MUKESH BALGOBIN: « Le MTC connaîtra une année financière plus intéressante »

Dans un entretien accordé à Week-End, mardi dernier le président du MTC explique la réussite de la journée du Maiden Cup et ses souhaits concernant les relations de son club avec l'État à travers la GRA. Dans la foulée, Mukesh Balgobin souligne non sans satisfaction que l'année financière 2017 sera bien meilleure pour le MTC.

— La journée dominicale de Maiden a attiré une foule impressionnante au Champ de Mars. En votre capacité de président du Maurituis Turf Club (MTC), cette forte présence du public a-t-elle une signification particulière ?
La foule au Champ de Mars dimanche dernier était impressionnante. Pour vous donner une autre idée de la situation, j'ai personnellement pris pratiquement deux heures avant d'arriver au club de Rose-Hill. Même si je comprends que l'embouteillage monstre a gêné pas mal de monde, en tant que président du MTC, je suis un homme heureux. Sans doute comme vous le dites, cela a une signification particulière. Il faut quand même admettre que tous les indicateurs étaient en notre faveur, notamment le programme exceptionnel que nous avons pu présenter avec le concours des écuries.
Les turfistes comme le public qui se sont déplacés au Champ de Mars ont pu assister à neuf courses magnifiques, avec une très belle victoire Enaad dans la Maiden Cup. Cela a aussi prouvé que la journée du Maiden est un événement d'ordre national qui attire la foule. Je crois sans doute que nous avons su organiser une journée qui a plu au public avec très peu de fausses notes. Je suis surtout heureux du "respond" du public.

— À vous entendre Mukesh Balgobin, nous avons l'impression que toutes les lumières étaient au vert dimanche dernier…
 — Oui, en effet, les lumières étaient toutes au vert. Même au niveau du "betting", la situation a connu une hausse conséquente et nettement mieux que l'année dernière. Alors que depuis jeudi dernier, les cartes d'accès aux différentes tribunes et gradins étaient épuisées. Je profite de cette occasion pour féliciter tous ceux et celles qui étaient au four et au moulin pour rendre cette journée mémorable et surtout les écuries qui ont joué le jeu.

— Cette grosse foule est-elle pour vous un signe de confiance du public dans les courses mauriciennes ?
— (Sourire) Oui. Définitivement c'est un signe de confiance. Depuis que mon équipe s'est installée et que j'ai été élu comme président, nous avons pris des mesures qui vont dans les sens d'une amélioration des conditions dans lesquelles les courses mauriciennes évoluent. La confiance s'est installée peu à peu et la foule de dimanche dernier est, je crois, une façon pour les Mauriciens de témoigner de leur confiance dans le produit que nous sommes en train de proposer chaque semaine. Dans un autre état d'esprit, il faut aussi se dire que les courses hippiques sont de loin, très loin même, la distraction favorite des Mauriciens.

— Cette confiance des turfistes d'abord, puis du public, que vous revendiquez désormais, vous booste-t-elle dans votre combat en vue de bénéficier de courses plus saines ?
 — Avoir des courses plus saines est un combat permanent. Ceux qui ont assumé ce poste avant moi ont mené ce combat à leur façon, et ceux qui seront présidents après moi devront prendre la tête de ce combat. Car l'unique condition pour assurer la pérennisation des courses à Maurice, c'est de proposer des conditions saines. Le combat est sans relâche. Pour en revenir à notre question, oui je suis plus que jamais motivé dans ce combat. Car si j'ai l'opinion publique de mon côté, je ne pense pas que je ne peux faillir à ma tâche. Je vous ai déjà dit que ce combat est long et sans relâche. Ce public présent dimanche veut dire que les Mauriciens ont confiance dans notre travail.

— Vous vous attendiez à voir un public aussi important ?
 — Oui, car la tendance depuis le début de la saison laissait entrevoir une telle situation pour notre Ruban Bleu. À titre d'exemple, la vente des billets pour les gradins, qui sont restés pendant très longtemps vides les samedis de courses, a augmenté. Le "betting" a aussi considérablement augmenté tant chez les bookmakers que chez les deux compagnies de tote. Pour tous vous dire, même Racetime qui était déficitaire depuis des années, se porte mieux aujourd'hui. Les signes étaient bien là.

— Néanmoins Mukesh Balgobin, quand le président du MTC prend deux heures pour arriver à Port-Louis, que le trafic est presque ingérable à un certain moment et que la police est souvent débordée au Champ de Mars, n'est-ce pas là une contradiction. Cette attente n'était pas aussi importante…
—… Vous êtes en train de chercher la petite bête, je vous comprends. Dans toute organisation, il y a des manquements ou des décisions qui ne sont pas appliquées. « It's part of the job » dirait l'Anglais. Toutefois le plus important, c'est que tout s'est bien passé, et ce, sans gros incidents.

