. S’il m’arrive pour une raison quelconque de louper une séance d’entraînement, il est certain que j’arriverais difficilement à trouver le sommeil. Cette odeur du gymnase est vraiment unique ».
Autant de volonté et de sacrifices ne pouvaient que porter leurs fruits. Tour à tour Mr Beau Bassin Rose-Hill juniors, deux fois Mr Mauritius juniors, et Mr Beau Bassin Rose-Hill toutes catégories en trois occasions, il ne manquait alors que le titre national pour étoffer son palmarès. Reste que la partie ne s’annonçait guère aisée, avec plusieurs prétendants, notamment Denis Ayen avide de décrocher une septième consécration consécutive. « Denis était effectivement un adversaire à craindre, vu son palmarès. Toutefois, je m’étais préparé adéquatement, car j’aspirais à ce titre. Quand nous étions sur scène, j’étais quasiment certain d’obtenir le titre. En le décrochant, je me suis alors dit que mon rêve d’enfant s’était réalisé », souligne Jimmy Raynald. Et d’avoir une pensée alors pour son épouse, ses deux filles, Emilie et Amy, les autres sociétaires de son lieu d’entraînement et ceux qui l’ont toujours soutenu et encouragé.
Fort de ce succès, le culturiste voulait alors confirmer son talent à un autre échelon, soit au concours Mr océan Indien, face cette fois à des Malgaches, Seychellois et Rodriguais. « J’étais concentré, très à l’aise sur scène et la confiance était de mise », confie celui qui possède une admiration évidente pour ces monstres sacrés de la discipline, tels que Kevin Levron et Ronnie Coleman. Deux titres en quelques jours, une certaine notoriété qui s’est installée et voilà l’occasion de faire des preuves à un tout autre niveau. « Ce sera lors d’une compétition au Canada l’année prochaine, et j’espère bénéficier d’une meilleure préparation », souligne-t-il. S’il avance qu’il sera moins actif la saison prochaine, Jimmy Raynald espère retrouver les devants de la scène en 2017.
Dévoué au cours des séances d’entraînement, le Sudiste affirme que cette double consécration ne constiitue pas les fruits du hasard. « Rien n’est évident dans ce milieu. Beaucoup de sacrifices, de travail, d’amour et de patience donnent lieu au bout du compte à des résultats positifs ». Ce qui pousse ainsi Jimmy Raynald à rêver à participer un jour au prestigieux Arnold Classic. Ce sera ainsi comme une apothéose.