— La présence du public dimanche dernier au Champ de Mars, pensez-vous dans un sens que c'est un message à l'État ?
— Je ne veux pas entrer dans cette polémique, car je pense que chacun à son travail. Mon seul souhait, c'est que l'État à travers la GRA agisse avec plus de flexibilité envers l'organisateur des courses à Maurice. Je voudrais souligner un fait que la GRA existe grâce aux courses, et par ricochet grâce au MTC, et non le contraire. Il est important qu'on fasse cette différence. D'autant que vous auriez noté que nous avons un cheptel plus important cette saison, et, si la tendance des importations continue, nous aurons au minimum 250 à 275 chevaux en compétition. Il y a un effort qui est fait et il est important que cette "helping hand", que le MTC a toujours réclamée à l'État, arrive.
En tant que président du MTC, je regrette de ne pas être en mesure de faire davantage plaisir aux propriétaires de chevaux par le biais de Stake Money plus conséquent. Mettre Rs 1 à 2 millions en jeu pour la Maiden Cup, c'est mon objectif. Les courses constituent un secteur d'activité économique qui rapporte gros à l'État, mais pas assez au MTC. Il est temps que la répartition des revenus des courses soit plus équilibrée entre le MTC et l'État.

— Le combat que votre board a mené contre la Finance Bill, qui est depuis devenue un texte de loi, continue-t-il, ou avez-vous baissé les bras ?
— Je ne voudrais pas utiliser le mot combat. Comme je l'ai déjà mentionné, chacun a un travail à faire et il est aussi important que chacun respecte ses paramètres. Tout comme la GRA et le MTC, nous avons l'intérêt à trouver une solution durable afin que les courses ne soient pas perdantes.

— La décision de la Gambling Regulatory Authority (GRA) d'assister, voire même de contrôler, la prise sanguine des 90 partants de cette journée du Maiden, samedi, a-t-elle bouleversé votre organisation ?
 — Certainement pas. Je dois vous rappeler que c'est un exercice que nous faisons avant chaque journée de course. J'encourage personnellement la GRA d'être présente chaque semaine. Pour la transparence, je pense que cette participation de la GRA est une bonne chose. Dans la foulée, j'invite même la Police des Jeux à être présente dans l'enceinte du MTC chaque samedi. Cela démontre aussi la volonté du MTC d'être collaboratif avec cette instance avec laquelle nous travaillons quotidiennement.

— Nous commençons le dernier quart de la saison. À quoi désormais les turfistes doivent-ils s'attendre ?
— Depuis le début de la saison, nous nous efforçons à apporter la meilleure organisation possible chaque samedi. Je pense que nous allons continuer sur cette lancée tout en espérant que les nouveaux chevaux arrivent rapidement en compétition pour le plaisir des turfistes. Nous avons aussi amélioré la qualité des images que nous diffusons et, depuis la semaine dernière, nous sommes passés en image haute définition et effectuons des prises d'image avec les drones. À ce niveau, d'autres innovations vont venir. S'agissant de la viabilité des courses, le MTC connaîtra une année financière plus intéressante. Je pense que nous avons les ingrédients pour terminer la saison en beauté avec un Week-End International sur lequel nous travaillons déjà.

— Puisque vous parlez d'une situation financière plus salutaire, les Stake Holders du MTC peuvent-ils espérer à un retour de la soirée des Equidor ?
— Je voudrais bien réinstaurer cette soirée de récompenses pour ceux et celle qui ont brillé lors de la saison. Je n'ai pas encore disputé de cela avec mon board. Pourquoi pas.

— Justement, concernant votre board, avez-vous toujours une majorité ?
— Si tel n'était pas le cas, je pense que je ne serais plus président à valeur du jour. Vous savez comme dans toute instance chacun a ses opinions. Moi je respecte l'opinion de chaque membre…

— Et…
— Et nous continuons le travail, puisque le plus important demeure les courses.

— Pour terminer, que ferez-vous avec le rapport qu'a déposé l'Australien John Zucal sur les manquements du MTC ?
—C'est un rapport qui a toutes mes considérations et auquel je souhaite accorder toute son importance. J'ai eu l'occasion de discuter de ce rapport avec John (Zucal) et des aides qu'il peut nous apporter avec l'arrivée d'un CEO au MTC. Je regrette même qu'il a eu à partir, mais il a promis de revenir très vite.